
Shotgun Blossom de Snapper
Sortie : 1990
Produit par Brent McLachlan
Label : Avalanche Records
Fiers, déterminés et un peu provocateurs, les gars de Snapper taillent dans le vif et ne passent pas par quatre chemins : pirouettes électriques, saturations à tous les étages, répétitions de riffs jusqu'à hypnose complète, martèlement musical à la batterie ou au clavier, ambiance envoûtante, le tout pour un déluge sonore et instrumental à donner le tournis (« Pop your top », « I don’t know »).
Pourtant bien campés sur leur position, les quatre têtes brûlées font vriller les esprits et font décoller l’auditeur avec un son qui dérape vite, tourbillonne parfois et vire à l’acharnement noisy, avec une certaine teinte de krautrock. Impossible de décrocher tant on est sous le charme. Ce sont pourtant les mêmes accords qui se répètent, qui se répètent, qui se répètent, mais le pouvoir d'attraction est aussi infaillible qu'un aimant (« What I you’re thinking »). Le psychédélisme se dote d’une teinte indus assez déconcertante. Mais les voix, étonnamment, restent toujours douces. Lorsque le tempo ralenti, on devine clairement ce goût pour le psychédélisme sensuel et subversif (« Snapper and the ocean » ou le tout doux « Dead Pictures »).
Le son est extrêmement saturé, mais par-dessus ces nappes hypnotiques, se dresse une ambiance de transe, moderne, numérique et diablement punk. Et c'est vrai que Peter Gutteridge et ses comparses se positionnent en dignes assaillants, avec leurs boucles de guitares et leurs claviers cheap, leurs chants détachés qu’on entend à peine sous ce déluge étourdissant. L’orgue est omniprésente, s’ajoutant à l’effet aliénant des boucles grésillant (« Eyes that shine » ou « Emmanuelle »).
Une succession de déflagration en règle, supersonique, très court et sans détour, électrique et tendu, martial presque, le tout avec nonchalance et détachement. Ça ressemble à un mélange improbable de My Bloody Valentine, Jesus and Mary Chain, Loop et Neu !.