27 décembre 2010

Catherine Wheel : Black Metallic (vidéo)

On pourrait y reconnaître quelques influences de Shining de Kubrick ou du Twin Peaks de David Lynch. Toujours que ce clip, assez sombre et glauque, manipule les images et les impressions pour bousculer l'esprit. Le groupe apparait tout aussi porté sur l'esthétique que sur la violence et l'onirisme dérangé : inquiétant comme fascinant...

Spirea X : Chlorine Dream (vidéo)

Mais qu'est-ce que fabriquait Spirea X dans les années 90 ? Avec leur psychédélisme à la cool, leurs tambourins, leur riff à la Byrds, leur cithare, leurs voix célestes aux harmonies extraordinnaires, c'est au milieu des hippies qu'ils auraient du vivre ! Woodstock revisité, lunettes à la John Lennon sur le visage, fleurs dans les cheveux, et c'est parti !

The Nightblooms : Crystal Eyes (vidéo)

Le single, de 1990, qui a permi au groupe néerlandais d'être enfin reconnu à sa juste valeur : violent, rêche, agressif, c'est une antinomie par rapport à l'extrême candeur de la chanteuse !
Une mauvaise qualité sonore et visuelle, certes, mais clip d'époque s'il-vous-plait, une archive du rock indépendant !

Moose : I wanted to see you to see if I wanted you (vidéo)

En 1993, Moose a changé de registre, ce qui lui vaudra d'une part de perdre toute l'estime de son label, désabusé de constater que le groupe sacrifie tout espoir de réussite maintream, et d'autre part de gagner l'estime des fans amoureux d'une pop un peu spéciale, romantico-fofolle, ébahis de constater que le groupe sacrifie tout espoir de réussite mainstream.

Revolver : Cradle Snatch (vidéo)

Un clip assez glauque et assez mortifère pour un groupe shoegaze, au demeurant pas forcément le plus connu. Revolver, dont les précédents singles avaient justifié qu'on porte en eux tous les espoirs de conquète, s'oriente alors vers l'étrange et la contemplation, achevant définitivement de les enterrer.

Slowdive : Ballad of Sister Sue (vidéo)

La léthargie, la contemplation, l'amour de la lenteur : une compilation d'état extatique dans toute sa splendeur, abaissant pavillon devant le monde, fuyant les rythmes effrénés de la vie quotidienne, faisant de la passivité un mot d'ordre.

Lush : De Luxe (vidéo)

On pourrait rester des heures, hypnotisé par la grâce de ces filles, ces voies ingénues et cette fantasmagorie boursoufflée.

Blind Mr Jones : Spooky Vibes (vidéo)

Ils étaient jeunes, probablement ne se rendaient-ils compte de rien, avec cette flûte et cette saturation impossible, mais ils venaient de signer une chanson incroyable.

22 décembre 2010

Fiche artiste de Lovesliescrushing















Lovesliescrushing

Couple dans la vie comme en musique, Scott Chavez et Melissa Arpin ont pourtant proposé la définition la plus insondable de l’amour et de la fusion artistique. A l’image des titres des chansons, albums ou même nom du groupe, qui bannissent les espaces entre les mots, la musique du groupe américain détruit toute forme de barrière, finissant par conjuguer des chansons dans un même marasme noisy et éthéré.
Composé de Scott et Melissa mais aussi d’une pédale steel, véritable troisième membre, Lovesliescrushing se forme à l’hiver 91 dans le Michigan. Avec pour seuls artifices une guitare, des reverb, et un delay de 0,8 secondes, ils façonnent de nouvelles structures au format rock habituel, le tout sur une 4-pistes.
Le duo déménage à Tuscon et enregistre là-bas à l’été 92 une démo de Bloweyelashwish, collage de plusieurs bricoles désunies, ce qui leur permet de signer sur Projekt Records. Cette démo fut alors, à titre expérimental, remixée et enregistrée à nouveau. Un CD suivit bientôt, sous la pression des fans, déjà adorateur de ce style unique. C’est que Lovesliescrushing est le groupe culte par excellence, adepte d’une musique peu commode, mais adulé par tous. Dans le même temps, le duo fait un ou deux show, ouvrant le groupe Low, notamment, même s’il est difficile pour eux d’exprimer l’étendu de leur déferlante de bruits sur scène.
Après avoir assuré la promo de l’album, le groupe quitte Tuscon en 95, non sans avoir auparavant sauvegardé leurs nouvelles chansons sur un ordinateur portable. Au retour dans le Michigan, Scott et Melissa se séparent.
Quelques temps après Scott se lie d’amitié avec Andrew Prinz (qui deviendra son collocataire) et sa petite amie Allysa Brown. Avec eux, Lovesliescrushing prendra plus de consistance sur scène et de nombreux concerts auront lieu à Pittsburg ou New-York, encadrant la sortie d’un deuxième album. Dans le même temps, Scott se consacre à son autre projet : Astrobrite.
Puis en 97, après un passage à Chicago, Scott atterrit dans l’Ohio, où il traversera un profond passage à vide, déprimant seul chez lui et vivant des rentes de Lovesliescrushing, sombrant même dans l’alcool et rompant l’ennui de temps à autre par des aventures. Touchant le fond, Scott retourne à Chicago pour démarrer une nouvelle vie.
De nombreuses collaborations voient alors le jour, ainsi que de nouveaux albums de Lovesliescrushing, dont un entièrement a capella, en 2005.
Comme quoi la musique peut être vu comme une rédomption.

Discographie :


Lovesliescrushing : Xuvetyn


Xuvetyn de Lovesliescrushing

Sortie : 1996
Produit par Scott Cortez
Label : Projekt

Lovesliescrushing possède la manie de ne pas vouloir se faire comprendre. C'est assez déstabilisant comme approche - on peut difficilement faire plus abscon comme musique - mais tout aussi fascinant quelque part.
Des paroles incompréhensibles, psamoldiées dans un râle suave et mixées très, mais alors très très, en retrait jusqu'à l'absence complète de support rythmique, voire même mélodique, le style éthéré du duo américain ressemble à une sorte de léthargie. Entrecoupées d'interludes très courts, où ne subsistent que des grondements électriques, des brides de distorsions étouffées ou quelques brouillages sorties des mondes féeriques, les chansons de l'album ne reposent sur rien, sur strictement rien. C'est suffisament déroutant pour le signaler.
En terme de lignes d'harmonie, on a le droit à des samples tremblotant, vaporeux, uniformes et constant, imposant un nuage frémissant. On ne peut même plus parler d'ambient puisque tout s'évanouit sous les bruits sourds de soucoupes volantes qui décollent, d'échos synthétiques provenant de très très loin, ou de mousses de savon à la texture si légère qu'on la traverse sans peine. De là, de ces nappes mélangées entre drones grondant et échos de brouillard magique, de ce décharnement extrême, émerge une sensation de flottement iréel. Comme si on écoutait la bande-son d'un rêve fantastique.
Une drôle de texture se forme, un mélange de fluide et de tressautement, qui patauge, s'imisce et disparait très vite, à la densité proche du zéro absolu, entre les chants indistinct mais léger comme tout, angélique et fondant, et les notes de distorsions d'une fluidité extrême, maintenues dans un registre constant, tissant des ambiances cotonneuses.
Impossible de trouver des repères, un semblant d'éléments solides sur lesquels s'appuyer, un contour bien défini avec des variations, des hauts et des bas : ici, tout est constant, tout est morne, tout s'évapore et rampe et se faufile comme du gaz. A tel point d'ailleurs qu'on cède : la musique de Lovesliescrushing est à ce point floue qu'on en devient passif. C'est alors la musique qui nous envahit et qui prend forme autour de nous. Pas de contour, ni d'allure, mais par contre une consistance : molle, vaporeuse, gazeuse. On la sent, ça frétille, ça coule, ça s'étend, on peut y plonger les bras et traverser de part en part, ça chatouille en passant.
Bien sûr incompréhensible et totalement réfractaire à toute forme d'analyse ou de décryptage, cet album référence du genre n'en demeure pas moins incroyablement dépaysant, avec cette recherche systématique de faire se mouvoir l'informe.