27 janvier 2009

Fiche artiste de Velour 100

Velour 100

En rupture du projet His Name is Alive mené par Warren Defever (qui travailla avec Ian Masters sur ESP Continent), le batteur Trey Many, tout aussi torturé, est allé se réfugier auprès du label culte Tooth and Nail. 
Là-bas, il pourra s'épanouir dans un rock chrétien féerique et teinté de dream-pop, voire de folk, sur un premier album remarqué : "Fall Sounds" en 1995, produit par Warren Defever.
Avec le label il rencontre la chanteuse Sydney Rentz du groupe shoegaze chrétien Morella's Forest et lui propose de participer au deuxième album. Avec Tess Wiley et la fidèle Karin Oliver (chanteuse de His Name is Alive), il dispose alors de trois muses aux personnalités marquées. Autant de voix hors du commun qui lui permetront d'orienter sa musique vers encore plus d'éthérisme et de grâce. Le deuxième album, "Of colour bright" deviendra une référence du shoegaze chrétien.   

23 janvier 2009

Fiche artiste de The Bardots

The Bardots

The Bardots est des représentants de la micro-scène de Norwich qui a fait les belles heures du Wilde Club, la salle de concert qui fit venir la plupart des grands groupes anglais pendant plus d’une décennie. Fondée par Barry Newman, un grand amateur des Smiths et de My Bloody Valentine, la salle devient le centre de gravité de la ville, pourtant bien éloignée de la capitale anglaise. Ce groupe permet de découvrir l’autre histoire du shoegaze, celle des laissers pour compte, qui avaient du talent mais qui avaient eu le malheur de ne pas vivre à la Thames Valley.
Simon Dunford (guitare/voix), Andy Murphy (guitare), Steve Cox (basse), Krzysztof Fijakoski (guitare), le frère du chanteur d’Adorable, avec qui d’ailleurs il formera Polak, et Neil Cox (batterie), profitèrent de l’effervescence autour du Wilde Club pour fonder un groupe et se lancer à l’assaut des planches. Comme le reconnait volontiers Simon Dunford : « Sans Barry, les membres de The Bardots n’auraient jamais quitté leurs chambres. Barry avait le don pour dénicher les talents et donner aux groupes locaux la chance de parfaire leur métier en faisant les premières parties des groupes populaires qu’il réussissait à ramener à Norwich »[i].  D’ailleurs, avec les rentrées de la billetterie, Barry Newman se permet de monter une structure pour y faire signer des groupes locaux. « Cela a toujours été mon ambition de monter un label indépendant, se souvient Barry. J’admirais tellement la scène indépendante que je voulais en faire partie. Heureusement les premiers concerts au Wilde Club m’ont permis d’obtenir un petit peu d’argent, bien que j’ai dû prendre pas mal sur mes fonds propres pour faire subsister le label »[ii]. Et la première publication sera un single partagé par Shine et The Bardots. On se souvient qu’à cette occasion, Simon Williams, chroniqueur au NME, titra à leur sujet : « Janglier in Anglia », jeu de mot resté célèbre (mais intraduisible, « jangle » signifiant faire beaucoup de bruit métallique, et « Anglia » étant une région à l’Est de l’Angleterre, dont est originaire le groupe).
Après un premier single "officiel" sur Wilde Club Records, adorable dans un style brouillon, le titre « Sad Anne », superbe chanson, un vrai bijou, ils signent un deal avec le label Cheree (le label culte des premiers EPs de Bark Psychosis et de Disco Inferno). Après deux-trois autres singles, ils publient un album en 1992, intitulé Eye-Baby et multiplient les concerts. Appréciés des journalistes rock, qui les placèrent vite "next big thing", les membres de The Bardots décidèrent de polir leur son, pour au final une accroche manquée, et "V-Neck", tomba dans l'oubli, alors qu'il marquait l'arrivée de la Brit-Pop.
Du coup, le groupe se sépara, mettant un terme à une histoire qui avait pourtant démarré dès 1989 sur les bancs de la fac.



[i] Simon Dunford cité par Emma Lee, sur Eastern Daily Press, 15 janvier 2009, [en ligne] http://www.edp24.co.uk/going-out/wilde_club_celebrates_20th_anniversary_1_711940
[ii] Barry Newman cité sur Norfolk, janvier 2009, [en ligne] http://www.bbc.co.uk/norfolk/content/articles/2009/01/30/wilde_club_20090130_feature.shtml

21 janvier 2009

The Bardots : Eye-Baby


Eye-Baby de The Bardots
Sortie : 1992
Produit par Guy Bidmead
Label : Cheree

L’album sera un chef d’œuvre oublié du shoegaze. Bien sûr, il regorge parfois d’airs roucoulant, étincelant, de manière à swinguer et à groover, le tout sous des guitares tourbillonnantes (« Chained Up » ou « Sunsetted »), avec chœurs lascifs et refrains qui tuent. Mais ce ne serait que se limiter à la surface.
L’autre facette du groupe est beaucoup plus subtile, rampante, déployant petit à petit un univers grandiose et majestueux. Un morceau de la trempe de « Obscenity Things » laisse délicatement glisser des solos magiques et son tempo langoureux pour s’offrir le luxe d’une explosion incroyable et définitivement rock. L’alliance de la guitare sèche et des saturations sur « Sister Richard » est d’une beauté pernicieuse à en faire frémir de plaisir, de même pour « My Cute Thought ». Le final, « Swallow » s’offre même le luxe d’une intro au piano, avant l’instauration d’une toute petite mélodie incroyable. Et de constater alors que The Bardots se place en chaînon manquant entre la délicatesse du shoegaze et l’arrogance mélodique de la Brit-Pop. Aucune autre chanson ne peut résister à « Swallow » qui écrase toute concurrence, notamment dans sa montée dans les grâces célestes.
Le groupe est aussi capable d’alanguir son propos, et de composer quelques ballades saturées parmi les plus intrigantes, comme « Cruelty Blonde », aux voix doucement plaintives, ou « Slow Asleep », aux airs de dream-pop voluptueuse. Mais pour une fois, le sommet de l’album se situe au début. En effet, de tous, c’est peut-être « Pretty O » qui surprend le plus. Cette chanson est probablement la plus aventureuse, celle qui remet le plus de choses en question et qui propose un style quasiment unique. De cette myriade de guitares saturées, émerge une voix asexuée, d’une beauté confondante et d’un lyrisme très marqué, qui vogue au-dessus d’une guitare cristalline et d’arrivées soudaines et répétées d’explosions majestueuses. A croire qu’il s’agit presque d’un tout autre groupe !

20 janvier 2009

White Come Come : The Broken Bird



The Broken Bird de White Come Come

Sortie : 1992
Produit par White Come Come
Label : Sugarfrost


Collectionner les singles parus à cette époque se révèle un bon moyen pour faire des (re)découvertes. Au rayon des groupes complètement inconnus, White Come Come figure en bonne place.
Venant du Japon, signé sur le minuscule label Sugarfrost, sans doute encore plus obscur que le groupe lui-même, n’ayant à son actif que cet EP, White Come Come s’attribue dès lors le titre de formation culte.
Culte, car malgré la curiosité qu’on peut ressentir à dénicher un tel groupe, ces quatre petites chansons sont tout bonnement excellentes ! C’est ce que le shoegaze peut offrir de meilleur : une piste de décollage pour un départ tranquille et assuré, direction l’espace.
Que ce soit le rythme groovy de « Rise », alimenté par un duo de voix absolument charmant et des guitares saturées légèrement ondulantes, comme avec My Bloody Valentine, la ligne de basse irrésistible de « Luv Lemon Lies », le titre le plus rock’n’roll de cet EP, ou bien l’esprit totalement vaporeux et brumeux de « Sink » (on dirait les litanies enfumées d’un couple au sortir d’une nuit orgiaque, agitée et harassante, dont les effets nauséeux ne se seraient pas encore estompés), on savoure, avec délectation, ces usages laconiques des arrangements instrumentaux, essentiellement à base d’ondes saturées et d’une basse paresseuse. Tout est là pour se laisser emporter et se mettre à rêver. En effet, comment se remettre d’un morceau comme « Sink », dont les sept minutes suffisent à annuler toutes les forces environnantes et emmènent l’esprit loin ailleurs, à grand renfort de saturations parfaitement maîtrisées ?
Et comment surtout se remettre de la claque reçue par « Broken Bird », véritable tourbillon, joué à cent-à-l’heure, sur un tempo d’enfer, digne des boites de nuit, mais impossible à suivre, car trop effréné ? Une vraie bombe ! Tout s’emballe, dans une danse sous speed, guitares, voix, batterie, à la fin, la centrifugation aboutit à un mix hallucinogène, secouant et décoiffant au possible.
Il faut mettre la main sur cet EP à tout prix !

13 janvier 2009

Velour 100 : Of color bright


Of color bright de Velour 100


Sortie : 1997
Produit par Steve King
Label : Tooth and Nail
Le groupe Velour 100 profite de la participation de trois nouvelles chanteuses, dont Sydney Rentz pour s’ouvrir sur un tout nouveau monde, à la fois pop et spatial, voire éthéré.
C’est une ambiance un peu particulière, étrange et contemplative, mais très chaleureuse et avenante. On le savait, Trey Many est un être fragile, un peu à part, sur la lune, fasciné par la spiritualité, et désormais avec ces muses, il peut laisser libre court à son imagination. Accompagné de claviers, jouées façon dream-pop, ses chansons apparaissent comme des poèmes religieux, qui n’ont que très peu à voir avec le rock traditionnel, mais qui à chaque fois touchent au cœur. Sans doute grâce au raffinement des arrangements, toujours féeriques et luxueux, sans en faire trop, une batterie, de multiples guitares très présentes, des échos.
C’est ainsi un plaisir de (re)découvrir ces voix féminines, pures, vaporeuses, presque divines. Elles prennent toute leur mesure sur des ballades angéliques, telles que « Shine », son orgue et son refrain doublé de chœurs d’anges, le superbe « Toledo » et ses arpèges qui tissent de la dentelle sous un mur du son ou le mirifique folk-shoegaze « Clouds ». Parfois l’onirisme arrive à son extrême expression pour être plus proche encore du céleste : une voix habitée, sur fond de cordes sèches grattées (« Sky from underwater »). Ou bien des passages sans couplet, ni refrain, mais juste d’une grande langueur (« Under Heaven »). Tout du long les arrangements sont splendides (guitares, clavier, chœurs) tout en restant d’une accessibilité incroyable. Cela cède plus de place aux mots, qui coulent et glissent comme des fluides pour une peinture à l’aquarelle, singulière et surréaliste.

Fiche artiste de Seven Percent Solution



Seven Percent Solution

Personne ne s’y attendait et pourtant le premier album de Seven Percent Solution se hissa jusqu’à la 20° place des charts. Performance qui est du en partie aux différents articles élogieux de David Fricke, journaliste au Rolling Stones. Celui-ci n’hésitera pas à le citer parmi les albums essentiels de 1997. D’autres magasines comme Option ou Magnet iront même le placer dans les classements de l’année, à la deuxième place, juste derrière le fameux « Ladies and Gentlemen, We Are Floating in Space » de Spiritualized.
D’un seul coup, le groupe passe des petits show dans les salles d’Austin aux tournées dans toute l’Amérique. Le changement de statue aura du mal à être digéré. « Lorsque nous sommes allés à Atlanta, explique Reese Beeman, le fondateur du groupe, il y avait énormément de mondes qui étaient venus nous voir. Au concert, ils se pressaient aux premiers rangs, hurlant, chantant et criant. Ils connaissaient nos paroles par cœur. C’était une étrange expérience. »
Il n’y a pourtant pas si longtemps, le groupe n’était qu’une formation ordinaire originaire d’Austin dans le Texas. Formé en 1993, après que James Adkison ait rejoint Beeman (qui n’avait jusque là que sorti une cassette), la formation n’aura sorti à l’époque qu’un seul EP, « Sugar » et ne sera connu que par quelques curieux, intrigués par ces fameux concerts où le groupe déploie des écrans géants pour y projeter divers images psychédéliques. Force est de reconnaître que le groupe (bientôt un trio suite à l’arrivée de Julian Capps) n’avait rien vu venir ; la première édition de l’album fut emballée dans du carton, numéroté à la main et livré avec une copie du CD. Les instructions étant de le donner gratuitement à un ami, car « on pensait qu’on ne dépasserait même pas les 1000 copies ! » rigolera plus tard Beeman. « On aimait beaucoup l’idée que pour un album acheté, deux personnes pouvaient en profiter » se justifiera James Adkisson, sans se douter une seule seconde de l’effet du bouche à oreille qui alors se mettre en place, de façon démesurée. Beaucoup de gens se rendirent à leurs concerts parce qu’un ami à eux leur avait passé un CD.

Le groupe devient alors les têtes de cordée du mouvement space-rock d'Austin avec Mazinga Phazer, renouvelant aux Etats-Unis le mouvement shoegaze.
A New-York, un label se montre intéressé et propose de rééditer leur album pour le diffuser plus largement. Par l’intermédiaire de leur nouveau manager Ron Suman, ils signent sur X-Ray et sortent rapidement un deuxième album, « Gabriel’s Waltz », en 1999, qui se veut plus expérimental encore. Utilisant toujours les mêmes procédés de guitares saturées, le groupe fournit un effort supplémentaire dans l’agressivité, afin de contraster d’avantage avec ces moments d’accalmie spatiale si chère au groupe. « On adore toujours expérimenter et créer des atmosphères, mais il ne faut pas oublier le contexte de la chanson » précise Beeman. Volontiers intellectuelles, les références seront nombreuses, et parfois obscures, comme ces vers de Anne Sexton, cités en prélude. « Ce n’est pas un concept album, avec une histoire du début à la fin, mais cela nous aide s’il y a une idée cohérente derrière tout ça. Même s’il ne s’agit que de notre propre idée et que personne d’autre ne sait de quoi il en retourne. On n’essaye pas de faire passer un message quelconque, c’est juste que nous essayons d’exprimer nos sentiments personnels ».
Pourquoi aujourd’hui le groupe ne donne plus de nouvelles, personne ne le sait, toujours est-il que depuis plus aucune activité de la part de ce groupe, trop vite oublié.

8 janvier 2009

Fiche artiste de The Naked Souls


The Naked Souls

Tout le monde peut avoir accès à des futilités et bon nombres de groupes amateurs laissent leurs chansons sur Internet, mais personne ne peut retrouver traces de Milan Sip (à la basse et au chant), Jiri Novak (à la guitare) et Ladislav Baksa (à la batterie). Il faut deux fans tchèques pour créer une page Internet et y quémander un peu plus d’éléments sur eux !
C’est une honte. Car le shoegaze apprêté et pédant de The Naked Souls est probablement une des plus belles choses qu’il ne nous ait jamais été donné d’entendre
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4 janvier 2009

Difference Engine : The City, Not the Animal (vidéo)

Lent, lourd et désabusé : une visite au bord de la dépression et de la crise nerveuse, mais qui se maintient vaille que vaille, entraîné par l'élan des guitares.
Un des secrets les mieux gardés d'Amérique.