21 janvier 2009

The Bardots : Eye-Baby


Eye-Baby de The Bardots

Sortie : 1992
Produit par Guy Bidmead
Label : Cheree


De The Bardots, on a tendance facilement à se moquer gentiment de la hype qui entoura le groupe à ses débuts, alors que le son était sous-produit. contrairement à V-Neck, plus ouvertement pop, ce premier opus garde encore ce son grinçant cher aux anglais.
Pour apprécier Eye-Baby, il faut aller au-delà de ces aspects, car il recèle bon nombre de titres surprenant, dont la qualité étonne. Bien sûr, il subsiste des airs roucoulant, lumineux, de manière à swinguer et à groover comme au bon vieux temps, le tout sous des guitares tourbillonnantes (« Chained Up » ou « Sunsetted »), avec chœurs lascifs et refrain qui tue. Mais cela ne concerne qu’une partie de la tonalité de l’album.
L’autre est beaucoup plus subtile, rampante, déployant petit à petit un univers grandiose et majestueux. Un morceau de la trempe de « Obscenity Things » laisse délicatement glisser des solos magiques et son tempo langoureux pour s’offrir le luxe d’une explosion incroyable et définitivement rock. On pourrait croire à de la pop facile, usant des procédés les plus évidents du shoegaze, à savoir guitares bruyantes + mélodies chaleureuses, la musique de The Bardots est plus complexe que ça. L’alliance de la guitare sèche et des saturations sur « Sister Richard » en témoigne bien, ce titre étant d’une beauté pernicieuse à en faire frémir de plaisir, de même pour « My Cute Thought ». Le final, « Swallow » s’offre même le luxe d’une intro au piano, avant l’instauration d’une toute petite mélodie incroyable. Et de constater alors que The Bardots se place en chaînon manquant entre la délicatesse du shoegaze et l’arrogance mélodique de la Brit-Pop. Aucune autre chanson ne peut résister à « Swallow » qui écrase toute concurrence, notamment dans sa montée dans les grâces célestes.
Le groupe est capable, au moment de ses débuts, d’alanguir son propos, et de composer quelques ballades saturées parmi les plus intrigantes, comme « Cruelty Blonde », aux voix doucement plaintives, ou « Slow Asleep », aux airs de dream-pop voluptueuse. Mais pour une fois, le sommet de l’album se situe au début. En effet, de tous, c’est peut-être « Pretty O » qui surprend le plus. Cette chanson est probablement la plus aventureuse, celle qui remet le plus de choses en question et qui propose un style quasiment unique. De cette myriade de guitares saturées, émerge une voix asexuée, d’une beauté confondante et d’un lyrisme très marqué, qui vogue au dessus d’une guitare cristalline et d’arrivées soudaines et répétées d’explosions majestueuses. A croire qu’il s’agit presque d’un tout autre groupe !

1 commentaire:

Black-monday a dit…

Merci beaucoup pour votre blog. Et pour cette découverte pour moi que constitue ce premier LP des Bardots. Album énorme !

Tous mes encouragements pour la poursuite de ce blog.