31 octobre 2007

Rollerskate Skinny : Horsedrawn Wishes


Horsedrawn Wishes de Rollerskate Skinny

Sortie : 1996
Produit par Rollerskate Skinny et Aidan Folley
Label : Show Biz Records / Warner Bros


Réduit à un trio, le combo irlandais en profite alors pour se livrer à toutes les fantaisies. Ils ont de la chance : la major sur laquelle ils ont signée les laisse libre de leur action ; douce époque aujourd’hui révolue.
Tout ce qu'on peut constater c'est que ces gars sont fêlés, barrés et définitivement déjantés. On dirait des doux dingues échappés d'un asile. Mais on se laisse entraîner par leur entrain, leur grain de folie, tant tout cela est inventif et génial. Leur exubérance, leur goût pour le n'importe quoi, leur décalage, tout cela est contagieux.
Tous les morceaux possèdent le petit plus qui en font des grandes chansons aux guitares qui partent en vrille ("Cradle Burns"), aux tendances cartoonesques ("Swinging Yawing"), voire carrément irrésistibles ("Speed to my side" ). On ne sait jamais ce que la prochaine chanson va donner. Rollerskate Skinny s'assume dans son délire, dans son auto-dérision, sans forcément tomber dans la facilité ou la complaisance, maîtrisant à la perfection l'art du refrain à chanter par dessus et même la chanson langoureuse ("All Morning Break").
Ken Griffin le disait lui-même : « Echo and the Bunnymen rencontre les Beach Boys, époque Pet Sounds ». Il a peut-être raison mais dans cet album, il y a bien plus que ça.
Avec un sens de la débrouille et de l'expérimentation inouï, ce groupe anglais renouvelle les codes de la pop. Traitant avec une nonchalance folle les arrangements et les possibilités de production, Rollerskate Skinny mêle donc petits bruits insolites, boîtes à rythmes, xylophone, clochettes, grosse caisse frappée avec un marteau d’orchestre, et arrangements synthétiques à leurs guitares saturées et leur musique lumineuse et rayonnante.
Cet usage incessant de ce mur du son et autres subterfuges permet au groupe d'explorer toutes les facettes de leur envie : musique fanfaronesque ("Ribbon Fat"), douce berceuse qui se termine en feux d’artifice ("Bell Jars Away", on ne pouvait pas faire meilleure conclusion à l’album), bombes soniques coupé en son milieu par une évidence étincelante (« Shimmer Son Like A Star »), délire psychédélique (quasiment toutes les chansons) ou tout simplement titres pop irrésistibles ("Angela Starling " ou le magnifique "Thirsty European").
Rollerskate Skinny n'oublie pas d'apporter à son sens du délire juste ce qu'il faut de majesté. Ingénieux, certes, mais surtout suffisamment décalé pour se démarquer.


10 octobre 2007

Welcome to Julian : Never so close


Never so close de Welcome to Julian

Sortie : 1993
Produit par Guy Fixen
Label : Rosebud / Barclay

Difficile d’affirmer sa personnalité lorsqu’on est un groupe français mais qu’on s’applique à reproduire les climats virevoltant de la pop outre-manche, au point de chanter en anglais, de plagier les pochettes des groupes shoegaze et de faire produire son premier album par Guy Fixen. C’est d’ailleurs bien se que l’on reprocha à Welcome to Julian : de trop se servir des formations anglaise comme modèle, crime de trahison pour le pays. On ajouta bien vite que le groupe n’avait aucune idée et qu’il lui fallait prendre le ferry pour en emprunter quelques unes.
Pourtant, Welcome to Julian a su défendre depuis le début sa part d’intégrité. Incluant tout au long de l’opus quelques intermèdes courts et surprenant (« Diamond » et sa guitare sèche ou les deux « Interludes », très planant), le groupe ne se borne pas à empiler les guitares par-dessus des chants sirupeux, il sait aussi faire preuve d’une originalité certaine dans la façon d’appréhender les choses. On retrouve ainsi une flûte sur le magnifique et enchanteur « Who’s », un groove hypnotique et des chœurs éthérées sur l’énorme montée en puissance qu’est « Is it a crime ? », des pédales wah-wah sur le très noisy-punk « Take it easy Eddie » (un instrumental de même pas deux minutes) ou bien un solo crasseux étonnant sur le fougueux « Higher ».
Mais ce qui dénote aussi, c’est la maturité du groupe, capable d’écrire de véritables perles mélodiques, savoureuses au possible lorsqu’elles entremêlent des cordes de guitares, parfois cristallines et oniriques, bien souvent saturées et puissantes. C’est avec des titres de la trempe du trépidant « Real Things » ou l’entêtant « Drop Dead Gorgeous », malade, vicié, tendu, avant de se faire fouetter par des lanières de guitares saturées, que le groupe dévoile sa face complexe.
L’espace de quelques instants, Welcome to Julian créé son monde, qu’il sait aussi fragile que fugace, malgré ses guitares. Un univers bien frêle, comme emporté par un vertige sonique, à l’instar du merveilleux « Lucky Star », avec ses voix absolument toutes douces, ses petits accords adorables et ses vagues de distorsions câlines.
« Don’t close your eyes, brave the world, the brillant world » sera-t-il marqué sur la pochette, comme pour rappeler qu’il y a sans doute trop de choses à voir, à faire, des miracles comme des bêtises, pour s’arrêter en si bon chemin.

8 octobre 2007

The Telescopes : Precious Little EP


Precious Little EP de The Telescopes

Sortie : 1990
Produit par Richard Forby
Label : Creation

The Telescopes vient de signer chez Creation et découvre alors l’étendu des possibilités : une liberté quasi-totale, Alan Mc Gee ne faisant pas dans la demi-mesure, des moyens de production enfin à la hauteur de leur ambition, les finances du label n’étant pas surveillés, et surtout de la drogue à profusion. Il n’y avait qu’à claquer des doigts.
Découvrant alors les effets de l’ecstasy, nouvelle drogue à la mode et ramenée directement de la Hacienda de Manchester, les membres du groupe vont user de leurs traditionnelles guitares saturées pour s’adonner aux joies des trips les plus planant, penchant leur musique vers un hédonisme, encore dur et rêche pour l’instant, mais qui ne manque pas d’attrait et de goût pour l’hypnose.
Avec ce premier maxi sur Creation, une parfaite réussite de bout en bout, on plane sous l'effet conjugué des guitares remplies de fuzz, mais aussi des tambourins lancinant, des voix nonchalantes, et surtout de ce groove incroyable, qui baigne toutes les chansons. Petites évanescences ("Never Hurt You"), délices enrobés de guitares (le merveilleux "Precious Little") ou carrément trip camé ("Deep Hole Friends") celles-ci sont un pur régal.
Le ton est franc, branleur, voire plus négligé qu'il n'y paraît. La nonchalance avec laquelle le groupe côtoie le délicat frise l'incorrection. Mauvais coucheurs et propres à se laisser tenter par la déviance, The Telescopes s'inscrit ici comme un des fleurons de toute la musique anglaise de l'époque : manipulant maladroitement le rock bruitiste pour au final le transformer en orgie de fumettes et de cachetons.

The Telescopes : Everso EP


Everso EP de The Telescopes

Sortie : 1990
Produit par Richard Forby
Label : Creation

Difficile de faire plus hypnotique comme EP, à moins d’augmenter considérablement les doses de stupéfiants utilisés. L’ecstasy pouvant être considéré comme le sixième membre du groupe, il ne pouvait aboutir que des morceaux de la trempe de « Never Learnt To Love » ou « Everso », dont les « aah aah aah » sont symptomatiques de la neurasthénie qui commence à envelopper le style de The Telescopes. Les chants se font plus traînant, plus légers aussi. Et enchanteront l’auditeur qui se laissera totalement fondre. Emmené par les réminiscences sixties, il n’y aura plus qu’à rêver très fort. Les guitares caressantes, rêveuses parfois, beaucoup moins lourdes qu’autrefois, ainsi que les saturations en arrière fond, les quelques effets de cithares qu’on devine à peine, concourront à dessiner cette plage d’ouverture à l’évasion la plus folle, ouvrant les portes de la perception.
The Telescopes entame sa mue, première étape vers l’abstraction la plus totale, sorte de longue montée d’acide, dont on peut constater les dégâts tout au long de singles, tous plus cultes les uns que les autres, étalés en à peu moins d’un an.
C’est à partir de « Everso » que les choses s’amorcent. Il n’y aura plus de retour en arrière. Stephen Lawrie et les siens finiront par plonger irrémédiablement dans un marasme qui leur fera perdre leur moyen et leur objectivité.
Rempli d'évanescentes chansons cyniques à propos de la drogue ou de l’amour, cet EP est un fragile ajout équilibriste de slides rugueux, langoureux et d'arrangements discrets, répétés et entêtant. Les courtes chansons sont des plages (presque) tranquilles, lentes, hyper cool, où l'on se laisse enivrer par un relâchement, une détente hypnotique, voire cosmique. A force d'écoute (on n'écoute pas une telle musique n'importe quand et n'importe comment), on se laisse gagner par un charme indéniable.

The Telescopes : Celeste EP


Celeste EP de The Telescopes

Sortie : 1991
Produit par Richard Forby
Label : Creation

Rien qu’à voir le clip de « Celeste », ses rayures, sa caméra grossissante, ses changements incessants de couleur, ses passages aux filtres, on nage en plein psychédélisme. Il en sera tout autant pour ce titre, accompagné ici de « All A Dreams » et « Celestial », qui se voudra une revisite moderne des trips psychotropes les plus fuyants.
Clavier, chœur légers, rythmique groovy (la basse évoque Madchester), guitares glissantes, tout y est. Loin d’être agressif, ce single entraîne un long voyage planant vers un lit douillet.
Petit à petit les guitares dures s’effacent, au même titre que la batterie qui se fait moins violente, chaque instrument prend moins d’ampleur mais se diffuse plus longuement.
Ce single s’additionnera à la collection incroyable parue sous le label de Alan Mc Gee, vite recherchées des collectionneurs, amateurs de leurs pochettes magnifiques et hautement psychédéliques, taches de couleurs complètement abstraites, où chacun peut y voir ce qu’il veut. Des sortes de tâches de couleurs solaires qui fusionneront entre elles, se chevaucheront et se superposeront pour donner de nouveaux mélanges.
D’ailleurs au cours de ces chansons, tout sera mou, nonchalant, céleste, alangui. C’est comme si tous les membres avaient finis par être chloroformés.
Aucun doute maintenant, la drogue a fait son effet : Stephen Lawrie est ailleurs et n’est plus avec nous. On ignore encore quelles sont les contrées qu’il a visité
.

The Telescopes : Flying EP


Flying EP de The Telescopes
Sortie : 1991
Produit par Richard Forby
Label : Creation

Dernier single de l’impressionnante série sortie sur Creation, « Flying » achève la fulgurante déliquescence qu’entame Stephen Lawrie pour s’épanouir dans le psychédélisme le plus complet. Moins de bruits et plus d’espaces, plus d’étirements, plus de longueurs et de langueurs. Ce sont des guitares sèches et de longs slides qui ouvrent le bal, avant que des voix shootées, masculines comme féminines, qu’on arrive d’ailleurs plus très bien à distinguer entre elles, ne viennent se répandre paresseusement. Les paroles collent très bien à l’esprit ambiant : « Don’t you need to feel the ground you can not see ? ». Rien à dire, ce titre est une apologie de l’évasion, de la fuite quand bien même il serait artificiel.
Ce sera également le single le plus célèbre, inouï et inattendu succès pour un titre si vaporeux et drogué, qui se classera à la 72ème place des charts et dont le clip kaléidoscopique passera en boucle sur MTV.
Au sein du maxi, on retrouve d’autres chansons, dans la même veine, « Soul Full of Tears » ou le très aérien « The Sleepwalk », ainsi que le somptueux « High on Fire », avec ses cithares, son tambourin, ses voix doublées qui arrivent par vague, son instant de répit à la guitare sèche, avant la lente et savoureuse montée en puissance se terminant dans un refrain lumineux.
Tout ne sera que finesse, long trip acide et revendication new-age
.

7 octobre 2007

Fiche artiste de The Charlottes


The Charlottes

Lorsqu’on parle des pionniers du mouvement shoegaze, on pense bien évidemment à My Bloody Valentine mais on oublie bien souvent The Charlottes, qui avec leur single « Are you happy now ?» posa pourtant les bases du genre.
Formé en 1988 à Huntington, dans le Cambridge, le groupe rassemblé autour de Petra Roddis sera affilié d’abord à la vague noisy-pop proche de The Primitives, à défaut de pouvoir à l’époque définir leur style, qui finalement était plus proche du mur de son de My Bloody Valentine. C’est au cours d’un concert en novembre 1988, à l’Université des Arts et des Technologie, en compagnie de The Darling Buds et The Telescopes, que leur premier titre fut mis en vente. Même si seulement un quart du public présent se décida à l’acheter ce soir-là, il reçut le soutien de nombreux fanzines, et recevra même un éloge de Dave Simpson du Melody Maker, le qualifiant de classique du mouvement twee.

C’est à force d’enchaîner des performances remarquées à chacun de leur concert, qui débutèrent par un soutien de Snapdragons et qui furent suivi par une tête d’affiche lors du festival d’été du Cambridge, ou alors par la première partie de The House of Love, que le groupe se fit remarqué et pu enregistrer son premier single dans les studio de Peterborough.
Le single fut qualifié de « brillant » (Pop Eats Apathy), de « incroyablement inouï »
(Total Warpout ), voire même de « petit classique (Avanti), et même le magasine House of Dolls expliqua qu’on ressentait la même chose à l’écoute de la chanson que « si on était coincé dans le tambour d’une machine à laver ». Le single se vendit en moins d’une semaine. Il faut dire que l’art work y fut pour beaucoup, celui-ci ayant été conçu par le groupe lui-même. Des lettres de fans venus du Japon, d’Australie, d’Allemagne, d’Espagne, commencèrent à affluer. Et à Ispwich, le bassiste Dave Fletcher, le guitariste Graham Gargiulo et le batteur Simon Scott (qui se démarquait des autres pour être un fan de Soundgarden), encadrant la chanteuse charismatique Petra Roddis, ont donné l’envie aux membres du groupe Bleach de se lancer.
Mais il n’y avait pas que chez les fans que le single fit sensation.

Martin Whitehead, alors patron du label Subway Records, tombe sur le single et déclare dans un magasine qu’il s’agit d’un des trois meilleurs single de 1988. Il se dépêche alors de les rencontrer lors d’une première partie de The Flamates (un de ses groupes) en février de l’année suivante pour les faire signer. Il en résultera un mini-album, « Lovehappy », qui reçut la prestigieuse note de 9 sur 10 sur le NME, et qui leur vaudra d’être interviewés par John Peel lors d’un concert. Dave Simpsons déclarera avoir été impressionné par « ces distortions de guitares qui ressemblent aux roulettes des dentistes ». Quelque temps plus tard, ils enregistreront des black sessions sur Radio 1. Dale Griffin, le producteur de la BBC, jugera le son des guitares trop bruyantes mais il ne réussit pas à faire changer d’avis le groupe, ce dont John Peel se réjouit, ainsi que les fans. C’est que The Charlottes possédait maintenant un son distinct et reconnaissable entre mille. Ils furent parmi les premiers à créer ce fameux « mur de guitares », Petra n’hésitant pas à brancher la sienne, sans savoir forcément enchaîner des accords complexes. Progressivement le style s’éloigne de la direction commerciale des toutes premières chansons.
Les concerts étant de plus en plus fréquents, Dave Fletcher, qui cumulait également un poste de batteur au sein des Nightjars, annonce son retrait. Il sera remplacé quasiment au pied levé par Andrew Wade, un ami de Graham Gargiulo, qui apprendra les rudiments de l’instrument en une semaine, délai imposé car il fallait assurer une tournée de trente dates en compagnie d’un jeune groupe, fan de The Charlottes également. Pour la petite histoire, ce groupe en question, s’appelait Ride.

Un second EP « Love in the emptiness » sortira peu de temps après mais il sera largement moins diffusé, la faute à une promotion déficiente, et la sortie cumulée des premiers singles de Ride au mê
me moment. Le groupe rompt alors son contrat avec Subway pour passer sur Cherry Red, en mars 1990, dont la première parution sera le maxi « Liar », sortie qui sera accompagné d’une tournée et même d’un clip diffusé sur MTV, quand bien même celui-ci sera rudimentaire. Le tout récent label fait de The Charlottes sa priorité et ambitionne de sortir un album dans l’année. En décembre, ils démarrent des enregistrements au Minstrel Court Studio, mais lors des vacances de Noël, Simon Scott annonce qu’il s’en va rejoindre Slowdive. Les autres membres du groupe jugeant Simon essentiel, son départ marque ainsi la fin du groupe.
Dans quelques interviews données plus tard, Petra avouera être soulagée de mettre un terme à la formation, dénonçant au passage le harcèlement de certains journalistes (elle citera même des noms). Au regard des critiques élogieuses, on peut s’interroger, mais à rebours, lorsqu’on sait que The Charlottes multiplia les concerts dans Londres, supportant des groupes-amis, on comprend qu’elle fut en réalité excédé d’avoir été considéré comme parti prenante de cette scène « that celebrates hitself ». Plus tard Cherry Red regroupera tous les enregistrements sous son nom sur le recueil « Things Come Apart » en 1991.

C’est la dernière trace de ce groupe fondamental. Au final, The Charlottes n’aura laissé qu’un petit testament, mais essentiel.

The Charlottes : Love Happy

Love Happy de The Charlottes

Sortie : 1989
Produit par The Charlottes
Label : Subway Organisation

Le titre "Cold" est court, percutant, rapide et un peu grossier, il faut la voix doucereuse (mais forte elle aussi) pour réussir à s'extirper. Il illustre très bien le style que voulait imposer The Charlottes : de la percussion (suffit d'entendre les roulements à la batterie, déchaînées) et énormément de saturations, mais à aucun moment, il ne faut s'en effrayer, au contraire, leur chanteuse Petra reste debout, droit sur ses jambes, et ne vacille pas, continue de scander ses chants légers, comme si de rien n'était.
Avec son côté innocent, "Are you happy now", c'est tout un hommage aux groupes comme Talulah Gosh ou Shop Assistant, avec les saturations en plus. 
D'ailleurs, la production rudimentaire va presque rendre service à ce premier album, encore un peu C-86, pas encore tout à fait shoegaze. Comme quoi il n'y avait pas que My Bloody Valentine à cette époque pionnière, et cela beaucoup l'oublie.
Pour le moment, et alors que le groupe est un des pionniers en matière de shoegaze, The Charlottes ignore encore quelle posture adopter, de la posture ou de la frivolité, à l'instar de "Keep me down". On n'est pas encore dans le sérieux et le côté épique, parfois, qu'on trouvera par la suite.
Comme si de toute manière, les guitares représentaient une force incommensurable, qui pouvait facilement tout submerger et que ça ne servait à rien de lutter. Qu'on pouvait même trouver du plaisir à se laisser noyer et qu'il fallait s'en amuser.
On dirait du punk. "In my hair" joue sur les coupures, sur le déferlement, sur les arrêts, comme pour dire, tout ceci n'est que de la musique, pas la peine de se prendre la tête, on est jeunes, et les ennuis sont loin...

The Charlottes : Things Come Apart


Things Come Apart de The Charlottes

Sortie : 1991
Produit par Martin Dice
Label : Cherry Red

Quand bien même, les guitares lâchent les brides et que les coups à la batterie martèlent, The Charlottes reste pop dans l’esprit, absolument pop. Impossible de s’en défaire.
Leurs chansons pourraient passer sous un déluge de saturations écrabouillant, on décèle toujours une légèreté dans le ton, qui est la marque d’un goût prononcé pour les mélodies rondes et chaudes.
De ce recueil des enregistrements sous Cherry Red, on retient essentiellement une bonne dose de lumière, de sucrée, de délicatesse et de violence à la fois. C’est que les choses vont vite, quelques mélodies envoyées pied en plancher, soutenues par un gros son, comme on n’avait osé à l’époque, tout en restant très accessible : le contraste est étonnant entre la finesse de la musique et la dureté des instruments ou du tempo, à l’instar de « Payer Song » ou « Beautify ». Il n’y a pas le désir de rendre les choses compliquées, de saccager le tout sous des dissonances, de se livrer à l’expérimental, juste le plaisir de brancher les amplis à fond et de n’avoir aucune retenue quant aux décibels employées.
Guitares plutôt chargées, voix féminine très plaisante, rythmique nerveuse, mélodies bien ficelées, tous les éléments sont réunis et permettent au groupe de Petra de produire une pop-rock hyper noisy mais de bonne facture (le sublime « We’re going wrong »). Simples, entraînants, hautement mélodiques, les titres charment d'entrée de jeu, sans se compliquer et en misant sur la mise en relief de refrains impeccables, grâce à un jeu tout en tohu-bohu. Les guitares saturées se mélangent énergiquement pour composer des ambiances tendrement dynamiques, sur lesquelles vient se poser la voix légère et fruitée de Petra Rodiss. On retrouve cette fausse douceur qui faisait l'attrait de cette époque intemporelle. Jusqu’à glisser discrètement vers un charme rêveur, comme sur « Love in the emptiness », presque hypnotique à force d’être dur et féroce, jusque dans le chant, qui prend des teintes graves et solennelles. Voire jusqu’à atteindre des sommets d’évasion intemporelle, où on dérive dans un état extatique, tout au long d’une montée en puissance extraordinaire, à l’image des neuf minutes de « By my side », à la mélodie envoûtante, qui finira par être noyée, et dont les assauts répétés, s’atténuent parfois pour mieux revenir à la charge ensuite et définitivement emporter l’auditeur au cours de tournis inouïs.
Mais on revient vite vers des choses plus concises, directes et simples, à savoir l’innocence et la naïveté pop, qui oublie tout et se complait dans sa propre chimère rose-bonbon (« Mad Girl’s Love Song » ou la reprise du « Venus », des Stocking Blue, en massacre en règle saturé). Et il est si bon de s’y vautrer et de savourer autant d’énergie, de puissance, pour finalement tenir des propos si légers et insouciant.
En effet ces chansons énergiques et balancées ne manquent pas de pêche et s'écoutent inlassablement. La part de rêve n’en ait que plus décuplée.

2 octobre 2007

Historique de Slumberland Records



Des romantiques et des cheveux longs

Georges Gelestino (1951-2002)



On parle d’une époque que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître.
En ces temps-là, sur les radios, il n’y avait qu’une seule chose : Smell Like Teen Spirit de Nirvana. Difficile donc lorsqu’on habite aux Etats-Unis d’échapper aux déferlantes venus de Seattle. Pourtant quelques irréductibles réussirent à protéger et à choyer une certaine idée de la pop. Comme le rappelle Jenny Toomer : « depuis Nevermind, il était difficile de trouver de la bonne pop music, dans la mesure où tout les groupes indépendants étaient rachetés par des majors ». Et c’est sans doute cette volonté de ne pas se compromettre, qui fut l’ingrédient essentiel dans la recette à l’origine de ce son si particulier que partagent en commun les groupes indie pop ou shoegaze dans le courant des nineties. L’éthique « lo-fi » sera bien marqué, de la réalisation des pochettes, jusqu’à la gestion des tournées, en auto-gestion.
Et finalement, comme dans toutes choses en fait, la légende ne tournera autour que de quelques uns, de pauvres loosers, incompris et vaguement romantiques, la risée du campus, les bannis des salles de concert, préférant s’enfermer dans leur chambre, écouter quelques albums de pop innocente et échanger de quoi planer, et se rouler des pelles, dans le noir bien-sûr, timidement. Bientôt c’était des milliers de rêveurs éperdus qui allaient partager cette même chambre, cette chambre ouverte à tous, et pourtant si protectrice et chaleureuse.
Car ce désir, presque adolescent, de vouloir tout préserver, ne rien saccager, aura façonné l’esprit à venir. La philosophie pouvait paraître naïve, mais elle eut au moins le mérite de faire émerger une certaine sensibilité, sans doute étouffée en d’autres occasions, et de se risquer à diverses expérimentations. Car pour certains, il n’y avait que ce biais-là pour échapper au quotidien et à tout ce qu’il pouvait offrir de morne et d’ennuyeux.

Vers la fin des années 80, alors que la scène de Washington DC était envahie de groupes hardcore, certains jeunes amateurs de pop décidèrent de se réunir pour faire partager au mieux leur passion. Lorsqu’on est considéré comme une mauviette, ce n’est pas une chose aisée, surtout dans les milieux universitaires, très sectaires. Ecouter de la pop et finir pestiféré. C’était le lot de tout ceux qui avaient choisi de porter les cheveux courts alors que tout le monde les portait long. Les choses auraient pu tourner autrement. On compara souvent la scène indie pop aux Etats-Unis comme un micro-climat particulier, une excentricité au milieu d’un monde entièrement dévoué au punk ou au hardcore. Pourtant, en fin de compte, son éclosion n’aurait sans doute pas eu lieu sans un seul homme, ou presque, Mike Schulman, originaire de la petite ville d’Alexandria et amoureux des Jesus and Mary Chain, une hérésie à l’époque.
Profitant des structures indé (fanzines, associations, disquaires), lui et quelques amis se jettent à l’eau : ils décident de monter un label.
Le pari est risqué : ceux qui partagent le goût pour ce genre de musique se comptent sur les doigts de la main. Et quand bien même ils voudraient se lancer, ils n’ont aucune expérience, et encore moins d’argent !

Slumberland Records débute ainsi : Mike Schulman (des groupes Powderburns ou Biger Jesus Trash Can, devenant plus tard Whorl), Archie Moore (Velocity Girl) et Brian Nelson (Whorl) empruntent un peu d’argent et trouvent un nom qui leur permettra de produire leurs singles. Ainsi, le premier EP pressé et sorti par le label, ne sera ni plus ni moins qu’une compilation de trois titres. Le désormais mythique « What kind of heaven do you want ? » regroupe “Clock” de
Velocity Girl, qui venait tout juste de trouver leur nom, “Pam’s Tam" de Black Tambourine, qui n’avait pas encore collaboré autrement que par lettres interposées avec la chanteuse Pam, et l’éponyme single de Powderburns. Très influencé par la noisy pop, le label d'Olympia, K Records, et le mouvement C-86, 1000 exemplaires seront disponibles seulement, en décembre 1989, et les pochettes seront peintes à la main.

Par la suite, durant deux années suivantes, le label n’aura d’autres prétentions que de sortir leur propre production. Ainsi, chacun des groupes, tous amis entre eux, sortira son single. Ce sera aussi le cas pour Lilys, autre formation shoegaze de Washington. Mais le label permet aussi à d’autres formations, extérieurs à la scène de Washington, de publier leurs premières compositions : ce sera le cas pour les Swirlies (de Boston) ou Honeybunch (de Providence)
.
Petit à petit, par le bouche à oreille, la label devient une source de référence. A l’époque où Mike Schulman travaillait comme disquaire à Alexandria, il était le seul à faire venir des vinyles de noisy pop anglaise, créant ainsi une bulle au milieu du monde du hardcore. Parmi les quelques habitués figurait David Jones, qui plus tard ira s’installer à Richmond pour fonder Fudge. Le travail réalisé au sein de Vinyl Ink sera déterminant pour faire germer quelques graines. Appartenant à Georges Gelestino, qui ne possédait que des disques de Sonic Youth ou Swans, le magasin, ouvert en 1986, servit également de base arrière du label Slumberland. Durant plus d’une décennie, Georges Gelestino continua de manière active à faire de Washington DC, l’épicentre de la vague indie pop américaine. « Tandis que les autres magasins se spécialisaient dans le punk ou la new-wave, Vinyl Ink était le seul à distribuer les singles de Ride ou d’autres disques de Creation ou Sarah Records », se souvient Don Smith, autrefois adolescent fidèle au disquaire, aujourd’hui patron d’un fanzine.
Et Georges se dépensa sans compter, ruinant ses finances, pour aider et faire connaître des groupes obscurs qui n’auraient sans doute pas pu se faire connaître autrement. Ecrasé par l’essort des maisons de disques avant de se tourner vers l’internet, il succomba à une hépatite C en 2002 alors qu’il avait cinquante ans. Nul doute que Mike Schulman prit exemple sur sa générosité et son esprit défricheur pour mener à bien son propre label.

Défendant avant tout les groupes avec qui il partageait des affinités (HoneyBunch, Small Factory), Slumberland fut vite critiqué pour ne prendre parti que pour satisfaire ses connaissances. Cette démarche peut se rapprocher de l’amateurisme mais sans cela, beaucoup de choses n’auraient pas eu lieu. Et le label n’aurait pu ensuite s’étendre à d’autres formations. Ou bien inspirer l'éclosion de quelques structures du cru qui regroupèrent des formations indie pop. On pense à Bus Stop, Go! Disc, Brillant Records ou SpinArt, dont les compilations sont aujourd'hui cultes. Ce fut ce même état d’esprit qui servit à monter le festival Lotsa Pop Losers en 1991, un des premiers événements centrés exclusivement autour de la pop music. Il fut le point de départ de pas mal de formations shoegaze et permit surtout au public de découvrir une musique qu’il n’avait probablement jamais entendu, essentiellement influencée par ce qui se faisait en Angleterre (ce qui leur valu aussi quelques moqueries).
Pendant deux jours, à Washington DC, le festival accueillera de nombreux groupes, la plupart appartenant aux organisateurs, et dont ce fut la première représentation. Pour eux, c’était le seul moyen pour se montrer. A défaut d’avoir un public dans les salles, autant venir à eux. L’idée offrit la possibilité de s’essayer à la scène, sans avoir de bâtons dans les roues. Ce fut le cas notamment pour Mark Robinson, directeur de label et ancien guitariste de
Unrest, ou bien Jenny Toomey et Kristin Thompson, appartenant à Tsunami. D’ailleurs Mark et Jenny monteront plus tard Grenadine, avec à la batterie Rob Christiansen, de The Eggs, groupe programmé lui aussi à l’affiche du festival.
A rebours, ces deux jours (et deux nuits) furent le point de départ de la vague indie de la côte Ouest américaine. La plupart des artistes qui monteront sur scène, inconnus à l’époque, devinrent par la suite absolument cultes. Pour preuve : Small Factory, Tsunami, Velocity Girl etc… D’ailleurs, c’est là-bas que le premier single des Swirlies sera vendu, une simple cassette pressée à 1000 exemplaires. Quant à Mark Robinson, il deviendra un des personnages incontournable de la scène de Washington, membre de plusieurs groupes, patron de labels et parfois producteur.

Le mouvement commence à prendre un peu plus d’ampleur, et déjà on fait circuler dans les universités quelques disques du label Slumberland, ce qui ne manquera pas d’attirer l’attention sur ce nouveau son en devenir. Velocity Girl signera d’ailleurs sur le label Sub Pop, grâce à Kurt Cobain, fan absolu. Et Fudge, le groupe de Richmond, sur Caroline Records. Mike Schulman, se retrouvant seul aux commandes de la structure, décide alors de déménager à San Francisco en 1992. Comme il le dit lui-même : " J’ai pris le label avec moi et le premier chapitre fut ainsi clot.” Le deuxième, il l’ouvre en publiant les premiers albums de Lilys, le groupe de Kurt Heasley (qui a collaboré aussi un temps avec David Jones), des Ropers et de
Jane Pow. Même si Kurt redoutait devoir assumer la ressemblance avec My Bloody Valentine, les ventes furent plutôt correct, du moins pour une ville comme Washington, considéré comme « le trou-du-cul du monde ». De plus, à l’époque, c’est à peine si les membres avaient le droit de consommer de l’alcool. « On est le plus jeune groupe du monde » en rigolera Kurt. The Lilys comprenait également le batteur Alex Hacker, qui allait ensuite rejoindre The Ropers, groupe shoegaze, très influencé par Ride et également signature de Slumberland. Mais le coup d’éclat du label restera la parution des singles de Stereolab, un groupe anglais intrigué de retrouver le même style de musique si loin de chez eux.

Derrière cela, il n’y a aucune envie de faire sensation et de dénicher la nouvelle poule aux œufs d’or. Comme le souligne Mike : « à l’époque, personne ne s’était rendu compte qu’on venait de créer l’histoire. C’était juste un groupe super cool qu’on adorait ». Cette philosophie, avec de simples coups de coeur comme moteur, permettra au label californien de découvrir des groupes comme les anglais de Boyracer (issu du label Sarah Records), Sleepyhead, Lorelei, Rocketship et surtout The Softies. Le groupe, qui rappelle ceux du label K de Calvin Johnston, est composé d’ex-membres de Tiger Trap (dont Rose Melberg), qui s’adonnait dans une Twee Pop bon enfant au début des années 90. Avec peu de moyens et « beaucoup de cafés », Slumberland Records devint vite une référence. Avec derrière elle, une certaine idée de la musique, intransigeante, passionnée et sans arrière-pensées.

Mais les choses ne durent pas. Vers le milieu des années 90, l’effet de mode passe vite, supplanté par le mouvement punk-rock, beaucoup plus proche des jeunes. Et contribua à enterrer un mouvement qui avait déjà un pied dans la tombe avant même de naître. Les ventes ne décollèrent jamais, quand bien même le label était respecté dans le milieu underground. Et les maisons de disques indépendantes se tournent plus du côté de l’americana de Palace Brother. De plus, le shoegaze, comme ailleurs, commençait à être vite dépassé. Anéanti par une critique dans le Spin Magasine, de Graig Marks, ancien manager de Homestead Records et désireux de descendre en flamme un groupe du label Caroline, ancien concurrent, Fudge alourdira sa musique, quitte à se renier, avant de jeter l’éponge. Kurt Heasley, excédé de devoir se coltiner l’étiquette de groupe du label Slumberland, se plongera dans les années 60 et le psychédélisme pour s’inspirer et faire rebondir son groupe Lilys, miné par les défections. « Mais ce n’est pas un retour en arrière par pure nostalgie » se défendra-t-il. « Je pratique ce genre de musique parce que je suis intrigué par le son de cette époque. Il y avait tellement d’expérimentation et je pense qu’il y a toujours de la place pour mes propres expérimentations ». Quant à Velocity Girl, le groupe phare, le pilier formateur, finira par sombrer dans la pop, pour plaire à MTV. Mike Schulman mit alors pour un temps son label entre parenthèse. C’est la fin d’une époque dorée, d’un certain credo et surtout de l’activité familiale de quelques activistes de l’ombre qui feront vivre un goût immodéré pour une musique légère et insouciante.

Lui qui a toujours adoré le rock indépendant, regarde alors de loin ses illusions s’envoler au grès des récupérations par les grosses maisons de disques. Sans doute, au temps où il jouait les DJ sur la radio universitaire du Maryland en 1983, était-il très loin de se douter de la tournure des choses. « L’underground n’existe plus, tout est overground maintenant. » reconnaît-il, dépité. « Ce n’est pas uniquement à cause de l’attention des labels, mais aussi à cause de l’attention des médias et des fans. Les gens ne peuvent pas avoir la chance d’exprimer réellement leurs idéespures merdes ». La seule différence avec autrefois, c’est que désormais « les groupes se forment dans l’unique but de sortir un single, ne se concentrent pas sur ce qu’ils font et jettent l’argent par les fenêtres ». Dur donc de se reconnaître dans ce milieu, lui, l’éternel adolescent dont le seul rêve était « de trouver un son sympa ou quelques bonnes chansons, ou les deux si possible ». Et qui ne voulait rien d’autre que faire connaître au monde ses groupe-amis. Et donner sa chance à ceux qui osaient. Comme les anglais de Stereolab ou Hood, qui par la suite allaient devenir des icônes du post-rock avant d’avoir exploré tous les recoins du shoegaze.

C’est un coup de téléphone de Amy de Henry’s Dress qui remet Mike Schulman sur les rails. Elle lui envoie une cassette contenant quelques chansons, qu’elle signe sous le nom de
». Ce que regrette Schulman, c’est la pression, que parfois les groupes s’imposent eux-mêmes, et qui nuit à leur liberté, au processus même de création. Et il voit autour de lui trop de gens, préférer plaire aux autres plutôt qu’à eux-mêmes. Et finalement l’augmentation du nombre de propositions, de démos et de cassettes est du uniquement à une recherche accrus de la part des labels, et non pas une amélioration de la qualité artistique. Car la plupart des œuvres qui existent, que ce soit des livres, des films ou des disques, sont de « The Aislers Set. C’est l’illumination. Selon Mike, c’est « la meilleure chose qu’il ait jamais écouté » et il ne pouvait pas attendre une seconde de plus de les publier. Slumberland Records s’active donc à nouveau. Et Mike Schulman en profite alors pour se faire plaisir en éditant les anciens enregistrements de Black Tambourine, mais aussi du groupe culte anglais 14 Iced Bears. La maison de disque fonctionne donc toujours, de manière confidentielle certes, mais toujours avec la même passion et la même rigueur esthétique. Accompagnée d’une sœur jumelle, spécialisée dans l’electro, Slumberland Records sort au compte-goutte quelques disques, comme The Saturday People ou The Lodgers.
Encore existant plus de quinze après, Slumberland Records est un des rares rescapés de cette époque bénite où tout était permis, où il suffisait de posséder une guitare pour faire du rock, où la naïveté était synonyme de talent. Heureusement, car le label continue de véhiculer une éthique aujourd’hui disparu, une certaine idée du romantisme, s’amusant avec les guitares, le bruit, le son, pour en faire les plus beaux poèmes…



Quelques compilations à retenir :



- Slumberland Records : Why popstars can't dance (double LP), avec Jupiter Sun, Magpies, The Artisans...

- Brillant Records : Something Pretty Beautiful (LP), avec The Tribbles, Twitch Hazel, Ultra Cindy...

- SpinArt : ...One Last Kiss (LP), avec Veronica Lake, The Magnetic Field, Whorl...