26 novembre 2011

Fiche artiste de The Mandelbrot Set


The Mandelbrot Set

Réputé pour leur concert psychédélique, l'usage de nouvelles technologies et les projections d'images, les très jeunes musiciens de The Mandelbrot Set se sont placés très en avant sur la scène locale d'Adelaïde, au sud de l'Australie.
Ils ont pu signé sur le label culte RooArt (le label fondé par le manager d'INXS) et, bénéficiant du succès de Ratcat ou encore de Hummingbirds, ont pu être diffusé sur JJJ, la célèbre radio australienne.
Deux EP ont été sortis, un en 1992, très shoegaze, même si on retrouve quelques influences des Smiths ou du mouvement C-86, l'autre en 1993, très new-wave, et hommage à New Order. Après, le groupe ne donne plus signe de vie.
Composition : Tim Mortimer, Robert Pyper, Adam McBeth et Micheal Bajer Jr, malheureusement décédé en 1999, à l'âge de 28 ans seulement.

23 novembre 2011

Fiche artiste de Feral

Feral


Encore un groupe du label mythique, Lust Recordings ! Bon, label qui n'en a que le nom en fait, puisqu'il s'agissait plus de la lubbie de Stephen Woosh, gérant du club Woosh à Newcastle, souhaitant sortir en vinyl les chansons de ses groupes préférés, qu'il n'hésitait d'ailleurs pas à programmer en concert. Fort d'une scène locale vibrante, s'adonnant à un shoegaze sans calcul, le catalogue du label a fini par se gonfler de singles cultes : St James Infirmary, The Sunflowers, Apidistra, The Lavender Factions, The Keatons, et donc Feral, formation shoegaze attiré fortement par les drogues et la fumette.

Et ça s'entend du reste, avec ce superbe single, en 1991, démonstration magistrale de psychédélisme, sans pourtant qu'il n'y ait de suite. D'ailleurs on ne sait rien, mais absolument rien, du groupe, hormis bien-sûr qu'il était un régulier des affiches du Woosh Club les soirs de concert. En plus, le label n'a eu qu'une existence fugace, puisque Stephen Woosh, en proie à une nouvelle lubbie, a décidé soudainement de mettre la clé sous la porte, pour s'enfuir avec la guitariste de The Sunflowers. On l'aurait parait-il vu en tant que roadie de My Bloody Valentine, mais c'est comme s'il s'était volatilisé, laissant une flopée de groupes sur le carreaux et mettant fin brusquement à cette micro-scène shoegaze de Newcastle.

Culte et punk !

18 novembre 2011

The Mandelbrot Set : A placed called Kansas EP


A placed called Kansas EP de The Mandelbrot Set

Sortie : 1992
Produit par Wayne Connolly
Label : RooArt

Ce n’est pas avec cet unique EP que l’on peut connaître le style dans lequel évolue le groupe australien. Ici, plusieurs formules sont testées, on navigue entre plusieurs touches personnelles, de façon de construire des mélodies.
Après cet enregistrement, The Mandlebrot Set a disparu des écrans radar. Il est donc extrêmement difficile de se projeter, de deviner ce qu’ils auraient pu donner par la suite, d’identifier une empreinte, un signe reconnaissable. On n’arrive d’ailleurs pas à les extraire de la mêlée parmi tous les groupes shoegaze. La faute à une envie de s’essayer à diverses ambiances.
Tantôt les titres sont très élégants, soignés, aériens, comme avec « I swan », tantôt ils flirtent avec un esprit naïf, enjoué, et très léger (« More than happy », emporté, avec un chant doux mais optimiste, et une basse dynamique). Une autre fois, on découvre un titre hypnotique (« Massive »), aux vocalises éthérées, noyées sous des saturations et une cadence rythmique qui rappelle Chapterhouse. Autrement c’est le courant C-86 qui est revisité avec « Julia » : on dirait presque The Servants ou encore Mc Carthy.
Si on a donc l’impression d’avoir une collection assez hétérogène, il faut se contenter de prendre ces titres comme ils sont : des petites pépites mélodiques. Dommage que le groupe australien n’ait pas pu perdurer car il possédait un vrai sens de l’écriture, fluide, évident et efficace. On se régale ainsi avec « Landslide », très entraînant et aux superbes harmonies vocales, ou le merveilleux « Lush », qui conclue cet EP, distillant une ambiance féérique et exotique, évoquant des ondes se diffusant dans une eau cristalline, dans laquelle glisse un chant aussi léger qu’innocent et où résonnent des guitares atmosphériques au travers un nuage de saturations.
Il s’agit de l’essai de jeunes musiciens shoegaze (très jeunes même) qui ont avant tout fait ce qui leur passait par la tête, leur faisait envie, selon leurs goûts et leurs inspirations, sans vouloir pour l’instant se donner un genre ou une personnalité qui les aurait emprisonnés au final. Et c’est aussi bien comme ça.

11 novembre 2011

Feral : Change you leaving EP


Change you leaving EP de Feral

Sortie : 1991
Produit par John Hughes
Label : Lust Recordings

Cette chanson, « Change you leaving », a tout ce qu’il faut pour être addictive : un tempo d’enfer, plein d’allant et provoquant, qui se moque du monde, de la bienséance, un chant élevé, trop doux pour être respectueux, rempli de morgue et de jeunesse, trahissant un état défoncé comme on n’oserait plus approcher aujourd’hui, ou encore, une chute de la pression jouissive, une détente osée, relâchement de sauvages junkies sûrs de leur fait, pour mieux planer.
Dès les premières secondes, ce riff crasseux, magique, aérien, aussi sale, brouillon qu’aérien, on sait qu’on ne pourra jamais décrocher de ce morceaux. Pas une seule seconde sans secouer la tête, sans admirer cet esprit inimitable, mélange dangereux de rock n’roll et d’évanescence, pas une seule note de guitare qui ne nous fasse pas taper du pied, pas une mélodie qu’on ne fredonne pas avec plaisir. L’alternance très bien sentie entre furia et repos psychédélique est absolument géniale, ça repart aussitôt, emené par des voix virginales de petits voyous, se pavanant dans des harmonies vocales d’angelots.
La guitare n’hésite pas à être mise en avant, instrument de prédilection, qui avec son riff, ses distorsions, ses solos de folie et ses circonvolutions va emmener l’auditeur très loin dans le trip. La reprise du refrain, noyé sous les guitares et saturations, n’en est que plus savoureuse. Les chœurs suaves et innocents, soulèvent de manière éhontée des mœurs d’étudiants et de pilliers de bars, des rêves pleins la tête tout comme le caleçon, et se font les charmes délicieux de ce groupe inouï, symbole de toute une frange de l’Angleterre.
Les déboulés de distorsions crasseuses achèvent l’exposition d’un état délabré, fumeux et narquois, sur « Bridge », tandis qu’un magnifique riff et un tempo langoureux, sur « Away », écrasé par une avalanche lourde et lente de guitares saturées, indique une propension à s’élever au dessus de la mélée, à vouloir éclaircir les trips, à rendre plus belles encore les choses. Le dernier morceau de cet unique EP, allie douceur et pesée, pour un voyage hypnotique de toute beauté, tordue, difficile à suivre mais si agréable à écouter, témoignage des folies, de la poésie de quelques garçons complètement shootés.
Des musiciens fiers, défoncés, talentueux, qui du fin fond de leur pub préféré de Norwitch secoueront le monde. Cet EP, qui restera au final leur unique témoignage, hypnotise comme il séduit. On ne cesse d’écouter « Change you leaving », cet hymne génial, de le réécouter et de le réécouter encore pour l’entendre se finir sous des crachats de guitares, puis cette toute petite mélodie qui s’extrait du maelstrom, tandis que les amplis résonnent encore…

Fiche artiste de Antiseptic Beauty



Antiseptic Beauty

Délocalisé sur la carte du rock indé en Angleterre, le groupe Antiseptic Beauty, originaire de Derby (East Midlands), n'a jamais eu ni la reconnaissance, ni le rayonnement nécessaire pour se faire connaître davantage.
Habitués aux bars de leur ville de Egginton, le groupe a d'abord été influencé par le mouvement C-86 et l'indie pop. D'ailleurs leur nom est un clin d'oeil à Felt, qui avait signé un album au titre : "Crumbling the antiseptic beauty", Lawrence étant réputé pour être particulièrement maniaque avec l'hygiène. Puis plus tard, ils se sont orientés vers un style plus dur, plus psychédélique aussi, comme avec "Skyward", une chanson qu'ils ont publiés sur la compilation LE 1, rassemblant d'autres artistes du Midlands en 1993. CLAG magasine, une revue locale, leur consacre alors un article.
C'est Stephen Lawries qui les remarque, grâce aux similitudes avec le style des Telescopes, et se propose pour produire leurs chansons. Ainsi quelques singles et un album éponyme sortiront sur divers labels obscurs européens.
Depuis leur séparation en 1996, il est aujourd'hui quasiment impossible de mettre la main sur leurs albums.

2 novembre 2011

Antiseptic Beauty : Rising EP




Rising EP de Antiseptic Beauty

Sortie : 1993
Produit par Stephen Lawrie
Label : A Turnable Friend

Chouchouté par Stephen Lawrie, le leader des Telescopes, qui a décidé de produire ce maxi de cinq titres, le groupe de Derby propose une musique psychédélique et shoegaze qui ressemble fort… aux Telescopes.
On retrouve ainsi un son pouilleux, étouffé, un jeu éclaté à la batterie, notamment avec les cymbales, qui serviront de mantra pour les trips, des riffs compliqués, toujours légers, une attitude nonchalante au chant et dans le jeu, déclinant vers une apologie de la drogue, une voix alanguie et flottante, aboulie soulignée à coup de laisser-aller instrumentaux, de dialogues de riffs. Tout ceci au service de chansons hypnotiques, de « Illumate Me » à l’enlevé « Good to be gone », en passant par le traînant « Love run dry », véritable tour de force.
La voix peut être très très légère, qui s’envole, tandis qu’on a toujours de très très petites mélodies à la guitare, qui dialoguent, pour des intros psychédéliques, avec quelques percussions, des cymbales, des guitares joués comme des harpes, une entrée en matière pour un monde de volutes, de champignons et de délires. Ainsi les distorsions et autre réverb arrivent toujours de loin, montent en puissance et finissent par arriver, mais comme si ils émergeaient d’un nuage, on dirait toujours une sorte de symphonie nébuleuse, les voix sont fatigués, légères, enfumés. Des symphonies basées sur une alternance (comme sur « Rising » et sa batterie qui roule des caisses, d’ailleurs au passage, très bon travail à la batterie) entre moments reposés, souples, légers, et des saturations plus enlevés, plus rock n’roll. Des solos démarrent à partir de tempêtes pour de longues divagations dark, aussitôt ralentis dans leur élan par le tempo alangui, tranquille et assez élastique. On finit par aboutir à des échos de rêve, un aperçu du merveilleux. On sent bien l’influence de Stephen Lawrie à ce niveau-là.
Bref, voilà une vraie curiosité, remplie d’harmonies magiques et de boucans expérimentaux, tout en faisant preuve d’une langueur psychotrope digne de cette époque, avec The Verve, Spacemen 3 ou Starlings. Malheureusement ce maxi est extrêmement rare, voire introuvable. C’est cependant un délice dans lequel il est bon de se laisser aller, avec ou sans drogue...