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17 juin 2010

Fiche artiste de Bowery Electric


Bowery Electric

Bowery Electric est un duo (Lawrence Chandler et Martha Schwendener), pionnier dans la musique expérimentale et ambient de New-York. Un double single sur leur propre label pour signer ensuite sur Kranky. Le premier album éponyme en 1995 reste un mélange saturation et de voix mixées en retrait, mais le duo se démarque déjà par son goût pour le down-tempo, mais c'est avec le deuxième, "Beat", l'année suivanten, qu'ils marquent les esprits avec plus d'alanguissement des les compositions. Ils ont été ainsi les premiers à emmener leur shoegaze vers d'autres horizons, comme le drone, le dub, l'electro, ou encore à utiliser des ordinateurs portables sur scène pour sampler leur batterie et ainsi le passer en boucle, faute d'avoir conservé les batteurs de leur début.
Ces tendances avant-gardistes ne sont pas si étonnantes lorsqu'on sait que Lawrence Chandler a étudié à The Julliard School, la prestigieuse université d'art de New York, et qu'il y a fait la connaissance de l'artiste contemporain La Monte Young. De même, il a participé avec Kevin Shield et Sonic Boom au projet Experimental Audio Research, ou encore a mixé les albums de Calla ou Tristeza.

Discographie :


- S/T

Bowery Electric : Drop EP


Drop EP de Bowery Electric

Sortie : 1994
Produit par Bowery Electric
Label : Hi-Fidelity Recordings

Sur « Drop », une atmosphère de fin du monde : une basse terrible, grondante, des guitares métalliques sorties des profondeurs, des nappes sourdes et une tendance à faire durer lentement les choses, pour un chant transformé, noyé sous le mix et lancinant, jusqu’à filer le frisson.
Ce ne sont pas les coups secs et durs sur la batterie qui changera la donne, ni d’ailleurs les saturations bourdonnantes et à la puissance prodigieuse. Sur le deuxième morceau, « Let me down », cette fois-ci, c’est la voix de Martha, qui sidère et laisse pantois, charmeuse, mythique et quelque peu irréel, d’une profondeur solennelle incroyable, d’autant qu’elle répète sans arrêt les mêmes mots sans jamais varier. C’est ainsi que s’impose la puissance de Bowery Electric à leur tout début avant de se calmer par la suite et de virer vers l’ambient : asséner des coups, marteler et écraser l’auditeur.
Dommage d’ailleurs qu’il n’y ait pas plus de morceau de cette époque cathartique, seulement quatre sur ce recueil des singles du groupe, tant Bowery Electric savait se faire imposant et charismatique.
Tout en tranquillité et en retenue, le troisième morceau « Head on fire », sous ses nappes de saturations et ses échos de guitares plaintifs qu’on entend au loin, résonne dans les esprits et bourdonne comme une myriade de décibels disséminés, tandis que « Only Sometimes » laisse répandre une coulée de riffs, comme des râles fatigués, témoignage d’une orgie psychotrope, sans varier d’un iota tout du long.
Un voyage tout aussi cérébral que physique, assez intimidant, mais hypnotique, en seulement quatre titres, ce qui, en fait, est largement suffisant pour devenir culte.

14 juin 2010

Bowery Electric : S/T


Bowery Electric

Sortie : 1995
Produit par Bowery Electric
Label : Kranky

Si on s’y plonge, le temps s’arrête. Impression flottante assez déstabilisante où on a du mal à juger des minutes qui passent ou de l’enchaînement des morceaux.
Tout n’est qu’un sempiternel recommencement, un étirement des mêmes riffs et des mêmes ambiances lourdes et saturées, le tout sous le contrôle d’un rythme particulièrement lent et d’une basse très en avant. Une basse de plomb, imperturbable et pesante. On se dit qu’on ne va jamais s’en sortir, qu’on est comme prisonnier d’un engourdissement qui nous gagne et nous laisse totalement rêveur.
Les voix, très en retrait, semblent sortir de très loin, d’autant plus qu’elles sont souvent recouvertes par des déferlantes grasses et gluantes de guitares, et laissent penser qu’on est ailleurs.
L’album défile et on croit être toujours au début, ou en tout cas, jamais à la fin. Avec une batterie réduite à un rôle de métronome stupéfiant de langueur et de régularité, des nappes de guitares qui ne changent jamais de ton, et une lourdeur dans le ton qui impressionne, Bowery Electric livre en réalité un album d’ambient. Peu reposé et très torturé par contre.
Un grondement de guitares mais résolument abstrait, jusqu’à s’évanouir dans la contemplation la plus floue.