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6 juin 2011

Fiche artiste de The Sunflowers

The Sunflowers

A l'actif de ce groupe quasi-inconnu originaire de Tynemouth en Angleterre, une poignée de singles et quelques splits. Et rien de plus !
Le quatuor est pourtant un exemple typique des groupes indépendant à l'aube des années 90, s'exerçant dans un shoegaze léger et frondeur. Participant tout d'abord à la scène de Newcastle, The Sunflowers écume les bars, notamment le célèbre Broken Doll, pub du centre ville aujourd'hui disparu. D'ailleurs, le groupe sort sur le label Woosh un split EP avec St James Infirmary (formation de la scène de Newcastle avec The Lavender Faction par exemple ou Feral) où figure la chanson "Bubble Bus".
Par la suite, The Sunflowers migre jusqu'à Londres, et plus précisément le quartier de Camden, poursuivant son défilé de salles de concert. Un split EP avec un autre groupe shoegaze affilié à la scène de Camden, à savoir Smashing Orange, sera enregistré en 1992. Cette activité, loin des projecteurs, sera tout de même reconnue dans le milieu indépendant, puisque le label très obscur et très peu connu Clawfist leur proposera de sortir deux singles, en 1991. Ce label aura pris une part très active dans le mouvement Camden Lush, avec entre autres Gallon Drunk, Breed, Mambo Taxi, Leatherface, God, Terminal Cheesecake ou encore The Family Cat.
The Sunflowers aura donc cotoyé tout le microcosme du rock indépendant et underground anglais. Malheureusement cette collaboration sera de courte durée puisqu'ensuite The Sunflowers disparaîtra de la circulation.

4 mai 2011

The Sunflowers : Closer EP


Closer EP de The Sunflowers

Sortie : 1991
Produit par Steve Mark
Label : Claw Fist

The Sunflowers fait parti des sans-grades, de ceux qui n’auront jamais sorti d’album et qui n’auront jamais fait de vraies salles de concerts. C’est dans les bars que le groupe s’est construit et cela s’entend.
Ce qui est fascinant avec ce groupe, c’est la hargne qu’ils mettent à capter l’attention et à maintenir une certaine idée de tension dans leurs compositions. Balancé à mille à l’heure, « Day into day » pourrait quasiment être un titre punk. L’énergie est communicative, hachée, emportée par son propre élan, propulsé par une morgue incroyable de petits voyous. On imagine sans peine le rendu en live, dans des conditions dantesques, telles qu’on pouvait les trouver dans ces bars de quartiers où la bière est moitié moins chers qu’en centre ville, dans ces clubs où les jeunes remuaient, époustouflés qu’ils étaient par cet assaut supersonique.
Ces gars-là se donnaient sans compter. Et c’est cette insouciance, associée à beaucoup de présomption, qui fait de « Closer », un titre sublime, entraîné par un rythme à la fois magique, dansant et remuant, des arpèges géniaux à la guitare, un chant rempli de fierté mal placée, des chœurs mélodieux et des saturations jouissives.
Le groupe turbine à fond et se renvoie coup sur coup, en se moquant des convenances. On aurait tant aimé que cela se poursuive indéfiniment.

2 mai 2011

The Sunflowers : It's only everything EP


It's only everything EP de The Sunflowers

Sortie : 1991
Produit par Steve Mark
Label : Claw Fist

Il est de tradition dans le rock anglais, de faire des ballades, mais des ballades rapiécées, jouées tambour battant et toute barbouillées. The Sunflowers, petit groupe sans prétention, est plutôt bon à ça. Reprenant leur répartition habituelle du vinyle single, une face plutôt calme, l’autre plutôt nerveuse, The Sunflowers signe deux titres superbes de shoegaze.
Le premier, le divin « It’s only everything », probablement leur meilleur morceau, se gorge de guitares saturées, jusqu’à emplir tout l’espace, mais n’oublie jamais un seul instant un certain côté enjôleur, sublimé et quelque peu magique, mais alors avec beaucoup de pudeur. Et ce qui en fait une chanson culte, parfaite pour définir ce qu’était réellement le shoegaze à cette époque bénite, c’est que ce côté alangui est joué avec une tendresse toute naïve, celle de jeunes désireux de faire avant tout cracher les guitares. La basse est splendide, elle se maintient durant tout le morceau malgré le recouvrement, tout comme cette merveilleuse guitare sèche qu’on devine à peine derrière les saturations, qui va conférer beaucoup d’émotions, repris par ce chant mi-ampoulé, mi-braillard. L’écriture qui mélange un sens inouï de la mélodie romantique et une volonté farouche de faire exploser les enceintes, est pourtant typique de l’Angleterre.
Car il ne faut pas l’oublier, les gosses de The Sunflowers sont avant tout des sales gosses, et ils le font bien savoir avec « Too far too fall ». Ce second titre dégage une pugnacité, un affront et une nervosité sans égale, sans que jamais le sens de la mélodie ne soit galvaudé : refrain rock digne des meilleurs concerts anglais, chant dédoublé et grandes bouffées de « aaaaaaaaaaaaaaaaah » revigorant, solos de guitares virevoltant et partant dans tous les sens, saturation et son particulièrement dense, on se régale ! Il n’y a qu’eux pour faire des ballades rock aussi criardes et vulgaires.