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9 juillet 2011

Fiche artiste de Belreve


Belreve

Il n'y a que Mike Schulman pour dénicher des groupes comme Belreve. Sans doute était-il ami avec eux car comment expliquer qu'il ait réussi à les dénicher après un split avec Guided by Voices et deux chansons sur Anyway Records, dont une sur une compilation en 1993 ?
Plus connu pour être le guitariste attitré du groupe garage punk New Bomb Truks (culte dans son pays), Matt Reber avait monté un autre groupe, avec Jenny à la batterie et Liz à la basse, appelé Belreve, qui lui servait de récréation.
Passant le plus clair de son temps dans les salles de l'Ohio (trou paumé s'il en est), le groupe semble particulièrement amateur, mais réussit à dégager tout de même une énergie dégageant douceur et force en même temps.
Ressemblant énormément à ce que faisaient également The Swirlies ou Henry's Dress, le patron du label Slumberland, Mike Schulman les signe pour sortir un single en 1994, à la pochette psychédélique tout en bleu. Mais ce sera tout pour le groupe, Matt Reber étant obligé de se consacrer à sa formation initiale.
Au total, sept chansons uniquement ! Ce qui est très peu. Mais ce qui est aussi suffisant pour que l'ami Mike Schulman se rappelle au bon souvenir et publie un recueil en 1995.

7 juillet 2011

Belreve : S/T


Belreve

Sortie : 1995
Produit par Matt Reber
Label : Slumberland

Ah ! Les disques du label Slumberland ! On les reconnait immédiatement. A l’écoute de ce son garage, on sent la pate du label. C’est du shoegaze qui dépote, qui crache, enregistré avec les moyens du bord, et proche d’être miséreux, plus influencé par Guided by Voices finalement, ce qui n’est pas un hasard, vu qu’ils ont fait un split ensemble. On ne s’y trompe pas lorsqu’on entend le riff plombé et lourd de « The sulk king », sa voix trafiquée façon lo-fi et son sens de la mélodie spontané et frénétique.
C’est qu’au total, Belreve n’aura pas produit beaucoup de chansons : un single sur Anyway, un autre sur Slumberland, un titre live, des chansons sur des compilations et puis c’est tout ! Mais Slumberland a eu la bonne idée de toutes les regrouper sur un mini-album adorable de sincérité et d’esprit indie.
Le mélange entre l’insouciance du courant C-86 et le je-m’en-foutisme du style américain aboutit à des titres savoureux, piquant, remplis de guitares mal dégrossis comme « Ron », ou le très rock n’roll « Walk ». L’enregistrement est de si mauvaise qualité que les saturations grésillent sur le vinyle et que les voix (qui ne font guère d’effort, il faut le reconnaître) n’arrivent pas à se faire entendre, comme sur l’irrésistible « The sky is falling », titre shoegaze comme on en faisait qu’à cette époque et que sur ce label.
Avec le très prenant « Look out » (un vrai tube), il y a donc beaucoup de saturations, comme des fritures sur la ligne, comme si le mixeur avait oublié de faire son travail en post-production, mais aussi beaucoup de morgue, du détachement, ce qui en fait un titre superbe, notamment avec ce passage ralenti, plus évanescent, très calme et léger, à tomber à la renverse.
Le groupe de Matt Reber correspond tout à fait au style de Slumberland Records : pas mal de bruits, peu d’effort pour soigner le son et le rendre clair, un amour pour les mélodies mais aucune volonté d’adoucir les guitares pour autant, pas de compromission et beaucoup de naïveté, du culot et un peu de flemmardise aussi.