Affichage des articles dont le libellé est Mellonta Tauta. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Mellonta Tauta. Afficher tous les articles

20 avril 2012

Fiche artiste de Mellonta Tauta


Mellonta Tauta

Le couple formé par Leticia Solari et Daniel Lopez Quiroga est à part dans la scène indépendante argentine.
Réduit à l'état de duo après la défection de Augusto Marandi, Mellonta Tauta, formation de Mar del Plata, ne s'est jamais inscrit dans le style du pays. Au contraire, un seul album enregistré en Italie en 1993 (le duo s'était installé à Florence dès 1990), pour des ambiances gothiques et industrielles qui évoque les groupes de 4AD : Swallow, Cocteau Twins, Wolfang Press...
Une vraie curiosité exilée. D'autant que "Sun Fell" sera produit par Hyperium Records, obscur label allemand. Et comme il n'y aura plus rien d'autres par la suite, autant dire que ce duo sexy et étrange a su s'entourer de mystères.

19 avril 2012

Mellonta Tauta : Sun Fell


Sun Fell de Mellonta Tauta

Sortie : 1994
Produit par Paolo Favati
Label : Hyperium Records


Extrêmement étrange que cette musique-là. Envoutante même. On a l’impression d’ailleurs qu’un nouveau monde a été découvert, dont on entendrait les échos et les témoignages fantasmagoriques.
Par bribes soufflés, par râles angéliques et d’une saveur si ténue qu’on en douterait de l’existence, les chants parviennent à nos oreilles, portés par des nuages de vapeurs électriques ou des harmonies glacées. Des arias gothiques aussi légers que merveilleux dont on doit pourtant la manifestation par une utilisation martiale de la batterie, une saturation industrielle des guitares, une déshumanisation du rythme et des riffs, une association tout aussi incongrue que magique de guitares sèches parfois.
Sous des atouts décharnés, robotiques, plutôt noirs, on décèle de manière limpide une préciosité sans égale, une suavité adorable et déstabilisante, évoquant Swallow, groupe maudit de 4AD, ou Love Spirals Downwards et plus encore. Cette part de sensualité au beau milieu de démonstrations froides comme le metal et dense comme des brouillages auditifs, trouble comme il fascine. La musique et l’univers construit par cette formation argentine est impossible à classer. Les racines latines et gauchos apparaissent par moment, combinées à des arabesques et une solennité majestueuse telles que le sublime approche. Une grande fragilité se fait jour, notamment de ces vocalises susurrées et soufflées, qui contraste avec les déferlantes engagées.
Parsemé tout du long de longues distorsions fantomatiques et plaintives, cet album est un magnifique recueil de sanglots gothiques et de triturations de guitares, rendus à ce point inorganiques que c’en est irréel.