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24 septembre 2011

Fiche artiste de Resonantes


Resonantes

Le duo Flavio Etcheto et Leonardo Ramella ont pratiqué au cours des années 90 une musique expérimentale, particulièrement novatrice et importante en Argentine. Leurs deux albums « Summergible » en 1995 et « Simultáneo » en 1997, empruntent beaucoup à l’electro et à l’ambient.
Flavio Etcheto, qui est à la base de ces recherches musicales, a notamment contribué à l’album « Colores Santos » en 1992, récréation electro, OVNI dans le rock argentin, avec Gustavo Cerati de Soda Stereo et l’inévitable Daniel Melero. L’impact sur le génial « Dynamo » à venir allait être déterminant.
Dans le même temps, il lance Resonantes avec Leonardo Ramella à la batterie et Wala à la basse. Ils participeront ainsi à l’éclosion de la scène « La Movida Sonica » en proposant une chanson (« Respueta ») sur la compilation Ruido, sortie en 1993, et où figurent aussi Suárez, Los Brujos, Demonios de Tasmania etc… Gustavo Cerati les invite alors à venir sur scène partager la présentation de leur album « Dynamo ».
Un an plus tard, sort leur premier EP, avec « Respueta » et cinq autres chansons, qui voit Daniel Melero en contribution. Le style oscille entre morceaux shoegaze et interludes plus electro, prévoyant le style à venir.

23 septembre 2011

Resonantes : Resonantes EP




Resonantes EP de Resonantes

Sortie : 1994
Produit par Victor Ponieman
Label : Random

La façon de chanter est ici bien particulière : les textes, en espagnol, sont finalement parlés, d’une voix ensorceleuse, avec un ton languissant, très latin. La langue natale de ce groupe argentin transforme ce shoegaze tecknoïde et langoureux en une démonstration de nonchalance très vite superbe. La voix plutôt grave, les souffles, cette façon de laisser trainer les voyelles, l’accent latin, tout ceci plaide pour l’ambiance.
Une ambiance élégiaque, matinée de petits riffs cristallins, d’effets de clavier et d’échos miroitant, qui à force élève et fait dériver. La musique de Resonantes n’est faite que de douceur, de guitares mirifiques, d’un rythme entrainant et chaloupé, de voix empathiques, parlant, séduisant, se détournant.
On obtient donc quelques titres savoureux, entre faux airs de dandy, laisser-aller moite, noyé sous les guitares (« Tatuaje ») et une dérive artificielle, nocturne, urbaine, ultra-sexy, avec son texte parlé d’une voix chaude et suave, brouillée par une surcharge instrumentale vaporeuse (le superbe « Como el aire »). Le tout entrecoupé de quelques interludes évanescents. Dont un « Cactus » assez étrange comme fascinant, uniquement à base de claviers et de samples, avec éventuellement une ligne de basse très lente, qui symbolise bien le monde du shoegaze. On notera d’ailleurs ce goût pour l’ambient et la musique famélique et éthérée. Le trait d’union est fait avec leur premier album, sorti quelques mois plus tard.
En attendant, avant que Resonantes ne troquent leurs guitares pour les claviers, il reste sur cet EP, le titre « Respueta », un des meilleurs, vraiment superbe, rêveur, où tout y est, ce chant si particulier, tout en espagnol, ces claviers, l’alternance entre l’épure et le mur du son qui va en gonflant, et ces guitares qui tissent des riffs absolument magiques, sachant parfaitement rebondir sur les lignes mélodiques pour les mettre en valeur.