Groupe de Baltimore dans la Maryland. Composé de Thomas Moore à la guitare et au chant, Sei Petersen à la guitare également, Laura Trusell à la basse et Chris Batworth. Deux albums sur Hat Factory, mythique label indépendant qui a soutenu à bout de bras les groupes de la ville (Big Heifer, Palentine, Spastic Cracker).
Shoegaze pour "regarder ses chaussures". Ce terme anglais fut employé pour désigner les groupes rock qui apparurent dans les années 80-90, menés par My Bloody Valentine ou Ride, et qui pratiquaient une musique remplie de saturations et de mélodies sucrées, à base de vocalises béates. Ce blog musical est entièrement dédié au mouvement shoegaze et comprend toutes les chroniques des productions cultes de cette période.
Affichage des articles dont le libellé est Plow. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Plow. Afficher tous les articles
2 décembre 2015
22 août 2015
Plow : Plow
PlowDate : 1993
Production : Tony French
Label : Hat Factory
Le premier album de ce groupe méconnu de Baltimore possède encore un petit côté lo-fi. Si les guitares saturées sont bien présentes, comme pouvait le faire Ride lors de ses premiers singles ("Broken Nose"), ou Sweet Jesus pour le côté harassant, on devine néanmoins l'influence de groupes comme Sebadoh ou Pavement. D'une part parce que les distorsions n'hésitent pas à sortir des sentiers battus, avec une petite tendance loufoque ou par dessus la jambe ("I'm on Mars"). D'autre part dans le chant. Celui de Thomas Moore, leader du groupe, est bien évidemment adoucie, n'hésitant pas à rallonger ses vocalises et ses voyelles, mais lorsque les paroles sont plus audibles, le ton est plus franc, presque s'il parlait, avant de s'autoriser des montées saugrenus dans les tons plus aigus, quitte à frôler le chant faux, comme un Stephen Malkmus (superbe "Chainsaw Glide" ou "My Sky").
Malgré tout les nappes de guitares sont omniprésentes. Et peuvent servir, en particulier lors des intros, à sortir des riffs venus du ciel, bien aidés par la basse de Laura ou par des guitares sèches. "Satellite" honora la nonchalance, tandis que "The Creeper" démarre presque comme un morceau traditionnel de rock-folk américain.
On obtient ainsi un mélange savoureux entre la négligence débraillée du lo-fi et le maniérisme obsessionnel du shoegaze. Avant de mieux maîtriser encore leur son sur leur deuxième album, Plow aura préparé le terrain à des groupes comme Lenola.
18 juin 2015
Plow : Ice Cream Flares and Rocket Sounds
Ice Cream Flares and Rocket Sounds de Plow
Date : 1996
Production : Tony French
Label : Hat Factory
Date : 1996
Production : Tony French
Label : Hat Factory
Ce groupe méconnu mais rodé au circuit indépendant (salle d’étudiants, bars et autres prestations dans des petites salles) est un excellent exemple pour connaître ce qui faisait tout le charme de ce mouvement américain qui porta sans doute mieux que personne, toute la contradiction à vouloir être sensible dans un monde de brutes. Plow récupère toutes les influences héritées de ses idoles (Ride en tête), prête une oreille attentive au mouvement emo (Sunny Day Real Estate par exemple), n’oublie pas le gros son alternatif (Foo Fighters ou The Posies), mélange le tout et livre alors cet album étonnant qui livre la traduction américaine d’un style avant tout anglais. Aucun raté ne figure sur cet album et c'est un miracle que d'entendre toutes ces mélodies sublimes portées par une batterie pressante, des guitares énormes et un rythme soutenu. Le chant hésite entre chant clair et voix adoucie par l'émotion, qui ici transpire de partout. Tout est décuplé au cent mille, Plow ne s'embarrasse de rien, surtout pas de l’intellectualisme qu’on a parfois reproché au shoegaze, il jette à tout va : intro délicieuse (« Fall »), riffs légèrement saturés qui ne s’arrêtent jamais, sauf pour quelques passages mid-tempo (« Streamlined Swingset »), rythmique fracassante (« Your eyes are drugs ») ou chant loin d’être androgyne ou lyrique mais d’une douceur incroyable et d’une texture savoureuse. Parfois les guitares sont d’une lourdeur étonnante et rappellent des groupes mythiques comme Nirvana ou les Smashing Pumpkins (la fin de « Meteor »)
L'urgence est particulièrement de mise, comme si on avait peur d'oublier ce qu'on avait à transmettre, comme si l’énergie brûlait le corps et qu'il fallait tout sortir pour éviter la consumation, sans pour autant oublier coûte que coûte un attrait stylistique pour les mélodies, qui flirtent souvent le haut vol (le crescendo d’ouverture « Rosebud » ou « Velveeta » et son riff coup de poing).
On est plongé directement dans le monde tourbillonnant des musiciens, tourbillon de romantisme, espoir, tendresse, mélancolie, le tout s'entrechoquant à grande vitesse. Tout est palpable, là, devant nous, en des titres percutants, parfois très longs mais d'une authenticité rare, incorruptible presque. Sans se rendre compte, on transite de moments calmes, chaloupées, à des instants plus explosifs. A l’instar de « Whale songs for frogs » qui représente une sacrée prouesse. L’émotion est à fleur de peau, notamment avec ces voix légères (on dirait Fudge), son rythme emo et ses guitares grunge, avant d’enchaîner sur une longue escapade à base de guitares saturées et de déluges mélodiques, puis de se terminer sur une retombée plus flegmatique mais plus gracieuse, que n’aurait pas renié Billy Corgan. Et l'on respire.
S'identifier à ces gamins, un peu insouciants, mais tellement volontaires, est évident, presque naturel, tant cette musique garde encore toute sa fougue, son charme et sa jeunesse.
Inscription à :
Articles (Atom)
