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13 juin 2011

Fiche artiste de The Sigh

The Sigh


The Sigh est un petit groupe français, inconnu et complètement oublié à l'heure actuelle, dont il n'existe aucunes autres informations sur Internet. Il faut se référer à la jaquette, de leur seul et unique EP, sorti en 1993, pour apprendre que le groupe vient de L'Isle-Jourdain, dans le Gers, qu'il a participé à la scène indé en France, avec notamment Roméo Suspect ou The Waning Poets, dont ils étaient proches, mais sans jamais réussir à sortir de l'ombre.

La formation rassemble Sylvie Fratus (chant), Jean-Luc Damiot (guitare et chant), Eric Lamézas (basse) et Renaud Gindre (batterie).

Leur EP, intitulé "Winsomeness" a été enregistré au studio Music Manne à Balma, ville située près de Toulouse, en août 1993. Il est la preuve que le shoegaze a existé en France à l'époque des années 1990 et qu'il coïncide avec la naissance du rock indé, des festivals et des salles de concerts. Et les chansons sont de belles surprises qu'il faut sauver de l'abandon !

Cependant, il ne faut pas chercher plus, c'est tout ce que l'on peut savoir d'eux...

The Sigh : Winsomeness EP


Winsomeness EP de The Sigh

Sortie : 1993
Produit par Jean Rigaud
Label : Jdle

Encore un EP inconnu signé d’un groupe inconnu (à ce point inconnu d’ailleurs qu’il n’existe quasiment plus aucune trace d’eux, même sur le net !).
Dans le shoegaze, c’est un cas banal, à plus forte raison lorsqu’il s’agit d’un groupe français, mais cela souligne terriblement le mépris accordé à ce genre. De ce fait, il est courant de croire que ce mouvement n’a jamais pris en France ! Pourtant, le rock indépendant était bien présent et ce petit bijou en atteste !
En effet, The Sigh n’est pas le premier nom qui vient à l’esprit lorsqu’on veut citer des références françaises, ce qui ne les a pas empêchés pourtant d’écrire quelques chansons (exclusivement chantées en anglais) qui dépassent allégrement celles que d’autres plus célèbres ont pu sortir au cours de toute leur carrière.
Une basse d’enfer, une batterie martelante, quelques guitares fantômes, puis un super riff magique et une voix (celle de Sylvie Fratus) d’une tendresse absolue, avec un léger accent. On est déjà happé par ce premier titre « Winsomeness » et on se dit : « non, ça ne peut pas être comme tout le temps ». Mais dès la lourdeur grunge et un riff génial à la Boo Radleys de « Slightly Different » , probablement un des meilleurs titres shoegaze jamais écrit, on succombe. Cet EP, bien court lorsqu’on y pense, vu la qualité, regorge de finesse. Les chansons n’en font jamais trop, se contentant de ternir avec des légères saturations, une pop enchanteresse et quelque peu désabusée. Mythique, «Slightly Different » finit par se couper, une petite guitare sèche s’installe puis c’est cette voix qui rentre, absolument ravissante et divine, et on se pâme devant cette chanteuse qu’on ne connait ni d’Eve, ni d’Adam, et dont on ne sait même pas si elle a bien pu exister. Le refrain, qui se contente en fait de n’être que des vocalises angéliques, des « aaaaaaaaaaaaaaaaah » éblouissant, élève la majesté du titre, malgré la pesanteur des instruments. La voix détachée à la Neil Hastead viendra se joindre à elles, pour conférer une autre saveur, plus triste, que d’ailleurs la conclusion à la guitare sèche, comme une ballade folk tragique, viendra confirmer.
Le groupe tranchait probablement trop avec le rock français, de part ses références trop prononcées avec ce qu’il se passait Outre-Manche (on pense à Blind Mr Jones, Ride, Pale Saints ou The Charlottes), comme par exemple avec «A garden in your eyes » , dont l’intro frétille, au tempo très langoureux, aux arpèges célestes, ce ton lyrique et emprunté, avant une prise de contrôle du chant par et une accélération qui ressemble à un emballement soudain.
Ceci explique sans doute pourquoi ce groupe n’a pas marché, pas plus d’ailleurs que ses comparses qui s’adonnaient dans le même style : l’égocentrisme français n’a pas permis d’avoir l’esprit suffisament ouvert aux découvertes. Pourtant le style de The Sigh demeure simple, accessible et sans fausse note. Par exemple, avec « Skygazer » (qui ressemble presque à un hommage au genre plus qu’à une chanson personnelle), on va retrouver toute une contenance, dans le chant comme dans les saturations, avant de s’échapper le temps d’une escapade sertie de guitare sèche et d’un riff majestueux et rêveur.
Avec de l’économie et beaucoup de modestie, The Sigh arrive malgré tout à toucher à la magie.