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18 avril 2011

Fiche artiste de Mock

Mock

A en croire la pochette de leur unique single (d'ailleurs uniquement en vinyle), on pourrait croire à un énième groupe de psyché garage. 
Pourtant il s'agit d'un groupe shoegaze à 100%, originaire de Southampton. Le groupe, composé de Justin Gallaway (guitare, voix), Sophie Dobell (voix, guitare, clavier), Dave Ewins (basse), Phil Nockless (batterie), ne saura d'ailleurs pas choisir entre les deux facettes du shoegaze, la furie de Isn’t anything de My Bloody Valentine ou la féérie de Just for a day de Slowdive. 
Et comme ils seront arrivés bien trop tard, sans même appartenir à la fameuse Thames Valley, ils s'en tiendront là. Ce qui est déjà pas mal.

Mock : Skyryder EP

Skyryder EP de Mock

Date : 1994
Pays : Angleterre
Label : BiteBack !

Cet EP est composé d’une structure tout en contraste : les furieux « Poppy » et « Vertigo Melt » sont un miroir aux « Diving » et « Skyryder » qui tutoient les douceurs évanescentes. Avec pour dénominateur commun, cette tendance à vouloir s’évader.
Possédant une allure de branleur, le premier titre « Poppy » balance sec, fait du rentre dedans, avec son rythme haché, ses riffs qui crissent et son chant de doux morveux, aux paroles inintelligibles. Ça sent les pubs, la bière bon marché et les cheveux dans les yeux, avec des badges de My Bloody Valentine épinglés sur la poitrine. Et ce n’est pas le purgatif « Vertigo Melt » qui viendra contredire cette impression. Maintenant une pression constante, speedé, oubliant de régler les amplis sur « son clair », dispensant des aveux d’allumés, cette chanson remplit parfaitement son rôle de trip électrique et saturé.
Les autres morceaux sont au contraire moins provocateurs et plus rêveurs. Le chant, conjuguant la voix de Justin et Sophie, prendra d’ailleurs plus de distance, se cachant derrière le mur de saturations et se faisant plus doux et léger, mais toujours aussi défoncé. « Down and around » sera basé sur une basse magique, quant au divin et rêveur « Skyryder », point culminant du single, il tempère le tempo pour une démonstration sublime de grâce à base de clavier, d’orgue et de guitares, qui évoque du Pink Floyd noyés sous les distorsions. Hormis cela, le chant reste imperturbablement doux. Un univers chimérique se construit.
On n’ose d’ailleurs à peine imaginer ce que ça devait donner en concert…