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6 avril 2011

Fiche artiste de KG


KG

Rémy Bux, le guitariste terroriste du son, aura tant fait pour l'indie rock en France. Signataire, avec son groupe, ou pas vraiment car plus ou moins en solo vers la fin, de plusieurs singles introuvables aujourd'hui, éparpillés sur divers catalogues (Lo-Fi Recording, Clairecords, Orgasm, tous dévolu au shoegaze façon do-it-yourself), ce touche-à-tout et grand recycleur aura exploré et ouvert pour les autres de nombreuses voies expérimentales.
Abonné lors de ses débuts à la densité sonique à l'instar de My Bloody Valentine, le style du groupe fera un crochet par l'electro-punk avant de revenir à des sonorités absconces mais proche de la cold-wave. Une chose est sûre, c'est que cet homme a tout fait (mais alors vraiment tout) pour qu'on ne parle surtout pas de lui ! Ses guitares grésillent à en exploser les tympans, les structures mélodiques n'existent pas et le numérique a peu à peu remplacé tous les musiciens. Malgré tout, son influence est très grande, ne serait-ce qu'à Strasbourg, sa ville d'origine, où il a contribué, avec notamment Sébastien Borgo, à monter le groupe bruitiste SunPlexus2 et à fonder la Shot Gun Gallery (ou SGG pour les intimes), lieu d'expositions et de concerts contestataires et dérangeant.

KG : Candy loves me so EP


Candy loves me so EP de KG

Sortie : 1993
Produit par Rémy Bux
Label : Lo-Fi Recording


Le plaisir est simple, enfantin, limite régressif : casser et détruire tout ce qui brille. Rémy Bux, l'homme derrière le nom obscur de KG, va proposer de très courtes chansons, toutes adorables, toutes mignonnes, toutes gorgées de sucres glace, si elles n'étaient pas massacrés par d'insupportables distorsions électriques. On décelèle même beaucoup d'innocence sur une chanson comme le jubilatoire "Loves me forever", avec ses guitares sèches et son ambiance twee, mais qui devra céder face aux aggressions répétées des saturations.
On devine le goût du bonhomme pour l'expérimentation et un esprit aussi tordu et vicelard ne peut conduire qu'à prendre sans cesse le contre-pied. Sur son premier EP, Rémy Bux montre tout son amour pour My Bloody Valentine, dont il reprend tous les codes. Sur le titre éponyme, "Candy loves me so", on retrouve certes les distorsions qui font mal aux oreilles (mais vraiment mal) comme tout autant ces voix géniales, alternance entre le chant masculin désabusé et le chant féminin angélique. C'est très court à chaque mais c'est très bon. On sent une urgence et une spontanéité qu'on retrouve dans peu de groupes finalement. Aussi bien dans les guitares qui ne ménagent pas et ne sont pas là pour arrondir les angles, que dans le ton, au service d'une mélodie précose, éjaculatoirement parlant.
L'alliance entre la sucrerie et le piquant est un régal. Il ne faut d'ailleurs pas se fier au titre "You my sweet wounded bird" car c'est en réalité un vrai massacre en règle des hymnes pop. On reconnait, stupéfait, un rythme preque indus et des grésillements à casser les oreilles, avant de stopper brutalement et laisser place à une pause stratosphérique, puis de reprendre de plus belle ! Il n'y aura malheureusement pas de poursuites dans le même style, poussant l'exploration encore plus loin et surtout du côté de l'électro, et ce premier EP devra donc se contenter d'un statut de curiosité dans le monde de l'indé français.

27 mars 2010

KG : 987 EP

987 EP de KG

Sortie : 1996
Produit par Rémy Bux
Label : Lo-Fi Recording

Rémy Bux est toujours aussi fan de Kevin Shields. Sur son deuxième single, le bidouilleur français va cette fois-ci changer un peu la texture de ses guitares, toujours aussi grésillantes, mais également décapantes, comme pouvaient le faire celle de Isn't anything. Que ce soit avec "Friendly Lovely Friends", son chant atone, ses distorsions plaignantes, l'intervention discrète de Stéphanie Gaillard, ou avec "Cherry Love Comb" et ses effets vibrato, sa batterie dans le rouge et ses voix mixées, on devine toute l'admiration que l'homme porte à My Bloody Valentine.
Mais on le sait, le bougre peut parfois n'en faire qu'à sa tête et se lancer dans l'expérimental. D'ailleurs les morceaux n'excèdent rarement les deux minutes comme si aussitôt qu'il s'était lancé dans une idée, il s'en défaisait, vite ennuyé, pour s'amuser avec autre chose. Cela peut être du pur noise (le brutal et bourrin "Stuka" où il va même aller jusqu'à hurler sous les distorsions) ou des instrumentaux étranges, entre musique d'ascenseur ou de supermarché à l'époque des années 60 ("The Thirteenth Thirteen") et passage cotonneux façon 4AD ("Farewell my love").