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26 juin 2011

Fiche artiste de Los Planetas


Los Planetas
Groupe originaire de Grenade, essentiel à la scène indépendante espagnole, mené par le charismatique Juan Rodriguez.
Révélée avec le EP Medusa, la formation fait partie de la nouvelle éclosion alternative du célèbre label Elefant Records. Dans un style très noisy, Juan Rodríguez et Florent Muñoz (qui s’étaient rencontrés à la fac) se rapprochent donc d’autres groupes du même label, comme Penelope Trip, Bach is Dead, Le Mans, El Regalo de Silvia, Usura. La scène indie espagnole commence à naître, ce qui se traduit par des influences anglo-saxonnes, allant de Pavement à Sonic Youth, en passant par My Bloody Valentine. Elle deviendra passionnante et regorgera de groupes tous plus passionnant les uns que les autres, dont Los Planetas, qui se placera en tête de file, à grand coup de démos et de concerts.
C’est donc en pleine effervescence que Los Planetas deviendra le premier groupe à signer sur une major. Son premier album en 1994 reste ancré dans la tradition shoegaze, malgré des mélodies plus évidentes, et s’octroie de très bonnes critiques, faisant de Los Planetas un groupe important dans son pays. Son tube « Que puedo hacer ? » passera en boucle sur Radio 3 qui aura beaucoup fait pour promouvoir la scène.
Par la suite, et au cours d’innombrables albums, le son sera davantage coulant et facile d’accès, avant que le style n’inclue d’autres influences comme la power pop ou le flamenco.

24 juin 2011

Los Planetas : Super 8


Super 8 de Los Planetas

Indispensable !

Sortie : 1994
Produit par Fino Oyonarte
Label : RCA - BMG


La pop doit rester simple. Et Los Planetas démontre que l’on peut faire de la pop simplement mais posséder aussi une immense crédibilité. Présenté comme énergique mais comme intensément romantique également, le groupe espagnol prône l’insouciance, l’amour de la musique et l’authenticité.
Ce premier opus déborde de titres accrocheurs, aux superbes riffs vibrant, saturés et excellents, aux mélodies qui rentrent vite dans la tête pour ne plus en sortir et aux harmonies vocales légères et à l’accent latin savoureux. Le retour au basique apporte beaucoup de fraîcheur, de l’énergie et de la tendresse. Pas moins de dix chansons pour dix tubes en puissance.
C’est de la pop sans prétention, toutes guitares dehors, d’ailleurs tellement saturées que ça en vrille les oreilles, mais que c’est bon ! C’est du shoegaze doux, sucré, simple, accessible et absolument pas renfermé sur lui-même, bien au contraire. Comment pouvoir se lasser de titres aussi naturellement renversant que « De Viaje » ? Tantôt power-pop comme sur « Qué puedo hacer ? » ou « Jesús » (quel refrain ! quelle énergie !), tantôt romantique comme sur « Rey Sombra », Los Planetas n’oublie jamais d’aller à l’essentiel et de se débarrasser de tout superflu pour ne retenir qu’un son rond, chatoyant et réconfortant. C’est à ne pas comprendre pourquoi l’aura de ce groupe n’a pas dépassé son pays. Leur musique possède tout pour plaire au plus grand nombre. Et c’est l’exemple type de musique vive et fédératrice, mélodieuse et facile, qu’on en revient à regretter d’autant plus les diffusions insipides et commerciales des radios.
Dommage qu’un tel album n’ait pas le droit à plus d’égard, d’autant qu’il possède comme il se doit de magnifiques ballades shoegaze, « 10.000 » ou « Estos últimio días », langoureuses, graciles, remplies de nappes de voix douces sur plusieurs niveaux, avec un fond saturé et grondant. Le style de Los Planetas est innocent, pur et renversant. Les textes en espagnol semblent convenir parfaitement au style aérien du shoegaze. Il ne faut pas gâcher son plaisir avec quelque chose d’aussi énergique et entraînant. Les guitares se déchainent dans les distorsions et il serait dommage de passer à côté ! Surtout sur des chansons comme « La caja del diablo », une vraie montée en puissance, qui démarre avec des voix noyées sous les guitares et un mid-tempo, avant de se terminer de manière jouissive sur une décharge électrique.
A l’écoute, on ressort de là persuadé qu’il n’y a rien de plus beau que la musique, et que, à elle seule, elle peut tout surmonter et tout dépasser.