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7 juillet 2011

Fiche artiste de Snapper


Snapper

La scène indie de Nouvelle-Zélande, qui a prévalu dans les années 80-90, est en réalité une grande famille : l'exemple qu'en réalité un mouvement musical se révèle l'occasion pour tous ces musiciens d'échanger, de se prêter main forte et de lancer divers projets avec les uns et les autres, en fonction des affinités.
Parmi les nombreuses figures qui ont fait la légende du label Flying Nun (qui hébergeait tous ces groupes), on ne peut oublier Peter Gutteridge. Tout d'abord parce qu'il a été un des premiers membres de The Clean, en tant que bassiste, avec les frères Hamish et David Kilgour, qu'il avait connu au lycée, puis qu'il les a aidé à monter leur nouveau groupe, The Great Unwashed. Ensuite parce qu'il a aussi été invité à jouer avec The Chills, autre formation tutélaire.
Avec Snapper, il revisite le shoegaze, le No-Wave et le kautrock pour des attaques soniques qui ne passèrent pas inaperçues, surtout avec leur premier EP en 1989, qui contient le titre "Buddy" (petit hymne dans le microcosme du monde indie).
C'est sur les cendres de son groupe Phromes qu'il monte Snapper et c'est donc logique qu'on y retrouve aussi Christine Voice pour l'orgue, Alan Haig pour la batterie et Dominic Stones pour la guitare. Sous cette line-up, deux albums sortiront, d'abord en vinyle sur Avalanche Records (qui n'avait guère les moyens de permettre un autre support) puis réédités grâce à Flying Nun. Vers la fin, le groupe ressemble plus à un projet solo de Peter Gutteridge et les autres font alors figure d'invités.

28 juin 2011

Snapper : Shotgun Blossom


Shotgun Blossom de Snapper
Sortie : 1990
Produit par Brent McLachlan
Label : Avalanche Records

Fiers, déterminés et un peu provocateurs, les gars de Snapper taillent dans le vif et ne passent pas par quatre chemins : pirouettes électriques, saturations à tous les étages, répétitions de riffs jusqu'à hypnose complète, martèlement musical à la batterie ou au clavier, ambiance envoûtante, le tout pour un déluge sonore et instrumental à donner le tournis (« Pop your top », « I don’t know »). 
Pourtant bien campés sur leur position, les quatre têtes brûlées font vriller les esprits et font décoller l’auditeur avec un son qui dérape vite, tourbillonne parfois et vire à l’acharnement noisy, avec une certaine teinte de krautrock. Impossible de décrocher tant on est sous le charme. Ce sont pourtant les mêmes accords qui se répètent, qui se répètent, qui se répètent, mais le pouvoir d'attraction est aussi infaillible qu'un aimant (« What I you’re thinking »). Le psychédélisme se dote d’une teinte indus assez déconcertante. Mais les voix, étonnamment, restent toujours douces. Lorsque le tempo ralenti, on devine clairement ce goût pour le psychédélisme sensuel et subversif (« Snapper and the ocean » ou le tout doux « Dead Pictures »).
Le son est extrêmement saturé, mais par-dessus ces nappes hypnotiques, se dresse une ambiance de transe, moderne, numérique et diablement punk. Et c'est vrai que Peter Gutteridge et ses comparses se positionnent en dignes assaillants, avec leurs boucles de guitares et leurs claviers cheap, leurs chants détachés qu’on entend à peine sous ce déluge étourdissant. L’orgue est omniprésente, s’ajoutant à l’effet aliénant des boucles grésillant (« Eyes that shine » ou « Emmanuelle »).

Une succession de déflagration en règle, supersonique, très court et sans détour, électrique et tendu, martial presque, le tout avec nonchalance et détachement. Ça ressemble à un mélange improbable de My Bloody Valentine, Jesus and Mary Chain, Loop et Neu !.