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11 février 2012

Fiche artiste de That Uncertain Feeling

That Uncertain Feeling


Qui connait le label Dead Dead Good, dirigé par la manager des Charlatans ? Et qui connait un de leurs groupes, les mancuniens That Uncertain Feeling ?
Pourtant là depuis le début de l’ère shoegaze avec des singles très accrocheurs et aux pochettes sublimes (« Sunriser » fut classé « single of the week » par le NME), le groupe du guitariste Mark Lee a eu le malheur de sortir son album longtemps après. Proposant une musique piochant à droite à gauche parmi l’indie pop, le shoegaze ou le baggy, le groupe est apparu vite démodé par rapport à une production nouvelle. Cela leur a été fatal.
That Uncertain Feeling avait pourtant sorti une série de singles très prometteurs, avec des titres rapides, enjoués et légèrement influencé par le courant Madchester (Ah ! « On the edge » ! Inoubliable !), mais l’espoir placé en eux ne sera pas confirmé par leur album, arrivé trop tard et un peu irrégulier.

That Uncertain Feeling : Sunriser EP


Sunriser EP de That Uncertain Feeling

Sortie : 1991
Produit par Ed Buller
Label : Dead Dead Good

Ce jeune groupe mancunien a sorti ses premiers singles lors de la première vague du shoegaze, mais il n’a pas su en bénéficier par la suite. C’est bien dommage car ils avaient tout pour eux ! Ils sont malheureusement très nombreux dans ce mouvement à avoir eu le même destin.
Avec Sunriser, tout va vite, très vite. Le rythme est surmultiplié. Il subsiste pourtant une sorte de magie incroyable : cette espèce de frénésie dans les guitares s’allie parfaitement avec le ton glacé qui évoque New Order parfois (« Sunrise »). Il n’y a aucun temps morts et les instruments forment alors un tout, un vrai mur du son dévastateur. On sent l’ivresse nous gagner. D’ailleurs That Uncertain Feeling l’a bien compris puisque le groupe joue sur cet enivrement. Les guitares s’additionnent sans retenue pour sonner comme dans un tourbillon. Appuyée par une basse qu’on distingue à peine mais qui joue un rôle fondamental dans le maintien de la cohérence, malgré les déferlantes saturées qui arrivent successivement sans s’arrêter une seule seconde, le rythme sonne et donne le tournis.
« A dream of dolphins » est un tel déferlement qu’on en est presque perdu : secoué dans tous les sens, on se laisse porter par ce chant orgueilleux, élevé, crâneur et qui finit par s’évader dans des « aaaaaaaaaaaaah » mielleux et halluciné. Et ce tempo est si élevé qu’on a l’impression que même les musiciens sont dépassés. La voix douce et soufflée sur « Cody Calling » indique que le vertige est surpuissant : on n’a rarement joué un morceau shoegaze aussi vite. Une magie est invoquée, celle des boites de nuit et des parties sans fin.
Parmi les singles sortis à cette époque et qui ont lancé l’histoire du shoegaze en Angleterre, nul doute que « Sunrise » peut être considéré comme une référence.

10 février 2012

That Uncertain Feeling : On the edge EP


On the edge EP par That Uncertain Feeling

Sortie : 1992
Produit par Ed Buller
Label : Dead Dead Good

« A higher land » et « Violent Eye » reprennent les choses là où on les avait laissées : mode turbo, surcharge de guitares, distorsions en forme de sirène hurlante, batterie fracassée. « A higher land » en serait presque méchant. Mais sous ce mur du son, se dévoile un chant qui admet ses faiblesses, se fait doux et cajoleur, et cède souvent la place aux échanges de guitares pour ne jamais s’imposer. Un titre qui devient alors fabuleux, hors de portée, presque en apnée. Les saturations de « Violent Eyes » laissent malgré tout la place à des lignes de guitares tordues, hautement mélodiques, un vrai régal à suivre au-delà de ce rythme ébouriffant. Il faut bien que jeunesse se passe !
Un peu à part de ce qu’à fait le groupe jusqu’à présent, « On the edge » est un hommage appuyé aux groupes baggy, The Stone Roses et The Charlatans en tête (leur label d’ailleurs est le même que celui de Tim Burgess). C’est là qu’on sent que le groupe vient de Manchester : boite à rythme à gogo, clavier absolument kitch, guitares psychédéliques qui tracent de grandes gerbes, couches multiples de guitares. Et pourtant ce titre est absolument magique ! Probablement, le meilleur que le groupe ait jamais écrit !
On y retrouve une poésie incomparable, avec ces chants angéliques, naïfs et ouatés à souhait, qui se pavanent au milieu de cette surcharge d’instruments. Une envolée lyrique et psychédélique sous la forme d’une secousse artificielle digne des boites de nuits du Manchester de la grande époque. Le rythme est ébouriffant, ne faiblit jamais, et les parties de guitares sont tout simplement merveilleuses, complexes, hypnotiques et surpuissantes. Ce morceau shoegaze se transforme tout simplement en hymne pour toute une génération, amoureux de vitesse, de mur du son énorme, de cajoleries. Tant pis si le son a vieilli, il reste les paillettes…