Trio composé de Hideka Matsuno (à la basse et parfois au chant), Moriya Kamijyo (guitare et chant principal) et de son frère, Kinya (batterie). Avec très peu de moyens, ils ont pourtant importé au Pays du Soleil Levant, un tourbillon de guitares jamais vus auparavant. Le temps d'un mini-album et de deux singles, "Drive" et "Screw" en 1992, avant que le groupe ne se sépare, Hideka Matsuno décidant de fonder Ruby Ruby Star.
Shoegaze pour "regarder ses chaussures". Ce terme anglais fut employé pour désigner les groupes rock qui apparurent dans les années 80-90, menés par My Bloody Valentine ou Ride, et qui pratiquaient une musique remplie de saturations et de mélodies sucrées, à base de vocalises béates. Ce blog musical est entièrement dédié au mouvement shoegaze et comprend toutes les chroniques des productions cultes de cette période.
Affichage des articles dont le libellé est Loco-Holidays. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Loco-Holidays. Afficher tous les articles
20 juin 2016
Loco-Holidays : Engine Flower
Engine FlowerSortie : 1991
Produit par Hideroni Ataka
Label : Confusion
Et si une des meilleurs reprises du Velvet Underground nous venait du Japon ? Qui aurait cru qu'avec le très saturé "Femme Fatale", cet obscur groupe allait nous offrir cet hommage ? Pour entendre cette curiosité, il faut auparavant mettre la main sur cet album, aussi demandé qu'il est rare.
C'est un maxi en forme de premier jet, une tentative brouillonne, histoire de voir la suite, mais ça en restera là, les membres du groupe s'en allant pour d'autres aventures. On pourrait se sentir frustré de si peu de titres.
Mais au final, tout est dit. Saturations, rythme enlevé, guitares sèches par moment ("Desert me"), chant légèrement en retrait et peu concerné, fanfaronnade instrumentale, on s'amuse beaucoup ici et on se délecte ("Silly Smile"). Et derrière cette apparente bonne humeur, le détachement n'est jamais loin de se faire sentir, avec des chants langoureux, des nappes de guitares, et des coupures transcendantales, de chérubins venus du ciel, comme avec ces échos sur "Bloody Minded Hill".
Le chant de la délicieuse Hideka Matsuno apporte une couleur bien chaleureuse aux chansons, comme sur "Strawberry", tout couvert de rose, de jaune flashy, d'orange mélancolique et de vert insouciant. Elle s'envole dans de tels aigus !
Ce qu'on aime dans le shoegaze japonais, c'est cette réappropriation, faisant d'un style anglais, le leur, comme s'ils l'avaient inventé et que ça avait toujours existé chez eux, étant donné que ça leur colle à la peau. Il y a une langueur dans le chant, même dans le jeu de l'excellent "Two Gloomy Suns", qui dépeint parfaitement les errements d'une nouvelle jeunesse, désabusée vis-à-vis de la génération précédente, et aspirant à des exaltations beaucoup plus artificielles, pour ne pas dire narcotiques.
Inscription à :
Articles (Atom)
