La carrière de ce groupe culte est aussi étrange que prolifique, du moins, durant leur bref temps d’existence. Au début, il s’agissait d’une idée de Rob Mayes, patron du label Failsafe, qui souhaitait réunir des musiciens de studios en fonction de ses besoins et de ses chansons. Il a donc fait appel à ses amis Steve Birss (à la batterie) avec qui il avait joué au sein du groupe Dolphin dans les années 80, et Jeremy Taylor (à la guitare et au chant), lui aussi ancien proche de Birss lorsqu’il était au sein de Elevation. Les trois hommes s’accordent à dire qu’ils aiment les groupes anglais et les saturations. Très vite, les chansons de Mayes passent à la moulinette des deux autres et une alchimie se fait jour. Au lieu d’une association intéressée, on passe à un vrai groupe, qui n’hésite pas à faire des concerts ou tourner des clips vidéo (à l’esthétique absolument remarquable). Hélas, du fait des autres projets de Birss, ce dernier ne peut assurer les tournées et le groupe doit faire appel à de nombreux autres batteurs de remplacements, dont l’un devra abandonner pour burn-out et terminera à l’hôpital psychiatrique. Les derniers concerts à deux membres seulement sont difficiles et accentuent les tensions entre eux, ils ne se parlent même plus, jusqu’à ce jour fatidique où Jeremy Taylor ne se présente pas à un show. Rob Mayes décide alors de prendre les choses en main, de récupérer tout son matériel, de retourner en studio et de faire les fonds de tiroirs pour rassembler tous les singles plus quelques inédits en un ultime album.
Shoegaze pour "regarder ses chaussures". Ce terme anglais fut employé pour désigner les groupes rock qui apparurent dans les années 80-90, menés par My Bloody Valentine ou Ride, et qui pratiquaient une musique remplie de saturations et de mélodies sucrées, à base de vocalises béates. Ce blog musical est entièrement dédié au mouvement shoegaze et comprend toutes les chroniques des productions cultes de cette période.
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8 avril 2015
29 janvier 2015
Throw : Rememory
Rememory de Throw
Date : 1995
Production : Rob Mayes
Label : Failsafe Records
Date : 1995
Production : Rob Mayes
Label : Failsafe Records
Cet album aurait pu tout simplement ne jamais paraître et pourtant il s’agit probablement d’un des plus beaux de ce label minuscule. Preuve que la Nouvelle-Zélande possédait une scène indépendante fertile.
Car au moment de son enregistrement, le groupe n’existait déjà plus ! En effet, seul Rob Mayes, le fondateur, est resté aux manettes de son propre studio et a récupéré les cassettes précédentes et les chutes pour monter un album complet au mixage !
Et sur celui-ci, on tombe sur de véritables tubes, aux mélodies faciles et très romantiques. Ce qui caractérise le groupe, c’est son émotion à fleur de peau (on dirait de l’émo parfois, comme sur « Nowhere Near »), marqué par des arpèges magnifiques (les riffs byrdiens de « Wishes from the heart »), des déferlantes de saturations (le rapide « All different things »), une basse à se damner (derrière les guitares sèches et le mur du son enivrant de « Honeyblonde ») et une voix douce et sensible (toutes les chansons). On dirait entendre Revolver ou Straitjacket Fits. C’est époustouflant de constater à quel point toutes ces chansons sont emballantes et à quel point peu de gens les connaissent. Et forcément le groupe est expert en slow qui tue, celui pour emballer et celui pour rêver, comme sur le sensuel « Falling inside me », avec la divine Rebekah Davies au chant.
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