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9 novembre 2008

Fiche artiste de Closedown


Closedown

C'est sans doute parce qu'il fut signé sur le label Silent, spécialisé dans l'ambient, que le groupe californien Closedown passa inaperçu, considéré comme un participant de plus à la vague electro.
Pourtant, clairement inspiré de Slowdive ou de Curve (dont une des chansons inspira le nom du groupe), la formation menée depuis le début des années 90 par Jerry Battle (voix et guitare) sera une des premières à utiliser les samples, les claviers et les guitares saturées comme des supports pour une musique relaxante, zen et presque proche du new age. La section rythmique sera elle assurée par le bassiste Fernando Benitez et le batteur James Moran, et Ceasar Betancourt sera crédité de certains traitements numériques, qui consisteront en réalité à reprendre et mixer des samples préparés par Jerry Battle.
A partir de 1993 et jusqu'à 1995, date de la séparation du groupe, Scott McDonald viendra apporter de l'aide, en ajoutant ses parties de guitare. On le retrouvera plus tard lorsqu'il quittera la Californie pour l'Arizona au sein de Alison's Halo, puis en compagnie de Brad Laner (ex-leader de Medicine) au sein de Amnesia à son retour. Personnage important et incontournable dans le paysage shoegaze américain, il fait aujourd'hui parti des Meeting Places.
"Nearfield" sera le seul album de Closedown, et malgré une chanson sur la compilation culte "Splashed with many checks", la formation finira bien vite par arrêter toute activité.

Closedown : Nearfield



Nearfield de Closedown

Sortie : 1994
Produit par Kim Cascone
Label : Silent

Le premier et le seul album de Closedown est tout en sourdine, un brin monotone, mais se prête à l’hypnose pour peu qu’on plonge dans ce climat, mélange flou entre le shoegaze et l’ambient.
Sans pic, ni heurt, la musique enfantée par Jerry Battle n’est qu’une succession de passages vaporeux, déliquescents, ténus, voire même miroitant. On ne peut rien retenir de tangible, de concret, à quoi se raccrocher. Mirages instrumentaux fait d’illusions de guitares, de claviers clapotant et de vapeurs d’eau de voix condensée, les chansons de Nearfield ne font que passer, et n’arrivent pas à s’inscrire. Il n’y là d’espace que pour la fluidité, la profondeur d’une basse (« Mouth »), l’étendue de guitares glacées (« Bumblebee ») ou la tristesse doucement déclamée par une voix qui, elle-même s’efface devant son propre souffle (« Sunangel Summer »).
Extrêmement relaxant et apaisant, ces successions de plages sonores, graciles mais profondes, allègent les pressions et laissent l’esprit sortir de ses étaux étriqués. Ses morceaux d’ambient ressemblent à de l’éther, des remous d’ondes ou des nappes de fluides inconnus mais ondulant. D’origine synthétique, essentiellement à base de samples de guitares et d’un rythmique souple, ils prennent pourtant une apparence organique presque troublante. Les échos de claviers évoquent de l’eau, les répétitions de guitares féeriques, des remous. Les saturations qui parfois les recouvrent, font penser à des caresses sylphidiennes, tout juste appuyées par les bruissements de la boite à rythme lorsque celle-ci est présente. Dérivant au sein de cet univers feutré, évoquant Slowdive ou Seefeel, on croirait entendre des enregistrements d’oiseaux (« Red Oval ») ou des rivières qui coulent (« Aquila »).
Et à la limite, l’élément le moins organique de l’album, serait peut-être la voix. Le chant est tellement doux et ouaté que l’on croirait entendre des souffles de chérubins venus du ciel.