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23 janvier 2012

Fiche artiste de Popsicle


Popsicle

Bien qu'ayant été fondateur de la scène indie suédoise avec d'autres groupes comme The Drowners, The Wannadies, This Perfect Day ou Brainpool, ce quartet originaire de Piteå n'aura finalement connu le succès que bien plus tard, avec leur tube "Not Forever", un superbe titre power-pop, arrivé en 1996 mais qui n'a rien à envier aux maitres du genre anglo-saxons.
A leur début, le groupe était tout autant influencé par Sugar, Teenage Fanclub, que par My Bloody Valentine ou Ride. Il allait alors contribuer au riche catalogue de West Side Fabrication (label culte faut-il le préciser) avec une cassette en 1992 avant de signer pour Telegram Records, une filiale suédoise d'une major. Avec eux, plus d'ouvertures vers le côté power-pop, une pléiade de singles et quelques albums très réussis. Seulement le groupe fut surtout connu pour les déclarations chocs de son leader, Fredrick Norberg, n'hésitant pas à souhaiter en interview "que les membres de Arvingana se plantent dans un accident de car", humour que les intéressés aprécieront...
C'est lui qui écrivait également les chansons, avec l'aide de Andreas Mattson, et tout deux se partageaient également les parties de chant. A la basse, on avait Kenneth Wilkstrom et à la batterie, PA Wikander. Alors forcément, lorsque Fredrick se décidera à partir en 1999, c'est tout simplement le groupe qui prenait fin.

Popsicle : Lacquer


Lacquer de Popsicle
Coup de coeur ! 

Sortie : 1992
Produit par Adam Kviman et Micke Herrström
Label : Telegram Records
Chainon manquant entre le shoegaze de Ride et la power-pop de Teenage Fanclub, ce groupe suédois n’a pas connu le même rayonnement. Pourtant toute la décennie 90’S est contenue dans cet album. Dépositaire du son si particulier de cette époque, à la fois insouciant et bruyant, Popsicle va résumer les aspirations de toute une génération, avec une facilité déconcertante.
Car c’est probablement cela qui sidère le plus : Popsicle est une machine à pop-song irrésistibles ! Tout coule de source, tout semble évident, tout rayonne. Le plaisir est toujours intact même en multipliant les écoutes. On a beau dépasser un nombre raisonnable, qu’il est bon de se laisser entrainer par ces guitares cradingues qui partent dans tous les sens, par ces mélodies chatoyantes et vives, ces voix à côté de la plaque d’une douceur mièvre, limite crâneuse.
« Hey Princess » ne laisse pas le choix à l’auditeur, obligé à adhérer : après une intro frondeuse, à la mélodie prenante, une fois qu’on est pris et qu’on sent qu’on ne décrochera plus, Popsicle lance des guitares sèches, des harmonies vocales magiques, et un sens de refrain qui s’est perdu à l’heure actuelle du réchauffé et du mainstream.
C'est frais, lumineux, joyeux. On pourra prétexter bien sûr que tout ceci est anti-punk, Lacquer allie pourtant à merveille les guitares noisy et les mélodies miraculeuses de simplicité, pour un pur régal pop. Force est de reconnaitre que le charme est bien présent. Les mélodies sont ébouriffantes, vite prenantes, surtout lorsque les morceaux sont lancés à la vitesse de l’éclair. C’en est presque désarmant. Mais tellement addictif ! Sous la main-mise des guitares, qui alternent arpèges et tempêtes indomptables, le quartet écossais enchaîne les titres superbes, à faire rougir les songwriters. On retrouvera partout un sens de l’accroche, avec guitares sèches, guitares claires et chants savoureux, simplistes, benêts, complété d’une liberté totale dans l’utilisation du mur du son et des saturations. Du génial "Popcorn" à "A song called liberty" en passant par "How come we" (et ses chœurs féminins de toute beauté), on se laisse entraîner par ce ton léger et vibrant. Les harmonies vocales sont magnifiques et transforment le ton nerveux présidé par les guitares en ambiance délicieusement sucrée. Emmitouflé dans un gros son déployé, le groupe suédois exhibe sans retenue un goût certains pour les trésors mélodiques.
Comment ne pas citer « Pale Honey », sorte d’hymne générationnel à reprendre en chœur, d’une suavité trompeuse et adorable, noyée sous un flot ininterrompu de guitares et des beats surmultipliés ? Comment passer à côté de « Bird », magnifique ballade romantique et pleine d’entrain, aux paroles amoureuses et naïves, mais si vraies qu’elles résonnent encore en écho ? Comment négliger un titre comme « Slow », complexe, noir et qui s’illumine progressivement à mesure que le mur du son s’impose ?
Tous concourent à faire de cet album un vrai trésor caché du rock indépendant suédois, et du shoegaze en général. On ne sait plus en faire des comme ça. C’est triste mais c’est ainsi : il y avait à l’époque une telle insouciance, une telle permissivité, une telle volonté de positiver. Mais c’est grâce à ces jeunes garçons qui n’avaient pas peur de passer pour niais qu’on a eu le droit à quelques unes des plus belles parties de guitares qui nous aient été donné d’entendre
!