Affichage des articles dont le libellé est Revolver. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Revolver. Afficher tous les articles

1 février 2008

Fiche artiste de Revolver


Revolver


Le groupe présenté autour du songwriter Matt Flint (voix, guitare et clavier), local de la province de Winchester en Angleterre, se consolide par les arrivées en 1990 du batteur Nick Dewey et du bassiste Hamish Brown. C'est sous forme d'un trio qui avait tout pour lui que Revolver prendra d'assaut les charts avec un grand nombre de singles, comme le célèbre "Venice" ou "Heaven Set an Angel", mais cela ne suffira pas à empêcher les aspirations de Matt Flint à vouloir radicaliser sa musique. Le groupe se sépare aussitôt après et ne fait plus rien pendant près d'un an.

A la surprise générale, Cold Water Flat, sort en 1993 sur un sous-label de Hut. Preuve d'un évolution fulgurante, ce premier opus sera l'occasion de voir s'investir un grand nombre de musiciens invités à pratiquer de la flûte, du violon, des percussions ou même du digeridoo ! Semant la confusion l'album ne sera pas un franc succès. Immédiatement après, le trio se sépare à nouveau.

Peu après, Matt Flint jouera dans Hot Rod et sortira un album, en 1993, toujours sur le label Caroline. Il a joué en tant que bassiste au sein de Death in Vegas.


Revolver : Baby's Angry


Baby's Angry de Revolver

Sortie : 1992
Produit par Guy Fixen, Ralph Jezzard et Revolver
Label : Caroline

Le groupe rassemblé autour du doux rêveur Matt Flint (sorte d'angelôt à belle gueule) était jeune et extrêmement doué, ce que toute la presse s'accordait à reconnaître. Ils auraient pu sortir des tubes faciles, devenir un groupe célèbre en Angleterre et rafler tous les honneurs. Au lieu de ça, ils sortirent des singles magnifiquement déroutants, finement travaillés, riches et splendides. Très accrocheurs, hymnes adolescent, "Heaven Sent An Angel" (sans doute une des plus belles chansons de ces années insouciantes) ou "Venice" présentaient une maturité rare et évitaient avec brio la facilité. Alors qu'ils auraient pu devenir des idoles entretenus par les maisons de disques, ils ont préféré opter pour une musique propre à refléter leur aspiration artistique, au risque de restreindre à jamais leur public.

Hanté par ses utopies romantiques, sans tomber pour autant dans la sensiblerie, et par le désir de magnifier ses compositions jusqu'à une grâce tendue et juvénile, Revolver mettait ses guitares denses, toniques et saturées au service de mélodies imparables et de toute beauté, à l'image de titres comme "Molasses", "Red All Over" ou le merveilleux "Painting Pictures".

Déstabilisant, jouant parfois des clichés mais sans adopter de compromis, Revolver s'envolait parmi les délires stylistiques grandioses du courant shoegaze. A noter, ce qui était plutôt rare à l'époque, la reprise de "Since Yesterday" du groupe indé des années 80, Strawberry Switchblade. Les guitares, impeccablement maîtrisées, sont fougueuses tandis que les voix douces soufflent avec pureté des refrains sucrés imparables.

Seulement voilà, une telle alliance, une telle recherche intellectuelle était incompatible avec un succès qui pouvait brasser large et le groupe tomba vite sous le coup de l'indifférence à l'époque, comme bon nombre de formations shoegaze. D'ailleurs le groupe disparut pendant un an avant de revenir pour un album paru sur Caroline. Mais à peine un an après le groupe se sépara à nouveau.

Cette compilation des premiers singles du groupe, sorti en 1992 est l'occasion de se replonger dans ses chansons magnifiques, attachantes et prenantes tout en restant sublimement élégiaques, dans un pur esprit adolescent et séduteur.

Revolver : Cold Water Flat


Cold Water Flat de Revolver
Sortie : 1993
Produit par Nigel Hilroy
Label : Hut

Après de nombreux déboires dont une première séparation, Revolver revient un temps pour la confection de son premier album, qui finalement ne marchera pas et qui entraînera le groupe vers une dislocation définitive.
Car Cold Water Flat, paru en 1993, annonçait la mort du shoegaze, un genre déjà essouflé à l'époque.
Mêlant une tendance compulsive à saturer le son et à brancher les guitares au volume le plus bruyant, avec une approche de la musique constamment orientée vers la recherche d'un équilibre aérien et magnifique de lyrisme céleste, le groupe anglais signera là la sentence inconsciente d'un style. Le groupe, qui aurait pu céder aux sirènes du succès commercial, cherchait l'impossible en se détachant par tous les moyens du vacarme sonore qu'il produisait autour de lui.
D'ailleurs, on ne peut pas dire qu'ils rencontrèrent le succès, les gens préférant qu'on ne leur livre aucun secret. Personne n'achetait les disques des groupes de cette vague shoegaze et les gens se rendant aux concerts, et en repartaient plus avec des oreilles explosées par le son noisy que par l'impression d'avoir partagé quelque chose. Refusant de tirer les gens par la main, le shoegaze finit totalement incompris.
Cold Water Flat acheva cette descente aux oubliettes. Avec des titres sans aucun refrain, remplis d'éclairs énervés et de passages suspendus où Matt Flint joue les équilibristes de sa voix de chérubin, cet album confondant perturbe les plus réfractaires. Les percussions, guitares acoustiques, piano et autres flûtes, sont conviés à un ballet fantasmagorique, semant l'étrange et l'incongru dans ce voyage musical hors norme. Beaucoup plus mature que sur leurs singles, ces titres sont aussi moins évidents. L'ambiance est aussi volubile que planante, déviant facilement vers de purs moments de bonheur saturé. Déstabilisant et atypique, cela achèvera l'insolence d'un genre, alors considéré comme hautain et pédant. L'album ne se vendit quasiment pas, comme c'était le cas pour presque tous les disques de shoegaze, qui sortirent pourtant à la pelle ... et trop à la fois. Le public, médusé, oublia même jusqu'à l'emplacement de la tombe de ce genre entéré, et Revolver ne s'en remit pas. Préférant tout arrêter plutôt que changer de style comme d'autres avant eux (Ride, The Boo Radleys, The Verve, ... avec plus ou moins de réussite), le trio anglais se saborda.
Heureusement, la magie que suscite encore leur musique dépasse le cadre de la date, et chaque écoute de ces titres incandescents et innocents garde encore intact tout leur éclat inimitable.