The Julies
Probablement un des groupes les plus méconnus de la scène shoegaze (et plus particulièrement christian rock), car ils n'auront livré qu'un seul maxi. Mais quel maxi ! Énergique, frondeur, orgueilleux et classieux, la réponse américaine à Adorable.
Shoegaze pour "regarder ses chaussures". Ce terme anglais fut employé pour désigner les groupes rock qui apparurent dans les années 80-90, menés par My Bloody Valentine ou Ride, et qui pratiquaient une musique remplie de saturations et de mélodies sucrées, à base de vocalises béates. Ce blog musical est entièrement dédié au mouvement shoegaze et comprend toutes les chroniques des productions cultes de cette période.
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14 février 2018
The Julies : Lovelife EP
Lovelife EP de The Julies
Date : 1996
Production : Bill Campbell
Label : Flying Tart
Date : 1996
Production : Bill Campbell
Label : Flying Tart
Pas question de laisser trainer son regard vers le sol. The Julies se tient debout et impose son mur du son avec fierté. Tout le monde est campé sur ses positions, la batterie est sûre d’elle-même (quel jeu de Greg Hohman !), les guitares jouent leur partition sans dévier et puis, il y a ce chant, celui de Chris, incroyable, pleine de morgue et d’assurance. Le groupe avance en faisant place nette. Leur son est éclatant, brillant et met en place des refrains incroyables, pour un mur du son luxueux (« Wake up, Christine » et son rythme haletant à la batterie ou bien « Friday and faithless », qui ressemble à bien des égards à une chanson de Kitchens of Distinction).
La première comparaison qui vient à l’esprit, c’est Adorable. Avec le groupe londonien, il a en commun un chant plein d’allant, d’arrogance aussi, de préciosité, en forçant sur les émotions et en exagérant les traits. On retrouve les mêmes guitares magnifiquement racées et une ambiance légèrement féérique, ainsi qu’une tendance à surjouer les refrains pour les rendre encore plus percutant et lyrique (le magique « Boy Wonder » ou le tourbillonnant « Love scene seventeen »). Et parfois c’est à se demander s’il n’y a pas là-dedans des influences de Brit-Pop (Longpigs, Strangelove, Shed Seven) dans cette façon de tout prendre à cœur (« Drive me mad »). Ce qui ne serait pas étonnant vu que beaucoup considère Adorable est le premier groupe de Brit-Pop en réalité. The Julies propose sa version personnelle, ce qui aboutit à six chansons, mais qui pourraient toutes potentiellement être des tubes… s’ils étaient sortis en Angleterre !
C’est un shoegaze avenant, gonflé d’orgueil et assumant pleinement son mur du son exagéré, ses ambiances parfois hérités de la dream-pop, sa texture apprêté et tempétueuse. Même lorsque le tempo ralentit, que le groupe mise tout sur sa basse, qu’il convie une guitare sèche et qu’il souhaite jouer une ballade, la voix se fait alanguie, force des tremolos et répond à des chœurs au cours de vocalises poignantes et délicieusement excessives (« Blue »).
C’est énergique, frondeur et plein de vitalité.
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