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29 novembre 2008

Fiche artiste de The Earthmen



The Earthmen


Il est nécessaire de replacer l’Australie sur la carte de la pop. Ce pays a contribué à fournir de nombreux groupes originaux et capables de signer des tubes à la pelle. Mais rares sont ceux qui pensent à regarder ce qu’il se passe là-bas.
Pourtant, pendant une poignée de minutes (la durée en fait de leur premier single « Cool Chick #59 », sorti en 1991), The Earthmen aurait du être au sommet, être les rois. Englobant l’héritage sixties et la folie noisy qui sévissait en Angleterre au début des années 90, la formation de Melbourne composera quelques chansons terrifiantes d’énergie et de fouillie pop.
Alors qu’ils étaient encore gamins, Scott Stevens, Aaron Goldberg, Nick Batterham, Glen Petters et Eric Prentice, signe sur le label Summershine Records qui les aide à presser en vinyls leurs singles. Aux Etats-Unis, ils se font un petit nom, aidé par le label Slumberland qui édite leurs singles là-bas et Seed Records qui diffuse un recueil. D’ailleurs en 1994, ils feront une tournée aux Etats-Unis, avec Velocity Girl ou Jupiter Sun.
Complice de Drop City et formation culte en son pays, le groupe représente une frange affranchie de la pop australienne, influencée par ce qui se faisait ailleurs mais tiraillée par l’envie de s’en détacher. Seulement The Earthmen, avec son deuxième album « Loved Walked In » (avec sa pochette qui fit scandale, représentant un couple nu), souffrira inévitablement du jeu des comparaisons. Face à Blur, James, Manic Street Preachers et tant d’autres, The Earthmen ne fait pas le poids pour les gens. Un album chatoyant et frénétique dont la plupart passa à côté. Dommage.

28 novembre 2008

The Earthmen : Teen Sensations



Teen Sensations de The Earthmen

Sortie : 1993
Produit par The Earthmen
Label : Seed

« Teen sensations » et c’est bien de cela qu’il s’agit. Car au final, toute cette histoire, se réunir, s’exercer sur des guitares, répéter, se lancer dans des jams avec les potes, composer, cela ne reflète-t-il pas une ardente manifestation d’insouciance ?
Aucun soucis de vouloir révolutionner le monde ou ne serait-ce qu’apporter un semblant de remise en question ; le monde des adultes, celui avec tous les problèmes, les jeunes de The Earthmen s’en moquent, ils sont bien plus intéressés par leur riff ou trouver LA mélodie qui tue. Une bonne chanson, tout simplement, c’est cela l’important, c’est grâce à cela qu’on peut ouvrir des concerts, qu’on signe sur des labels, qu’on couche avec des groupies, qu’on peut frimer. Il faut alors s’en donner à cœur joie, faire cracher les guitares, faire parler son sens inné pour la pop, des Byrds aux Boo Radleys.
Dans leur quête débraillée de la chanson parfaite à faire pâlir les filles et à rendre vert de jalousie les garçons, The Earthmen signe quelques pépites encore joliment brouillonnes, comme « Staceys Cupboard », traversé d’éclairs brutaux, ou « Too Far Down » et les chœurs de Caroline.
Regroupant en partie les singles sortis aux Etats-Unis, « Teen sensations » est un recueil de tubes en puissance (le célèbre « Cool Chick #59 ») à la justesse mélodique stupéfiante. Avec de l’énergie à revendre, The Earthmen fait preuve d’une spontanéité telle qu’on a l’impression qu’ils sont les premiers et les seuls à évoluer dans ce registre et que tout était à inventer. Tout est là : les mélodies impeccables, simples et facilement accrocheuses, la douceur de la guitare sèche, les zébras noisy survoltés, le chant léger et encore adolescent. Mais attention, il ne faut pas se méprendre, le groupe ne se limite pas à cela : tantôt enjouées, tantôt douces-amères, les chansons de ce recueil s’emballent et laissent parler la personnalité de ses auteurs. On y retrouve du reste de superbes ballades pop-folk (« In the south ») ou d’incroyables moments d’émotions (l’intense crescendo de « Memento »).
A y réfléchir, il y a un peu l’esprit des Lemonheads là-dedans, ou ceux d’autres groupes australiens comme Drop City, les guitares noisy en plus, et une telle insouciance culottée, ça fait un bien fou !