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26 août 2011

Fiche artiste de Sunbear


Sunbear
Formé à Dublin en 1993, Sunbear est un jeune groupe composé de quatre musiciens, affilié à la scène irlandaise, avec In Motion, Mexican Pets ou The Idiots.
Martin Kelly (guitare et chant), Paul Kelly (guitare), Colin Morris (basse) et Patrick Moran (batterie) composent Sunbear. 

Sunbear : S/t


Sunbear

Sortie : 1994
Produit par Marc Carollan
Label : Dead Elvis

Enregistré dans un studio pour seulement quelques centaines de livres, par une bande de gamins fasciné par Pale Saints et qui jusqu’alors n’avait fait guère autre chose que d’écumer les bars de Dublin, ce premier album éponyme est malgré tout un miracle de fraîcheur, d’apaisement et de trouvailles.
A en croire le merveilleux « Notebook », qui commence l’album, reposé, travaillé, avec un superbe rythme souple et élastique ou encore des guitares aquatiques, on réalise une volonté de la part de ces jeunes de surprendre, de se chercher leur propre style, de trouver le petit truc qui va les détacher. Les guitares furieuses de « Resign » ou « Sleepy feeling » donnent une couleur très américaine, en tout cas renforcent un tourbillon qui n’hésite pas à s’interrompre pour mieux reprendre. Ce côté dur, un peu foutraque, on le note aussi sur « Things to do », vibrant et énergique. Sunbear se revendique ouvertement de ses influences shoegaze, voire même noise/hardcore comme certains autres groupes irlandais (Pet Lamb, Wormhole, et d’ailleurs les hurlements de l’obscur « Flave » seront comme une sorte de clin d’oeil), les saturations seront particulièrement mises en valeur sur certains morceaux, le chant s’échinera à rester doux, mais grâce à l’apport de leur producteur Marc Carollan, ils réussiront à dépasser cette condition et à y mettre une part de magie toute particulière.
Par exemple, en incluant des guitares sèches, pour de sublimes morceaux romantiques, où les voix, dédoublements de chœurs et mélodies ouatées feront merveilles (« Flutterbye ») ou encore en transformant les guitares en longs chants de baleines plaintifs (« Songs for saying goodbye »).
On aurait pu s’attendre à des morceaux sans prise de risque, juste brouillons, histoire de mettre en boite l’ambiance déchainée et juvénile des concerts. Ce ne sera pas le cas. En fait Sunbear osera même quelques expérimentations : « Center Page » est ainsi très étrange, constitué de nappes magiques et d’enregistrements radios brouillées, comme venus de l’espace.
« Something to dream of » est une véritable merveille : débutant par des mélodies cristallines à la guitare, soutenue par un rythme à la batterie imposant, une basse géniale puis écrasé par des saturations inopinées et tremblotantes, ce morceau démontre tout l’étendu du talent de ces quatre jeunes irlandais. Alternant instant de rêve puis imposante furia sonore, il sidère et ensorcèle. Dire que Sunbear n’a jamais obtenu de succès au-delà des bars qu’il fréquentait ! La scène de Dublin, à laquelle il participait, est restée malheureusement trop confidentielle, et c’est une vraie chance inespérée que de pouvoir un jour tombé sur les violons déchirant de ce « Something to dream of », petite touche finale inattendue mais adorable.
Et c’est cela qu’il y a de miraculeux avec ce premier album, c’est qu’on aura beau le débusquer parmi une scène confidentielle de Dublin, il contiendra toujours pas mal de surprises.

21 août 2011

Sunbear : Bits and pieces EP


Bits and pieces EP de Sunbear

Sortie : 1996
Produit par Joe Chester
Label : Dead Elvis

Si Sunbear, avec un très bon premier album, était un groupe culte, splendide pillier de bar dans les rues de Dublin, les quelques chansons de cet EP vont plus loin. Elles démontrent une volonté de ne pas de cantonner à un seul style, le shoegaze en l'occurence.
Les guitares saturées et lourdes déboulent toujours après des petites coupures plus acoustiques, cependant on sent des tendances à lorgner du côté du rock indépendant américain, probablement une attirance trop irresistibles pour ces jeunes garçons curieux avant tout de nouveaux sons. Une manière pour eux de s'évader des quartiers populaires et tristes de Dublin, trop souvent délaissés en matière de musique.
Capables de s'extasier à l'idée de faire la première partie de Sebadoh, on comprend alors pourquoi on retrouve ce style si particulier sur "Bits", folk crasseux et déglingué, qui s'était ouvert sur une intro expérimentale, piano fatigué, violon désacordé, vieille boite à musique (certainement fabriquée avec des clous et une lame de rasoir), et qui se termine sur des guitares saturées merveilleuses. Mais en plus de Sebadoh ou Pavement, Sunbear inclue à son shoegaze d'autres influences, comme Sunny Day Real Estate, son côté émotif, à fleur de peau et ses surenchères de guitares et de cassures de rythmes, qui a lancé les bases de l'emo. C'est sur "Leadbelt", superbe morceau, qu'on va noter cette marque. A l'inverse, "Each of their town", presque une antithèse, se fait plus calme, presque hâché, minimaliste, puisque ne subistent plus qu'une voix blasée et usée, et un piano. Sur ce titre mélancolique et depressif, on devine cette fois-ci des allusions à Swell ou Codeine, chantres du sadcore.
Ce n'est presque plus du shoegaze à ce niveau-là, effacé par une recherche de l'émotion, et dont les vestiges sont à retrouver sur "Seeing Stars", plus classique dans sa forme, avec cette alternance de guitares élégiaques et de guitares lourdes, ces voix légères, qui se dédoublent lors du refrain, et ses magnifiques déferlantes tremblotantes.
On remarque bien que sur cet EP, le groupe irlandais entame une démarche d'ouverture. L'annonce est alléchante car on connait les quatre garçons ouverts à d'autres styles, mais ne sera jamais concrétisé, puisque le groupe observera un hiatus de quatre ans, avant un autre EP, puis une séparation définitive. Dommage car il aurait été interessant de voir vers quoi tout cela menait.