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30 septembre 2011

Fiche artiste de Low Dream

Low Dream

La rock indépendant, c'est ça : nouer un contact privilégié avec les fans pour faciliter leurs venues durant les voyages et les concerts. Low Dream est devenu un groupe culte grâce à son rapport étroit avec son public, limité mais fidèle.
Pourtant, en live, Low Dream ne ressemble en rien à un groupe fougueux et agressif, qui en jetterait plein la vue, bien au contraire, sa mixture à base de guitares ressemble à une séance d'hypnose, basée sur un bruit éthéré.
Considéré comme le plus anglais de tous les groupes brésiliens, pour son style influencé par le courant shoegazing (mais également le psychédélisme du Velvet Underground), Low Dream est né à Brazilia en 1991.
Les frères Giulliano et Giovanni Fernandez, après avoir été dans un groupe appelé Flower's Land, se sont associés avec le bassiste Samuel Wolf, puis ont sorti une première chanson, "Dreamland", vendu à plus de 800 exemplaires et diffusé sur le MTV local. Elle sera ajoutée à une démo, qui avec ses six guitares mixées, préfigurera la son du groupe, très condensé.
En 1993, le groupe se fait remarqué pour sa prestation réussie et inoubliable au célèbre Juntatribo Festival, évènement essentiel qui a lancé la nouvelle scène shoegaze du Brésil. L'année suivante, sort leur premier album, hommage à My Bloody Valentine (ce qui sera revendiqué par les auteurs eux-même). Le trio reçoit alors toute l'admiration du public, qui se déplace dans plusieurs Etats du Brésil pour les voir.
Low Dream signe alors sur Midsummer Madness, label important puisqu'il héberge la plupart des groupes shoegaze brésilien, comme Old Magic Pallas ou Brincando de Deus. Le deuxième album sort en 1996 : il sera davantage mélodieux, davantage pop, bénéficiera d'un son plus clair, et nécessitera de l'apport d'un quatrième membre, le guitariste Eduardo Luiz, fraîchement débarqué d'Europe. Il sera une parfaite réussite et un des meilleurs albums du rock indé au Brésil.
Malheureusement le manque de structure efficace de diffusion au pays et le manque de place médiatique accordé au rock indé, entraîneront la séparation du groupe, qui aboutira fatalement après une longue période d'inactivité et de silence radio, malgré le projet parallèle Magneto. Seul Guilliano arrivera à tirer son épingle du jeu, en devenant, sous le nom de DJ Hooper, un des plus intéressants artistes électro de Brasilia.

Source : biographie

28 septembre 2011

Low Dream : Between my dreams and the real things


Between my dreams and the real things de Low Dream

Sortie : 1994
Produit par Low Dream
Label : Rock it!

« Sugar », « Dream », « Butterfly », « Precious Love », «Treasure», «Candy» : lorsque l’on s’attarde sur les titres employées pour ce premier album, on se rend bien compte de l’illusion encore prégnante chez ces jeunes garçons. Un domaine remplis de rêve, d’innocence et de désirs fous de tout embrasser d’un seul coup d’un seul, avec des guitares qu’on saturerait à fond.
D’ailleurs, souvent, le rythme est emballé, comme si les musiciens n’avaient que trop attendus pour s’exprimer, frappant les caisses à une vitesse accélérée, et maintenant une saturation envahissante tout du long. Les morceaux sont courts, punchy, vite commencés et vite finis. « Sugar Drop », « I had never had sugar dream », avec sa voix grave et soufflée, « Watching Caroline’s dream », mené tambour battant, autant de chansons raccourcies qui témoignent d’une envie de se lancer en avant. A lui seul, l’indépassable « Lose my dreams (in a deep blue sky ») et son refrain inoubliable, résume la conquête folle d’une jeunesse insouciante, éprise de romantisme et d’illusion.
Alors bien-sûr tout n’est pas encore parfait, quelques réglages sont de mises au cours de ce premier album, trop court assurément, et les mélodies semblent pour le moment jetées en pâture aux grosses guitares qui déboulent. La tendance compulsive de mettre le volume à fond est le signe d’une jeunesse pas encore maîtresse d’elle-même. Ceci dit, chez Low Dream, on note une grande pudeur et beaucoup de douceur. Une ambivalence incroyable se créé lorsque les voix douces et presque inaudibles se doivent affronter des distorsions folles et un brouillage de tous les instants (« Candy » ou « Chasing a butterfly », superbe).
Certains titres illustrent ainsi parfaitement ce contraste typique du shoegazing, dans lequel s’inscrit en plein Low Dream à ses débuts, entre une urgence folle d’attraper le monde avec ses mains, et une retenue pudique d’angelots. « My garden » semble tout droit sortir d’un rêve, et le texte presque parlé vient renforcer cette poésie magnifique. Quant à « Only I finest breeze », le brouillage de saturation reste malgré tout extrêmement doux, ce qui convient parfaitement à un chant lascif et reposé, dont les fins de phrase s’envolent dans une montée liquéfié, presque absente.

26 septembre 2011

Low Dream : Reaching for balloons


Reaching for balloons de Low Dream

Sortie : 1996
Produit par Low Dream
Label : Midsummer Madness

Des guitares saturées, tout ampli à fond, un riff entrainant, immédiat, charmeur dès les premières secondes, sans réfléchir, un style léger, gonflé, percutant, des voix douces, en retrait, allumées et mixées, qu’on retrouve sur des titres comme « Ballon Head » ou encore « What we feel », une simplicité essentielle qui sera la marque de fabrique de ce sympathique groupe brésilien. La formule petit riff délicat/gros riff tapageur marche parfaitement, sur des morceaux comme « Acid Trip Smile » ou encore le superbe « These little things touch me everytime », spacial, dont le chant est déformée, presque robotique, le riff lunaire et les saturations big big big.
Sur ce deuxième album, on sent que le son est plus léché et les mélodies plus évidentes. Low Dream a le mérite de revenir aux fondamentaux, de faire simple, de conjuguer basiquement le plaisir brute de faire cracher les guitares et de garder malgré tout le goût pour les mélodies pop trop souvent oubliées, celles avec un couplet, un refrain plus lourd et éventuellement un pont. On sent énormément d’insouciance dans ce principe là, de la fraîcheur, de la jeunesse, de l’authenticité. Low Dream ne se prend pas la tête, quitte à livrer quelques surprises, comme ce psychédélique « Ultra violet », assez kautrock dans le fond à bien y regarder. Ou encore l’étonnant « Trois millions d’étoiles », avec ce chant en français s’il-vous-plait, innocente chanson twee, bercé par un clavier très kitch et de temps à autres balayée de grosses guitares.
Ce maintien de l’innocence (la voix de chérubin, les petits riffs tout mignon tout plein), malgré le défilé des guitares vigoureuses et distordues, donne beaucoup de charme à Low Dream. Le groupe signe des titres power-pop/shoegaze dans une folle conquête étudiante impossible et c’est ce jeté sans calcul, au nom du simple plaisir du faire du rock qui rend cette musique si plaisante.
On se prend du coup beaucoup d’affection pour ces chansons, de la trempe de « Rocket Ride », pourtant très twee dans le fond (on se dit que cela faisait longtemps qu’on n’avait pas entendu une Rickenbaueur, des tambourins et des mélodies à la Another Sunny Day ou Brighter), avec un petit clavier discret juste comme il faut et surtout une voix magnifique, douce, légère, très chaude, dont on sentirait presque le souffle tant il est prononcé. « From the ocean you bewitched eyes», sous ces airs de titre évanescent, estival, insouciant et romantique, reste tout de même un superbe titre pop, l’essence même de ce que la pop devrait être, dans sa simplicité, une mélodie géniale, zébrée par des guitares saturées.