Affichage des articles dont le libellé est Swervedriver. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Swervedriver. Afficher tous les articles

26 juillet 2007

Fiche artiste de Swervedriver


Swervedriver

Bien-sûr provenant du label Creation, tout le monde connait Oasis.

Mais bien avant ce génial groupe qui voulait "jouer aussi fort que les Who", il y avait une autre formation, née à Oxford, qui au début des années 90 jouait bien plus fort. Et ce groupe, c'est Swervedriver !





12 juillet 2007

Swervedriver : Raise


Raise de Swervedriver

Indispensable !

Sortie : 1991
Produit par Alan Moulder
Label : Creation


Pas de temps mort, rien. Du fuzz tout le temps, puis des riffs surpuissants, jamais joués deux fois de suite, et de temps en temps une voix, complètement shootée. Ensuite on part direction l'espace.
Il faut avoir le cœur solide pour s'accrocher à un tempo pareil, sans pause, ni ralentissement. La surcharge en mélodies de guitares, groove de la basse, effets de saturations, est propre à faire chavirer. Impossible de tout retenir en une fois. D'ailleurs on cède vite les commandes. Vaut mieux ne pas chercher à comprendre. Le rock shoegaze de Swervedriver, ça se vit, ça se ressent. Complètement allumés, ces quatre zigotos, adeptes d'un psychédélisme surpuissant, jouent comme s'ils allaient mourir demain.
Contrairement à la plupart des groupes de shoegaze ayant une approche plus évasive, le groupe se détache en donnant à son rock psychédélique une force obsédante grâce notamment à un rythme effréné. Les compositions rapides et teigneuses d'un côté et plus posées de l'autre s'enchaînent, tout en formant un ensemble homogène, et ce malgré le son particulièrement crade, mais qui n'est pas sans ajouter un charme indéniable à l'ensemble. On a l'impression d'être écroulé sous une vague de batterie en furie, de riffs mortels et de guitares de plomb, qui ne s'arrêtent jamais.
Swervedriver n'a pas son pareil pour assener des titres rallongés, jamais basiques, qui installent une transe hypnotique tout en imposant un mur du son énorme. La bande de mauvais coucheurs rassemblés autour du chanteur Adam Franklin, superpose les riffs, les mélodies noyés dans un amoncellement d'effets de pédales, de saturations et de fuzz, le tout sous une rythmique qui ne relâche à aucun moment la pression.
Du premier single "Song For A Mustang Ford", au génial "Sandblasted" en passant par "Deep Seat", absolument envoûtant, cette avalanche d'hymnes tubuesques laisse K.O. En cette année, pour l'Angleterre, ce fut le choc. Un tremblement de terre sous forme de chef-d'oeuvre.
Swervedriver imbrique des mélodies imparables souvent décuplées au maximum, à une dynamique speedée, le tout noyé sous des couches électriques, hypnotiques, aliénantes mais surtout galvanisantes. Le chant léger et aérien sur "Sunset" est détonnant par rapport à l'allure à laquelle les choses sont jouées. L'effet captivant de "Lead Me Where You Dare" est magistral. Rien n'est à jeter sur ce sommet de saturations et de puissance, un poème d'amour pour les guitares. Car là où bon nombre de groupes s'appuient sur un riff, le quatuor anglais, vilain petit canard du mouvement shoegaze, en poursuit mille sur ce premier album flamboyant.
Avec ses accords intouchables, sa faculté à transformer sa pop planante en titres roboratifs et frénétiques et sa qualité d'écriture stupéfiante, Swervedriver symbolise toute la fougue et l'incandescence dont un jeune groupe insouciant est capable.
Violent, complètement barré mais aussi trippant, cet essai est une bombe sonique qu'on n'a pas vu arriver et dont les dommages se ressentent encore chez tous ceux qui l'ont écouté.

Swervedriver : Mezcal Head


Mezcal Head de Swervedriver

Sortie : 1993
Produit par Alan Moulder
Label : A&M


Après un changement de line-up, Adam Franklin et Jimmy Hartridge restant le noyau dur, auquel s’est joint le batteur Jez Hindmarsh, la formation anglaise revient plus forte que jamais.
Pourtant les nombreuses tournées aux Etats-Unis en 1992 faillirent être fatale au groupe. Concerts éreintant avec Soundgarden et Monster Magnet, une avalanche de drogue et surtout les nombreuses défections, tout s’amoncelait pour aboutir à une séparation pure et simple. Mais voilà que Swervedriver revient, surtout aux Etats-Unis, avec un single (« Duel »), classé « single of the week », et leur plus grand succès à ce jour, morceau monstrueux, fort et musclé.
Visiblement, le groupe passe aux choses sérieuses. Le ton s’est durci, les guitares se révèlent rutilantes, chromées, et les riffs sonnent comme de grosses machines qui détruisent tout sur leur passage, tant leur efficacité n’est plus à démontrer aujourd’hui. Beaucoup plus lourd et agressif que leur premier essai, toutes guitares dehors, tout en restant pop dans l'esprit, Mezcal Head est un brûlot nerveux et endiablé.
Aucun répit n'est autorisé. On a parfois du mal à se retrouver dans cette déferlante, ça sonne de tous les côtés et les chansons se ressemblent beaucoup, mais là n'est pas le propos puisque le but est de donner le tournis à partir de saturations, de riffs bien sentis, de coupures (légères) de rythme, de passages psyché.
Mezcal Head est un vrai tourbillon : « Harry & Maggy » ou encore « You find it everywhere », il y a largement de quoi être transporté par cette déferlante.
Cependant les efforts pour sonner de plus en plus puissant desservent parfois les intérêts du groupe. Même si on ne peut rien retirer de la qualité des chansons, certaines souffrent d’une trop envie de plaire et de polir le son de Swervedriver, à l’instar de « Blowin’ Cool » ou « Girl in a motorbike », difficiles à digérer.
Mezcal Head est le plus grand succès du groupe, de par ces riffs efficaces, mais quelques esprits chagrins ont regretté certaines lourdeurs, témoins d’une tentative de se rapprocher du son existant aux Etat-Unis.
Cet album est aussi l’occasion de s’adonner à des thèmes, bien superficiels, chers aux groupes : les belles voitures (« Duel » est un hommage au film de Spielberg), le soleil du Mexique (on surnomma vite le groupe « Los Swerlies ») et bien évidemment les drogues.
Et c’est finalement bien là le principal : jamais un groupe n’avait sonné aussi fort, aussi électrique, pour servir au mieux une vision particulièrement vibrante du psychédélisme. Les nappes s’additionnent, la cadence est toujours soutenue, ça part constamment en vrille, jusqu’à perdre la tête. Assommant, cet album est aussi l’occasion parfaite pour s’adonner aux vices de l’évasion.
C’est également sur cet album que le groupe s’autorisera les plus improbables délires, sans peur de la suffisance pompière. A noter surtout ces étendues de nappes de guitares, qui étirent certains morceaux sur de longues minutes psychédéliques. Ainsi « Last train to Satansville » est une véritable démonstration de maîtrise et de talent. Swervedriver ose tout, comme fusionner deux chansons entre elles et s’offrir une bonne dose d’expérimentation, avec un saxo complètement perdu devant ces grosses guitares sur « Never lose that feeling / Never learn ». Et également d’incroyables délices pop, cachées sous ces mille-feuilles de guitares vombrissantes, grattées à mille à l’heure. La plus significative démonstration de ce talent hors norme pour l’écriture est sans conteste « Duress », point d’orgue de l’album, la seule chanson en fait à être jouée sur un tempo ralenti, montée en puissance planante avec percussions et tambourins, qui se laisse peu à peu, sous les effets de l’ecstasy, envahir par les guitares et les effets wah-wah. Un pur moment de rêve délicieux, étalée sur plus de huit minutes jusqu’à s’oublier et planer complètement.
Album le plus reconnu du groupe, Mezcal Head demeure toujours, à ce jour, très sympathique, malgré ses faiblesses, et se fait le compagnon idéal pour de longues chevauchées. Vers où ? Même le groupe l’ignore. Mais il ne fait aucun doute que ce serait au volant d’une Ford Mustang, avec Mezcal Head à fond dans l’autoradio.

30 mai 2007

Swervedriver : 99th dream


99th dream de SwervedriverSortie : 1997
Produit par Alan Moulder
Label : Zero Records


Sur ce dernier album se confirme la tendance pop du groupe, avec cette fois-ci plus de simplicité et de finesse. Un opus marqué par les déboires où scintillent pourtant dix chansons, pures et cristallines, dont certaines dépassent les six minutes dans un grand élan psychédélique et rêveur. Le bruit a cédé la place à la douceur et à la saturation contrôlée. Au gré de l'album, on est transporté d'ébahissement devant ces envolées majestueuses. Les mélodies sont tout bonnement incroyables, comme avec le psychédélique « 99th Dream », le jubilatoire et puissant « Wrong Treats », entrecoupé d’une délicate intervention à la guitare sèche, avant de se terminer tout en douceur, ou bien « She weaves a tender trap » et son intro annonçant un thème enchanteur, qui prendra plus d’ampleur au cours du refrain, poignant. L’album entier est une ode à l’évasion, une évasion vers un univers plus lumineux.
Si les saturations et autres distorsions ne sont pas oubliés, c’est pour livrer des morceaux d’une grande splendeur, qui n’hésitent pas à s’offrir des respirations (« You’ve sealed my fate » ou « Expressway »).
Les guitares sont utilisées ici pour devenir le support à un trip tranquille, évanescent et presque féérique, ou alors en ayant le souvenir de contrées merveilleuses traversées les cheveux au vent et les yeux pleins de rêves. Les mélodies sont jubilatoires (« Up from the sea »), n’hésitent pas à faire appel aux instrumentaux de guitares, aux tambourins, s’étendent et se répètent (l’envoûtant « Electric 77 » ou « In my time ») en de longues plages qui finissent par ressembler à de véritables pistes de décollages. Difficile d’ailleurs de se remettre d’une pareille écoute, le réveil après le long « Behind the scenes of the sounds & the times » est dur : on a l’impression d’être allé si loin !
Pas la moindre trace de fléchissement sur cet album intense et trippant, juste de purs moments de bonheurs pop, le groupe laissant entrer plus de lumière dans leur mille-feuille de guitares.


29 avril 2007

Swervedriver : Ejector Seat Reservation



Ejector Seat Reservation de Swervedriver

Coup de coeur !


Sortie : 1995
Produit par Alan Moulder
Label : Creation

En s'échappant du carcan du shoegaze, duquel il garde pourtant un goût prononcé pour l'empilement de guitares, le groupe d'Adam Franklin explore de nouveaux horizons et livre de grandes chansons richement travaillées et surprenantes. 
L’album s’ouvre en crescendo, comme une musique de film, violons, corde de guitare à peine grattée, maracas, trompette mexicaine, saxo et autres instruments en cuivre, puis c’est parti, un rythme indolent, d’une coolitude impressionnante, et les guitares déboulent pour un refrain génial (« Bring me the head of the fortune teller »), avant de s’épancher en un maelström addictif. Ça enchaine avec « Other Jesus », sa basse grunge, sa morgue éhontée, sa disto féérique, son groove imparable. Et tous les autres titres sont du même acabit. On ne peut s’empêcher d’avoir un pincement au cœur. On se dit que c’est au moment où Swervedriver intéressait le moins de gens qu’il s’est révélé justement le plus intéressant.
Il n’y a pas un morceau qui n’ait pas sa petite trouvaille, son petit riff qui tue ou sa mélodie astucieuse. L’album se distingue par l'abondance d'arrangements, violons, parfois trompettes, l'apparition de petites mélodies parsemées ici et là, de voix trafiquées par vibraphone, de cithares orientales ; tout en restant  incroyablement cohérent. Sur « Bubbling Up » le ton n'hésite pas à ralentir et à devenir plus planant au cours d'un air indolent et prodigieux à la guitare sèche et tambourins. « How does it feel to look like candy ? » alterne tempête retentissante et surélévation aérienne. Enfin « Son of Jaguar ‘’E’’ » est une extase psychotrope, traversé d’éclairs noisy.
Avec ce troisième album, le groupe gagne en maturité et son talent va s'exprimer à sa juste mesure à travers de grandes chansons remarquables et extraordinaires. « Last Day On Earth » est d'une sensibilité exquise, elle suffit à elle seule à créer une euphorie sophistiquée et classieuse, dévergondée à souhait. Sa basse, sa guitare folk, son chant déchirant, ses nappes de guitares aux riffs soignés et surtout ce refrain si émouvant, noyé de violons. Ces jeunes garçons au chic insolent pouvaient tout se permettre. 

Même des chansons cachées, comme les adorables « Plan 7 star satellite 0 », expérimental, et « Flaming Hart », moite, langoureux, un vrai blues ! Des surprises pour prolonger le plaisir…