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22 avril 2009

Fiche artiste de Silvania


Silvania

Silvania est un duo fondé en 1990 à Valence, en Espagne, mais par deux péruviens : Marco et Coco. D'abord shoegaze (mais bon pas trop tout de même, on devine les influences de Brian Eno, Cocteau Twins) ensuite clairement ambient. Divers festivals techno, des remixs de diverses chansons de Autechre, Seefeel ou Locust, ou encore l'écriture de bandes-son de courts métrages d'avant-garde.
Depuis Silvania demeure une des références en matière d'électro-ambient, notamment avec le très remarqué "Naves sin puerto", même si on sait que Marco et Coco souhaitent travailler sur un nouveau projet, appelé Cielo, plus pop et moins expérimental.

Silvania : En Cielo de Océano



En Cielo de Océano de Silvania

Sortie : 1993
Produit par Juan Manuel Mas
Label : Elefant


On n’entend rien des paroles.
On a beau se rapprocher, se concentrer, impossible de distinguer quoique ce soit, tout se fond en des roucoulements et des voyelles éthérées, noyées sous des vagues d’échos, des nappes de guitares aériennes, des coulis saturées.
Cela ne nous empêche pas de découvrir avec un émerveillement certain que ces déferlantes surchargées conservent une part de magie, de poésie et de lyrisme envoûtant. De sublimes guitares sèches (« Trilce ») ou des violons splendides de tristesse (« Flor de Agua Infinita ») viennent sublimer les chants aspirées et tout en brise.
Le but d’exercer la surenchère n’est pas de se cacher mais de développer un climat enivrant qui sied parfaitement au rythme quelque peu léthargique des titres. Au milieu de ces fouillis (« Oval »), il est facile de se laisser décontenancer comme à l’écoute de réminiscences féeriques.
Au final, plus on est attentif, plus on a l’impression d’avoir à faire à une musique qui n’a rien en commun avec ce qui se fait sur Terre : les saturations ressemblent à des chœurs de créatures qu’on entendrait au loin ou à des arias circulant au travers les branchages d’une forêt enchantées, les percussions distillent des ambiances exotiques (« Arcangel ») et les xylophones, flûtes et violons (« Marlene de las galaxias ») créent une impression totalement floue et étrange.
A ce point hypnotisé, impossible de retenir quoique ce soit des chants, qu’on suppose pourtant magnifiques, tant leur insaisissable caractère renforce encore plus leur côté irréel.