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28 septembre 2007

Fiche artiste de SIANspheric


SIANspheric


Adeptes des atmosphères léthargiques, inspirés à la fois du shoegaze de Slowdive et du space-rock de Windy and Carl, voire des Boards of Canada, les membres de SIANspheric ont distillé une musique particulièrement planante durant plus d’une décennie maintenant.

Leur façon d'étirer leur musique cosmique et leur son, parfois très lourd, dépasseront les cadres déjà connus, pour explorer de nouveaux espaces d'expérimentation, qu'à défaut, on nommera post-shoegaze.
Le groupe a toujours été rattaché au label indépendant Sonic Unyon, qui leur permet de sortir leur premier album en 1995, un an après leur formation à Toronto, au Canada. Mais c’est surtout grâce à de très nombreux shows, dans leur pays essentiellement, que SIANspheric assoit sa notoriété. C’est vers cette période que Sean Ramsay (chant et guitare), Steve Peruzzi (basse et chant), Paul Sinclair (guitare) et Matt Durrant (batterie) se lieront d’amitié avec Swervedriver, dont ils ouvrent les concerts. Ils resteront en contact avec Adam Franklin, avec qui ils enregistreront un split-album.

Avant cela, le groupe connu quelques changements de line-up : arrivée de Jay Patterson à la basse et de Locksley Taylor à la guitare), ainsi que l’enregistrement d’un troisième album, encore plus porté sur les climats éthérés.
Une collaboration se fera entre le groupe et celui d’Adam Franklin, Toshack Highway, dont le résultat fut un album en commun, sorti en 2003. « Magnetic Morning / Aspirin Age » réserve donc les cinq premières chansons à l’écriture d’Adam Franklin, les autres à SIANspheric.

Par la suite, un DVD comprenant des extraits de concerts, des faces-b et quelques unes de leurs chansons dans une version retravaillées paraîtra en 2006. Pour l’instant, un nouvel album est annoncé.

SIANspheric : Somnium


Somnium de SIANspheric
Sortie : 1995
Produit par The Shimmer Twins, Rob Sanzo et SIANspheric
Label : Sonic Unyon


Le rythme lent, soporifique presque, permet de créer tout l’espace nécessaire à la coulée de fluides, vagues de guitares féeriques et irréelles, de bulles fantomatiques ou autres épanchements cosmiques (« This window », étiré et flottant). Et lorsque les guitares se crispent et que le volume sonore est poussé au maximum, l’effet psychédélique n’en est que plus saisissant, en témoigne le superbe morceau d’ouverture, « Turbulent. Hydrodynamic ».
Sianspheric évolue dans des univers chers au space-rock, à la dream-pop ou encore au shoegaze qui commençait tout lors à disparaître. Autrement dit, ça prend son temps. Calme et relaxation sont les maîtres mots au cours de ces chansons (ou plutôt plages sonores) qui allongent les durées au-delà des cinq minutes, voire vingt pour le morceau de conclusion. « Where the planets revolve, I wish I was there » est une odyssée fleuve d’ambient et de space-rock, tranquille, répétitif et nonchalant. Album idéal donc pour rêvasser paisiblement et se laisser dériver.
Le champ libre est laissé à l'épure, l’amplitude, la lumière, avec pour objectif clair d'envoûter un maximum. La retenue sidérante dans l'utilisation de la batterie ou des percussions et le contournement des guitares en forme de bulles de savons n'en finissent pas d'étonner (« Broken man » ou « Zoe », la seule chanson qui fasse appel à des guitares sèches). L'intervention des instruments ne sert pas à définir des lignes distordues mais plutôt un axe droit, savamment dessiné et enrichi de pluies d'or, de volutes magiques et d'ambiances lourdes. Les voix sont lointaines, non pas dans l'intensité mais dans les intentions. Douces, ouatées et presque lasses, elles ne prennent jamais les devants mais concourent à souligner délicatement l'ambiance céleste de cette musique. « The stars above » n’est que l’expression de guitares féériques, tandis que la batterie reste émoussée.
Et lorsque les guitares ne se retiennent plus et qu'elles s'emballent pour un mur du son gigantesque, lourd, pesant, métallique, tout en tempête ultra-carrée et maîtrisée à la perfection dans ses coupures, on vacille sur nos repères. C’est le cas pour « I like the ride » avec ses saturations tonnantes ou « Needle » dont le début aérien ne laisse rien présager du déboulé cyclonique d’un riff énorme. Comme berceuse, on a connu plus doux. Mais l'intensité participe grandement à rendre cet univers nébuleux plus concret et subtil. Sur « Watch me fall », l’intro est frémissante, avec maracas, guitares spatiales, voix hagarde façon The Verve à leurs débuts, puis une immense saturation déboule sans prévenir, s’imposant comme une énorme masse froide et gluante.

L'effet de fascination n'est donc jamais rompu.