29 mars 2012

Easy : Magic Seed


Magic Seed de Easy

Sortie : 1990
Produit par John Fryer
Label : Blast First


Pionniers de l’indie pop suédoise, Easy ne révolutionne pourtant rien du tout dans sa forme : guitare/basse/batterie, la formule est connue, usitée mais diablement efficace encore. Non, s’il faut découvrir et retenir ce groupe, c’est parce qu’il a été un des premiers dans son pays à insuffler de la légèreté, une sensation de flottement et une part de préciosité dans ses morceaux. Sans aller jusqu’à imiter Ride, Moose ou Revolver, mais on sent tout de même l’influence. Normal pour un album qui a été enregistré en Angleterre par John Fryer.
Par exemple sur le single « Bring the honey », qui a fait connaître le groupe dans le milieu estudiantin de Jököping, ville célèbre pour avoir été la base de The Cardigans, on retrouve une basse sourde et grasse, un riff tueur, un rythme effréné et qui aurait été irrespirable s’il n’y avait pas eu ces petits arpèges descendus du ciel. Ou encore « Castle Train », sorti dès 1990, très rock n’roll, avec son riff primaire et pétaradant, son refrain naïf et désuet, accompagné de « aaaaaaaaaaaaaah » béat et mielleux.
Magic Seed, sorti l'année suivante sur Blast First, subdivision de Mute Records, et produit par l’immense John Fryer, contient ces hits célèbres (enfin, tout est relatif), ainsi que d'autres titres tout aussi enlevés, brouillons et exquis. Avec leur premier opus, c'est donc tout un pan de l'indie pop de l'époque que l'on découvre.
Guitares méchantes et sauvageonnes ("Between John and Yoko" et son envolé déjantée), nuages cotonneux de guitares tourbillonnantes typiques du style ("Hypnose"), chant venimeux et mordant ("Cloud Chamber"), ballades tendancieuses et magnifiques ("Magic Seed"), explosion féérique napée de magie et de chants vaporeux ("Land Diving"), fanfare de sortie dans un déchainement absolu parsemé de cris et de vociférations ("Pleasure Cruise") : il n'y a rien à redire ! Tellement frais, tellement avenant et tellement camé qu'on en redemande sans cesse.
Easy livre donc des petits trésors de pop admirables, fugaces, agités et vivifiant, faussement innocents. Car sous des dehors cajoleurs se cachent des références aux drogues et au psychédélisme. En témoignent l’admirable « Dawn Sugar » où l’on entend une guitare déformée qui semble venir de l’espace. Le passage plus calme, avec tambourins, guitare sèche et voix douces et doublées de chœur d’angelots défoncés, est à coller des frissons. Frissons de plaisir qui se prolonge avec le délicat « Sunny Day », adorable titre magique, évanescent, alternant tempête et moment de langueur, jusqu’à s’évanouir totalement dans la préciosité, le murmure et la tendresse absolue et reprendre dans un maelström de guitares.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Quelqu'un se souvient-il de les avoir vu en 1ère partie de HOUSE OF LOVE au TRANSBORDEUR à LYON en janvier 1991 ?