25 février 2012

The Becketts : Lust EP


Lust EP de The Becketts

Sortie : 1990
Produit par Head et John Parish
Label : Bad Girl

The Becketts est un groupe peu conventionnel, qui n'aura existé que peu de temps mais qui aura su tout de même marquer de son style un rock anglais alors en pleine effervescence. Loin des obligations mercantiles, les Becketts oseront d'abord jouer ce qui leur passe par la tête sans s'arrêter à une recette particulière qu'ils useraient à fond.
C’est avec une attitude punk que ce groupe aborde la musique : titres courts, rêches, un peu foldingues, en tout cas qui se moquent de la bienséance. Les guitares sont là et bien là, elles le font savoir, en jouant sur la crispation. Les distorsions cassent les oreilles. Et pardessus, l’accent de bouledogue tout anglais.
Les hachures constantes de « The Janitor Song » transforment une mélodie évidente en déflagration rageuse et moqueuse. Le solo distordu y est un vrai miracle de fraîcheur. Tout est passé à la moulinette. Mais avec le sens de la désinvolture s’il vous plait. « Electra » est expédié à la vitesse de la lumière pour à peine une minute trente. Le long et génial « Dead Zone » est un exercice de blues râpeux et saturé, parsemé de cris, de hoquets et de déflagrations affolées. Spécial et fou-fou. Porté par les aboiements incroyables et les cris éructés, « Ride », énergique et cathartique, a un côté presque brutal.
C’est ce sens de la désinvolture qui permet d’inclure une guitare sèche sur le très saturé « Siren » et d’en faire une divine chanson. Et malgré le massacre général en termes d’instrumentalisation, la mélodie de « Persephone » reste innocente et légère.
Sur ce maxi, on retrouve également tout premier single de The Becketts, j’ai nommé « The most beautiful girl in town », déjà sorti un an auparavant, et qui permet de ne pas oublier ce titre fondateur pour le mouvement shoegaze. Entrainé par des guitares virevoltantes (à la Wedding Present), des distorsions délicieuses, une basse fantastique, un chant négligé, typique de l’indie pop de l’époque, une saturation générale, ce morceau est un trésor, un pur joyaux (non poli bien-sûr et livré dans sa forme brute, mais où serait le charme sinon ?), une déclaration d’amour aux guitares. Et à cette fameuse fille qu’on aurait tant aimé rencontrer…

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