28 janvier 2012

Suredo : Whatahandsomeface?



Whatahandsomeface? de Suredo

Sortie : 1993
Produit par Micke Herrström
Label : Ceilidh Productions

S’inscrivant en plein dans la scène indie suédoise en ce début des années 90, Suredo pratiquait une musique enjouée, avenante et surtout très bruyante.
Les accents power-pop sont ici plutôt prononcés, avec des mélodies faciles, vives, évidentes à cerner, contenues dans de très courtes chansons (entre deux et trois minutes) qui visent juste. « Pullower » ou « Spare my logic » sont des sortes d’éjaculation précoce de guitares brouillonnes et saturées, qui rappellent la bonne époque de Dinosaur Jr. C’est crade, pêchu, mais ça contient aussi un je-ne-sais-quoi de rafraîchissant, une sorte de fougue que seuls les jeunes peuvent avoir. Des musiciens qui réussissent à signer en une minute trente chrono une chanson mémorable au refrain qui reste dans les têtes (« Byes »).
Mais Suredo, très bon groupe suédois mais très méconnu aussi (l’un ne va pas sans l’autre) n’oublie pas aussi ses influences plus proches : Easy, Popsicle, Ride, The Boo Radleys. Après tout, rien de plus normal puisqu'ils possèdent Micke Herrström aux manettes, l'homme responsable du son shoegaze en Suède (avec Popsicle notamment). Ils se permettent ainsi d’utiliser leurs guitares pour de plus longs morceaux qui font la part belle à l’évasion et à la magie. Malgré l'approximation, cela renforce le côté impulsif du groupe. On capte sur le vif une envie folle de secouer, de faire tourner les têtes, de proposer une poésie bouillonnante et chaude, grossière mais pleine de bonnes intentions.
On peut retenir « Here on my own », toute lente, avec une petite mélodie adorable avant qu’un tonnerre de saturations ne s’abattent et qu’un solo ne s’immisce ou bien « Down-come », avec sa petite voix noyée sous les distorsions qui surviennent de nulle part.
Quant à « Childlike », c’est un véritable tour de force : démarrant langoureusement sur des chants adoucis et enfumés, dépassés par des nappes de guitares, la chanson se finit sur de longues minutes harassantes de distorsions, feed-back et autres saturations… A en filer le tournis !
Suredo, avec sa maladresse, son manque de retenu et son envie contagieuse de tout faire d’un coup, remet en tout cas la guitare au centre de la chanson, ce qui est finalement bien là l’essentiel. En surchargeant son volume sonore, en empilant les couches et en ne proposant que des solos saturées, le jeune groupe suédois fait tout simplement rêver tout amateur de rock indé. A titre d’exemple, « Ultramarine », magnifique titre de conclusion, aux voix langoureuses, sucrées, et aux guitares aériennes, magiques, qui évoque les plus belles heures de Ride.

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