28 septembre 2011

Low Dream : Between my dreams and the real things


Between my dreams and the real things de Low Dream

Sortie : 1994
Produit par Low Dream
Label : Rock it!

« Sugar », « Dream », « Butterfly », « Precious Love », «Treasure», «Candy» : lorsque l’on s’attarde sur les titres employées pour ce premier album, on se rend bien compte de l’illusion encore prégnante chez ces jeunes garçons. Un domaine remplis de rêve, d’innocence et de désirs fous de tout embrasser d’un seul coup d’un seul, avec des guitares qu’on saturerait à fond.
D’ailleurs, souvent, le rythme est emballé, comme si les musiciens n’avaient que trop attendus pour s’exprimer, frappant les caisses à une vitesse accélérée, et maintenant une saturation envahissante tout du long. Les morceaux sont courts, punchy, vite commencés et vite finis. « Sugar Drop », « I had never had sugar dream », avec sa voix grave et soufflée, « Watching Caroline’s dream », mené tambour battant, autant de chansons raccourcies qui témoignent d’une envie de se lancer en avant. A lui seul, l’indépassable « Lose my dreams (in a deep blue sky ») et son refrain inoubliable, résume la conquête folle d’une jeunesse insouciante, éprise de romantisme et d’illusion.
Alors bien-sûr tout n’est pas encore parfait, quelques réglages sont de mises au cours de ce premier album, trop court assurément, et les mélodies semblent pour le moment jetées en pâture aux grosses guitares qui déboulent. La tendance compulsive de mettre le volume à fond est le signe d’une jeunesse pas encore maîtresse d’elle-même. Ceci dit, chez Low Dream, on note une grande pudeur et beaucoup de douceur. Une ambivalence incroyable se créé lorsque les voix douces et presque inaudibles se doivent affronter des distorsions folles et un brouillage de tous les instants (« Candy » ou « Chasing a butterfly », superbe).
Certains titres illustrent ainsi parfaitement ce contraste typique du shoegazing, dans lequel s’inscrit en plein Low Dream à ses débuts, entre une urgence folle d’attraper le monde avec ses mains, et une retenue pudique d’angelots. « My garden » semble tout droit sortir d’un rêve, et le texte presque parlé vient renforcer cette poésie magnifique. Quant à « Only I finest breeze », le brouillage de saturation reste malgré tout extrêmement doux, ce qui convient parfaitement à un chant lascif et reposé, dont les fins de phrase s’envolent dans une montée liquéfié, presque absente.

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