12 avril 2011

Butterfly Child : Tooth Fairy EP


Tooth Fairy EP de Butterfly Child

Sortie : 1991
Produit par Rudy Tambala
Label : H.ark !


A ses tout débuts, Joe Cassidy a encore du mal à se défaire des saturations dont il est influencé. « Softest thing since skin » présente des petits arpèges délicieux à deux guitares adorables, frappés de temps à un autre par un coup sec à la caisse. Le chant est doux, léger, assez affrété et malmené par une certaine émotion qu’on sent à fleur de peau, notamment lorsque la voix se double. Puis les saturations et grésillements emportent le tout. Le refrain est éclatant avant que Joe Cassidy ne se pavane à nouveau. Ce superbe titre, le plus éclatant et évident, se termine écrabouillé par des saturations.
Mais on sent tout de même que ce n’est qu’une rampe de lancement pour ses sorties futures dans le monde du psychédélisme. D’ailleurs lorsqu’on change la face du vinyle, on accède à des chansons plus rêveuses encore. Les choses deviennent au fur et à mesure moins évidente. Là où Joe Cassidy nous laisse avec un « Words that end in G », bousculé mais encore prégnant, on tombe sur la finesse même.
« Jacqueline Frost » se manifeste par des guitares magiques, perdues dans une contrée lointaine, flottant autour de nous comme des petites fées. Le chant est perdu lui aussi, ayant du mal à garder un cap en terme de mélodie, et préférant scander des souffles légers de frétillement émotionnel ou autres gargarises béates.
Légèrement planantes avec ces saturations et ces bidouillages répétitifs, les chansons de cet envoûtant single OVNI, ne manquent pas d'attirer la curiosité en même temps qu'un sentiment de plénitude. Un ensemble extatique se dessine peu à peu, glissant d'un monde organique à un monde-machine, sans tracer une frontière nette. A force les repères s’estompent comme « Hollycopteur » qui s’efface sous des distorsions spatiales, se laisse gagner par la torpeur, transforme le chant famélique et doucereux de Joe Cassidy en rares échos fantomatiques. Seule, la basse (extraordinaire ici) se maintient vaille que vaille comme un phare dans la brume. Cette musique respire l’étrange. Il est bon de s'y laisser aller et de s'y oublier autant de fois que la morosité du monde quotidien l'exigera.

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