28 août 2010

Clouds : Thunderhead


Thunderhead de Clouds

Sortie : 1993
Produit par Paul McKercher
Label : Rhino / Elektra


Il se dégage beaucoup de force et d’énergie de cet album. Les caisses sont frappés durement, les guitares sont puissantes, les refrains lumineux et plein de vie. C’est frais, vivifiant, chaleureux et coloré : cela rappelle les albums de Brit-Pop de Echobelly ou Catatonia.
« Red Serenade » ou encore « Baby » sont joués à cent à l’heure. C’est un vrai tourbillon.
Certes le ton reste souvent léger mais cela est communicatif. Sur cet album, les guitares occupent le devant de la scène, pour signer des chansons aux mélodies évidentes, portées par les voix des deux australiennes : Jodi Phillis et Patricia Young.
Tout est ficelé et suffisamment bien écrit, pour que dans une veine classique on ne s’ennuie pas une seule seconde. Avec le jubilatoire « Kathy », le riff gratté et râpant est absolument génial, avant que la basse n’occupe tout le devant de la scène, pour servir d’écrin aux chants angéliques et pourtant pernicieux des deux filles, parfois perturbés par des saccades de guitares agitées. Sur « Universal », une fois encore c’est la basse très en avant qui confère le petit plus au morceau. Plus lounge, plus bossa-nova, « Expecting » évoque les ambiances de plage et le surf en Australie. Quant au très bon « Motherson » ou « Bower Bliss » et ses distorsions dérangées, ils participent à faire de « Thunderhead » un album de bonne facture.
Mais c’est avec des morceaux plus lents et plus rêveurs que Clouds esbaudit particulièrement, atteignant presque la perfection. Le rythme n’hésite pas à suspendre le temps, pour sublimer les interventions des guitares et rendrent les voix encore plus divines, plus gracieuses. Leur souffle fait frissonner, intensifiant chaque crescendo, conférant une puissance évocatrice incroyable aux déclamations. « Close my eyes » impressionne ainsi beaucoup plus que sa simplicité apparente ne le suggère, se transformant en beauté shoegaze inouïe, qui monte en intensité jusqu’à un climax magnifique. La dérive peut conduire à des chansons si merveilleuses qu’elles en deviennent irréelles, comme sur l’extraordinaire « Ghost of love returned », incontestablement la perle de cet opus, démonstration sidérante de langueur shoegaze, aux guitares lunaires et aux voix douces et féeriques, avant les saturations. Tout simplement bluffant.
Ces titres charment d’entrée de jeu, sans une once de complexité et en misant sur des refrains impeccables. Les guitares se mélangent pour composer des ambiances délicieusement dynamiques, dans lesquelles éclairent superbement les voix douces et fruitées de Jodi Phillis et Patricia Young.
Elles osent toute les extravagantes possibles, signant des harmonies vocales emballantes, parfois vindicatives (« The Rocket », tout en force), voire mirifiques (« Alchemy’s Dead »), quitte à jouer avec, en mixant les enregistrements au ralenti et très bas, ce qui donne l’illusion d’entendre une voix masculine sur la parodique « Domino ».
Beaucoup plus de maîtrise sur « Thunderhead », beaucoup plus de funs et d’amusement également, en tout cas un vrai plaisir.

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