17 mars 2010

Penelope Trip : Politomania



Politomania de Penelope Trip

Sortie : 1992
Produit par Pedro Vigil
Label : Munster Records

Bon, soyons clair une fois pour toute : le shoegaze, c’est avant tout une affaire de gamins attardés. Après tout qui oserait ainsi tout brancher sur son saturé au mépris du bon sens ? Faire péter les amplis alors qu’on fait de la pop, il n’y a vraiment que les cramés du cerveau pour faire ça, et probablement que les espagnols le sont au moins un peu.
Penelope Trip, en flirtant aussi bien avec My Bloody Valentine (« Sugar Colt », un poil furieux dira-t-on), The Primitives (pour ce tempo rapide sur « Overdriver ») qu’avec les Pixies (la basse de « Helly » et la voix trafiquée, le couplet saturé et le refrain tout en « ouhouhouh » savoureux), fait preuve sur ce premier album d’une régression quasiment totale, et habille alors toutes ses chansons d’une tenue rapiécée de saturations grésillantes et de distorsions incorrigibles. Comme toute musique qu’on laisserait faire par des adultes en mal de foutoir et de bordel, ça frise parfois la bizarrerie (les instrumentaux abscons que sont « Demo » et « Inside the taxi »), comme parfois le surprenant (« Tigremoon », entre pop et indus).
Cela reste malgré tout passionnant, car en cherchant bien, en faisant abstraction des diverses sautes d’humeur, des saccages en règle alors qu’on semblait tenir là une chanson potable, et autres incongruités capricieuses, on décèle des moments de génie. Je dis bien moments de génie et pas autre chose. Le contraire serait renier le caractère absolument inouï de titres comme « Psycho » ou « Ingrid Superstar » (entre la voix douce, négligée, et les guitares saturées façon eighties, tout y est), dont la saveur irradie et communie une bonne humeur irrésistible.

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