5 février 2010

Sweet Jesus : Phonefreak Honey EP



Phonefreak Honey de Sweet Jesus

Sortie : 1992
Produit par Ray Schulman et Dave Morris
Label : Rough Trade

Ce premier EP vaut essentiellement pour son single, le turbulent et merveilleux « Phonefreak Honey », qui fut nommé «single of the week » par le Melody Maker en 1992.
Au milieu de ces déluges de guitare et ce tempo frénétique se distingue nettement un chant qui sort du lot, celui de l’inénarrable Ben Bentley, insolent et narquois. Avec un affront des plus jouissif, celui-ci jouera à fond de sa voix fluette pour en faire une voix quasi-féminine. On a souvent parlé d’un croisement entre l’esprit glam (le chanteur étant fan de Marc Bolan) et de My Bloody Valentine, et à l’écoute de ce premier tube, on comprend pourquoi.
Ajoutant au glamour, Ben Bentley se fera doucereux, langoureux, jusqu’à souffler des « dadada » absolument divin de provocation. La basse est ici très présente, c’est elle qui donne le tempo enlevé de la chanson, même si ce sont surtout les brouillages magiques de guitares qui prennent le devant de la scène. Sous ce rythme entraînant et cette allure de nonchalance tape-à-l’œil, on se laisse vite gagner par le décalage de cette formation anglaise.
La face-b « Peach », excellente aussi, vaut le détour. Quelque part entre les déluges shoegaze, le chant vole haut dans les aigus et la douceur, avant de se faire totalement effacé par des guitares folles et assommantes. Proche de l’évasion, les chansons de Sweet Jesus revêtent des apparats sexy comme jamais il n’y en a eu dans le mouvement. Rempli d’allusions à la drogue ou au sexe, les titres du groupe brillent par leur morgue et leur sens du décalage.
Le tempo n’arrête pas, le mur du son non plus, s’additionnant de plus belle, comme sur le très fugace « Baby Blue », empilement de guitares, de la plus lourde à la plus crispante, pour une envolée pop tonitruante. Dommage que tout cela soit bien trop court…

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