5 février 2010

Fiche artiste de Sweet Jesus


Sweet Jesus

A l'heure où les groupes sortent un album tous les trois ans, Sweet Jesus préférait sortir de trois singles en un an seulement, devenant sur la foi de quelques chansons seulement, "one to watch" par l'ensemble de la presse anglaise.
Le groupe donnera lui-même la définition de leur propre style : "Nous sommes plus Madonna que Mega City Four. Nous sommes l'arrogance même et le glamour. Nous aimons Phil Spector pour son mur du son et les Ronnettes pour leur eyeliner". Accompagnant de ce fait la nouvelle vague glam en Angleterre, de par leur look bisaroïde, mélange de goth et de strass à la Marc Bolan, le groupe de Birmingham ne connu malheureusement pas la même carrière que Suede, la fin du label Rough Trade mettant un terme au groupe.
Leurs singles furent pourtant remarqués par pas mal de magasines, notamment le NME ou Volume, et par les célèbres animateurs de la BBC Radio 5, Mark and Lard, qui passaient leurs chansons en boucle dans leur émission "Hit the North Show".
Car Sweet Jesus c'est aussi et surtout Ben Bentley, le chanteur à la voix de fille, à la personnalité attachante et au sens de la provocation inimitable. Ce côté tape-à-l'oeil, kitch et exagéré, est le propre du groupe, noyant son discours subversif dans un mix tourbillonnant à la sauce My Bloody Valentine en boite de nuit. Pour faire simple, le groupe ne parle quasiment que de sexe. Ben Bentley le reconnait lui-même : "Je pense que si on ne pouvait plus faire l'amour, il vaudrait mieux être mort de toutes façons. Et je pense que plus on fait l'amour, plus ça devient interessant. Il faudrait que le gouvernement organise des stages de pratique avec des godes ou des machines".
Au delà de l'attitude volontier choquante, Ben Bentley se situant au top de l'arrogance, le groupe en profite surtout pour distiller un certain mal-être. Car mine de rien, les sujets abordés abordent quelques tabous. "Nous voulons cultiver notre côté mystérieux, pas le diminuer". Car en réalité, Ben Bentley se remet à peine d'une période trouble lorsqu'il était à l'Université d'Architecture, remplie de drogues, de fêtes et de pas mal de mauvais trips. "J'ai probablement été un peu traumatisé mais je m'en suis remis. Je veux tirer un trait sur tout ce bordel. Sans pour autant transformer cela en truc larmoyant. Je ne vends pas de la tristesse. Je cherche juste à dépasser ça.". Une rédemption qui passe par la pop.
Le fait que Sweet Jesus n'ait jamais pu continuer au delà de son époustouflante série de singles demeure une injustice. Ceci dit, Ben Bentley rebondira avec son groupe Venus, sans connaître pourtant le succès, lui qui avait pourtant tout pour une îcone du rock.

1 commentaire:

black-monday a dit…

Merci pour ces articles sur Sweet Jesus, j'ignorais totalement ce groupe. Leur musique est vraiment cool ; c'est très frais (si je puis dire). Merci encore pour cette découverte.