14 décembre 2009

Deardarkhead : Melt away too soon EP



Melt away too soon EP de Deardarkhead

Sortie : 1992
Produit par Deardarkhead
Label : Fertile Crescent

En poussant la sophistication jusqu’au bout, avec une rythmique carrée, une ambiance de chambre froide, évoquant la cold-wave de Cure ou de Cocteau Twins, des guitares lunaires, répétitives et gorgées d’échos, des voix en retrait émotionnellement mais éminemment soignées et suaves, des nuages saturées qui font pourtant un effet très propres sur eux, Deardarkhead arrive à supprimer toute tension liée au rock.
Malgré les distorsions incessantes du superbe « Surf’s up » ou les éclats de guitares et de cymbales (« Oceanside ») survenant après une langueur entre jazz et cold-wave, on arrive au contraire à un hébétement dérangeant, car sans rancœur, ni frustration, sorte de flottaison émotionnelle au sein d’une chimère esthétique, à la fois riche, luxueuse mais aseptisée de désirs vils et bas, typiquement humain en somme. Ici, c’est le royaume des rêves, des suppressions, pour un couronnement de la poésie romantique.
Cela n’empêche pas le ton de demeurer extrêmement vif, brouillé et chargé, de manière à insister sur la charge de beauté que ces premiers titres comportent. Derrière les couches de saturations de « Enough » se cache une immense beauté, un solo magique et sirupeux, une batterie répétitive mais souple et un chant tout à la fois affligé et léger.
Mis à mal par le chamboulement du monde, les membres de Deardarkhead transposent le tout pour un chamboulement du merveilleux, au sein duquel l’être n’a plus de prise, car il s’efface, se met en retrait et se plie aux lois de la beauté romantique, éminemment supérieure.

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