15 août 2009

The Lassie Foundation : California


California de The Lassie Foundation

Sortie : 1996
Produit par Cush
Label : Velvet Blue Music


Tout premier EP du groupe californien, « California » reprend les bases du shoegazing là où on l’avait laissé à l’époque, à savoir un jeu bruyant et brouillon, mais qui se met au service d’une très grande douceur. Ce style se mettra alors au service des prétentions du groupe, pour en faire une des références méconnues du rock chrétien américain.
Mention spéciale pour le tube (mais qui ne l’a jamais été, hélas) « I can be her man », d’un charme hors du commun, piquant et quelque peu subversif, de part ses guitares rutilantes et ses vocalises éthérées (dont la délicate Julie Martin).
Il y a quelque chose de céleste chez The Lassie Foundation, un climat ravageur mais infiniment romantique, à l’instar du superbe et indépassable « I’m stealing to be your one in a million », dont les distorsions dérapent dans le céleste, tandis que les voix reprennent un refrain à tomber.
« Laid with cool » est sans conteste le titre le plus époustouflant : le son est tourbillonnant, quelque peu naïf dans la recherche de la mélodie qui tue, rappelant quelque peu les harmonies chères aux groupes des sixties, les Beach Boys en tête, les guitares sont furibondes, et pourtant on reste happé complètement par ce chant pas comme les autres, étrangement aigu pour un chant masculin.
Les chansons sont taillées pour être de vraies perles pop mais cette émasculation vocale retire toute prétention. Le titre final « Save yourself and watch you win », balançant entre langueur et assaut saturé, ne possède en aucun cas la lourdeur qu’on rattache habituellement aux groupes californiens, avec leur souci de plaire au plus grand nombre, et surtout aux auditeurs des radios FM. The Lassie Foundation est bien peu prétentieux pour ça, et préfère se lover dans un style bien à eux, entre bruit et sucrosité. A la limite, on retrouve ici un climat plus sensible, voire torturé, comme sur « Walking spinning backing free », qui se traîne en longueur, avec ses distorsions assourdissantes, son clavier tout mignon tout plein et son chant haut perché.
Leur sens de l’écriture imparable ainsi que leurs guitares vives et tourbillonnantes auraient du faire d’eux les rois du power-pop. Seulement c’était sans compter la voix de Wayne Everett, une voix de fausset absolument doucereuse et chaleureuse, qui fait frémir de plaisir.

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