24 octobre 2008

Seely : Seconds


Seconds de Seely

Sortie : 1997
Produit par Scott Herren et Steve Askew
Label : Too Pure

Récupérant un domaine abandonné par Stereolab, le groupe américain va aussitôt livrer une musique planante et assez hype, en usant de techniques synthétiques à la mode.
Mais au lieu de se contenter d’inclure des bidouillages électroniques, histoire d’être branché, Seely continuera à souffler un climat chaut, doux et lisse, en incluant des sonorités chatouillantes ou recouvrantes.
Arrondissant ou polissant les saccades des guitares électriques, les claviers ou samples, discrets et cohérents avec les chansons, viendront se fondre avec les compositions. Qu’elles soient électriques (« Soft City ») ou plus lentes (« The Sandpiper »), elles distillent toujours de quoi poser délicatement un univers contemporains mais qui reste poétique. Des tapis de voix légères ou de riffs doucement déclamés sur une rythmique toujours lente et vaporeuse, se déploient pour un accueil chaleureux mais bizarre. A l’instar de l’instrumental « The Hourglass » (et ses plaintes tristes à la guitare), les chansons de Seely choisissent des moyens synthétiques, tout en restant flottant, difficilement tangibles. Cotonneux comme aiguisé, cet album utilise des procédés habituellement déstabilisant (clavier cheap, nappes de saturations) pour les détourner et réciter des propos lénifiants, proche de l’évanescence jazzy ou lounge.
Les voix masculines et féminines, d’une divine douceur, dialoguent, parfois à l’unisson, parfois en décalage, sans perdre de leur intrigante complicité. Il n’y a pas de brutalité chez Seely. Cependant les textures sonores forment une palette difficilement identifiable : le groupe se revendique autant de la finesse avant-gardiste que de l’extase dream-pop.
Le groove ralentit qui en résulte est un écrin à multiples couches, où aucun instrument ne cherche à prendre le dessus, mais où chacun apporte sa petite touche de glamour, de lenteur ou de légèreté (« Syballine », le clavier de « Like White »).
Seely n’est absolument pas un groupe expérimental, ce qui ne l’empêche pas de visiter des zones de la pop peu habituelle, territoire où celle-ci se fait plus ondulante, se dérobant plus facilement.

1 commentaire:

lyle a dit…

Un très bel album !