7 septembre 2008

Fiche artiste de Seefeel


Seefeel

Avec des années d’avance sur ses contemporains, Seefeel allait lancer la vague ambient.
L’utilisation de samples au service de structures vaporeuses, répétitives et effilées allait révolutionner l’approche de la musique. Leur premier album « Quique », chef-d’œuvre d’éther délicat et d’instrumentaux rêveurs mais quasiment artificiels, allait devenir une référence pour nombres de groupes à venir.
Bien que présenté proche du shoegaze pour son caractère duveteux et ses voix douces, le groupe est finalement plus le père de l’electro atmosphérique que le rejeton de My Bloody Valentine. A une époque où ce terme n’existait même pas, Seefeel allait, dès ses premiers singles, réinventer l’usage de la guitare, pour répéter les mêmes motifs féeriques qui ensuite vont se superposer en couches multiples.
Après s’être très vite ennuyés à reprendre des chansons pop classiques, le groupe, qui s’est formé naturellement autour du guitariste Mark Clifford et du batteur Justin Fletcher (tous deux de l’Université de Londres) en 1992, avec l’ajout du bassiste Darren Seymour et de la chanteuse Sarah Peacock, décide de concevoir les choses autrement. Comme l’explique Sarah : « la plupart des gens qui font du rock se contente de passer leur journée dans leur chambre à refaire les riffs de Led Zepellin. Alors, certes ça sonne légèrement différemment mais au final ils essaient juste d’être des guitaristes. Nous ne sommes pas comme ça. ». Leur EP « More Like Space », sorti sur le label Too Pure, flottant, envoûtant et saturé, sera le résultat de cet esprit expérimental. Les chansons seront construites autour de séquences de guitares pré-enregistrées, sur lesquelles viendront s’ajouter des rythmes syncopés de basse, divers sons passés au travers de filtres et autres samples. Le groupe considéreront les guitares comme des claviers, usant jusqu’au bout des effets de reverb et en créant des boucles.
D’autres singles sortiront sur Too Pure, comme « Pure. Impure » ou « Time to find me », qui progressivement, amèneront le son de Seefeel vers l’abstraction de « Quique », conciliation esthète entre la légèreté et la méticulosité.
Inaugurant les voix de l’electronica, les travaux de Seefeel se rapprocheront de ceux d’artistes comme Aphex Twins ou Autechre, et c’est fort logiquement que le groupe signe sur le label Warp, pionnier dans la matière. Au sein de cette structure, sortira en 1995, leur deuxième album « Succour », qui les verra s’immiscer complètement dans l’univers de la techno ambient. Plus sombre et plus minimaliste, l’album sonnera en fait plus comme l’œuvre solo de Mark Clifford, que comme une réelle concertation, ce qui ne provoquera une première séparation l’année suivante.
Même si le groupe revient fin 1996 avec un nouvel album, « Ch-Vox », ainsi qu’un concert avec Boards of Canada, la préoccupation constante de Mark Clifford pour ses projets personnels mettra définitivement un terme à l’existence de ce groupe culte et fondateur.

Aucun commentaire: