7 septembre 2008

Rollerskate Skinny : Shoulder Voices


Shoulder Voices de Rollerskate Skinny

Sortie : 1993
Produit par Guy Fixen
Label : Placebo / Beggars Banquet

Dès le début, on pouvait deviner que les membres de Rollerskate Skinny n’étaient pas totalement raisonnables. Ce premier album, tout en guitares, recèle quelques signes cliniques qui ne trompent pas. Le diagnostique revient souvent vers des cas de folie légère, de fantaisie assumée et d’esprit de contradiction.
D’un nuage de sons brouillés et tempétueux, il en ressort beaucoup de trésors décalés, à l’instar de « Miss Leader », du riff énergique de « Violence to violence » qui éclate juste après un intro tranquille avec trompettes, avant de s’effacer devant un toute petite guitare adorable, ou bien de « So far up down to heaven » (et ses violons). Le délire est là, éclatant, sur un morceau étrange et fascinant, comme « Usana », avec ses djembés, sa transe d’aliénés et surtout ses étonnants chœurs « Hé ah oooa aah aah hé hé ! », sortes d’incantations bizarres. La musique de Rollerskate est complètement hallucinée mais scandée avec une hilarité surprenante.
Elle est surtout prétexte à jouer sur les saturations et à dessiner des mélodies aussi grosses qu’eux, gorgées de psychédélisme à la Yellow Submarine.
Leur son brouillé s'échappe toujours vers un côté éclectique assez tordu et assez réjouissant, là où les trouvailles musicales se libèrent de la futilité. Une œuvre brillamment montée et sympathique se déploie de manière fulgurante, avec ses bizarreries et ses moments de grandes finesses. Passant d’une ballade étrange (« Luna ») à un emportement hyperactif (le superbe « Bow Hitch-Hiker »), Rollerskate Skinny mêle démence et grandiloquence.
Les constructions tarabiscotées et noisy, pour peu qu'on veuille bien se prendre au jeu, révèlent alors bien des tours de passe-passe. Mais aussi un talent particulier pour les mélodies et les refrains accrocheurs, dont le quator semble être passé maître.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

album essentiel assez peu connu en fin de compte
les maxis de ce LP regorgent de perles !!!!!! notamment le magnifique : Threshold Accept Morality