20 juillet 2007

The Telescopes : S/T


The Telescopes

Sortie : 1992
Produit par Guy Fixen
Label : Creation Records / Tristar


Ça y est, Stephen Lawrie est définitivement parti.
Ailleurs.
Sans doute loin de tout.
Complètement shooté, l'homme à la base des Telescopes s'évade au-delà de tout horizon. Ses chansons ne ressemblent plus à rien, non pas suite à une déstructuration, mais par l'absence même de structure, d'ossature pour être précis. Ces sortes de plages sonores sont comme molles, étirables, vaporeuses. Bien souvent les saturations sont bannies, remplacées par des larsens lointains, tandis que un piano, une cithare ou une guitare sèche viennent s'immiscer dans les mélodies, tout juste appuyées de ci, de là par une batterie lointaine ou des touches de tambourins hérités du psychédélisme sixties. Et encore, les mélodies prennent leur temps, sans se presser, et finissent par s'étendre sur la longueur, dans une paresse infinie.
Stephen Lawrie, à l'origine de toute cette atmosphère, ne chante quasiment plus, préférant murmurer ou souffler de sa douce voix. Ces râles tendres et légers traversent ces nuages mélancoliques, aidés en cela de temps en temps par le chant aérien de Joanna Doran.
Préférant côtoyer le sublime et le méditatif, les Telescopes font découvrir une autre facette de leur personnalité, plus intimiste et plus porté sur l'évasion atmosphérique.
La douce musique qui se dégage de cet album joue de l'étirement, de l'apaisement, usant beaucoup du laconisme et de la sobriété. Jamais le son n'a été rendu aussi beau que lorsque il est appuyé par ses silences et ses dépouillements. Les éléments se déforment jusqu'à composer une sorte de jam session expérimentale, acide et raffinée.
L'accès n'est absolument pas fermé. The Telescopes est sans doute très déroutant, long en bouche, mais c'est l'œuvre la plus méditative de Stephen Lawrie. Malheureusement les fans de la première heure furent désappointés et eurent beaucoup de mal à suivre. Perdu dans ses délires, on a ensuite des difficultés à voir où Stephen Lawrie veut en venir. Sans doute était-il trop pris dans ses trips cosmiques pour se rendre compte que sa musique se laissait aller. Pas surprenant de ce fait que beaucoup aient donné comme titre à cet album "Higher N' Higher". Pourtant The Telescopes s'apaise enfin sur cet album au charme insidieux et au groove lancinant. La nonchalance, l'austérité et la délicatesse qui s'en dégage emmène le shoegazing anglais vers un style tout en repos, en détente et tranquillité...

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