20 juillet 2007

Lush : Spooky


Spooky de Lush

Indispensable !

Sortie : 1992
Produit par Robin Guthrie
Label : 4AD


Sur Spooky (= "qui donne des frissons"), Miki Berenyi et Emma Anderson se sont muées en divinités enchanteresses déclamant des paroles inaudibles ressemblant plus à des vocalises irréelles et éthérées à l'écoute desquelles on peut traduire ce que l'on veut. La musique de Lush est devenue plus lente, plus rêveuse, plus mirifique aussi et par là même moins accessible.
Un univers soigné, dessiné d'entrée ("Stray") par un son de guitares luxuriant et une batterie ronde et froide, se met en place tandis qu'une voix magnifique, féerique et sublimement lyrique vient psalmodier des mots qu'on ne comprend pas mais qui font fondre en larme, et c'est tout nos sens qui se noient dans cette langueur vaporeuse.
Brumeuse, lente et pleine d'emphase raffinée, la musique de Lush met en scène une sorte d'apologie de la féerie, comme si le groupe montait une tragédie antique. Incroyablement froides, les chansons de Lush se laisse traîner vers la léthargie et la contemplation avec complaisance. Elles sont surtout l'occasion de mettre en avant les textes des filles, véritables anges et sorcières à la fois.
Avec des titres comme "Covert" et "Untogether", une texture sonore fouillée et travaillée par Robin Guthrie, une atmosphère élégiaque de cathédrale et de volupté, on accède à la magie pure, cristalline et inquantifiable. La pop y est préservée dans une bulle excentrique et mythologique. On nage en pleine fantasmagorie. Chacune des chansons est une propulsion vers le céleste que "Monochrome" achève dans une merveille nuageuse.
La lenteur est ici à son comble tout comme le raffinement. Les titres sont remplis de saturations atmosphériques, cotonneuses et vaporeuses et d'instruments dessinés comme des volutes complexes et étranges. Influencé par la dream-pop de This Mortal Coil ou de Cocteau Twins, le quatuor délivre sa vision très personnelle de la beauté. Quelque chose d'infiniment éthéré comme d'infiniment triste aussi.
Sublimée par la voix sylphidienne de Miki Berenyi et Emma Anderson, la musique de Lush est avant tout un hommage, difficilement accessible, mais authentique, à l'esthétisme gothique.
Un des albums phares du mouvement.

4 commentaires:

Pitseleh a dit…

Curieusement je n'ai pas encore écouté Spooky alors que je fonds littérallement à l'écoute de Split et Lovelife. The Childcatcher me fait toujours autant frissonner, et des chansons comme Light From A Dead Star, Ciao ou Starlight ont peu d'équivalents...

lyle a dit…

Un de mes cinq albums préférés !
Une pure merveille.

Seijitsu a dit…

Très bon album, mais je trouve Split encore meilleur car débarrassé du son de Robin Guthrie qui ne leur correspondait pas totalement et surtout, parce qu'on y trouve leurs meilleurs compositions bien sûr. Les interminables (dans le bon sens du terme) Desire Lines et Never-Never ou encore l'atmosphérique et gothique Undertow.

Mais pourquoi leur chef d’œuvre n'est-il pas chroniqué sur ce fantastique blog ?

Victor Provis a dit…

C'est une très bonne remarque ! Déjà, à force d'écoute, je me demande si je ne préfère pas les débuts, époque "Gala".
C'est vrai qu'il manque l'album "Split".
Aussi vais-je y songer et réparer cet oubli "impardonable".
Cordialement.