12 juillet 2007

Swervedriver : Raise


Raise de Swervedriver

Indispensable !

Sortie : 1991
Produit par Alan Moulder
Label : Creation


Pas de temps mort, rien. Du fuzz tout le temps, puis des riffs surpuissants, jamais joués deux fois de suite, et de temps en temps une voix, complètement shootée. Ensuite on part direction l'espace.
Il faut avoir le cœur solide pour s'accrocher à un tempo pareil, sans pause, ni ralentissement. La surcharge en mélodies de guitares, groove de la basse, effets de saturations, est propre à faire chavirer. Impossible de tout retenir en une fois. D'ailleurs on cède vite les commandes. Vaut mieux ne pas chercher à comprendre. Le rock shoegaze de Swervedriver, ça se vit, ça se ressent. Complètement allumés, ces quatre zigotos, adeptes d'un psychédélisme surpuissant, jouent comme s'ils allaient mourir demain.
Contrairement à la plupart des groupes de shoegaze ayant une approche plus évasive, le groupe se détache en donnant à son rock psychédélique une force obsédante grâce notamment à un rythme effréné. Les compositions rapides et teigneuses d'un côté et plus posées de l'autre s'enchaînent, tout en formant un ensemble homogène, et ce malgré le son particulièrement crade, mais qui n'est pas sans ajouter un charme indéniable à l'ensemble. On a l'impression d'être écroulé sous une vague de batterie en furie, de riffs mortels et de guitares de plomb, qui ne s'arrêtent jamais.
Swervedriver n'a pas son pareil pour assener des titres rallongés, jamais basiques, qui installent une transe hypnotique tout en imposant un mur du son énorme. La bande de mauvais coucheurs rassemblés autour du chanteur Adam Franklin, superpose les riffs, les mélodies noyés dans un amoncellement d'effets de pédales, de saturations et de fuzz, le tout sous une rythmique qui ne relâche à aucun moment la pression.
Du premier single "Song For A Mustang Ford", au génial "Sandblasted" en passant par "Deep Seat", absolument envoûtant, cette avalanche d'hymnes tubuesques laisse K.O. En cette année, pour l'Angleterre, ce fut le choc. Un tremblement de terre sous forme de chef-d'oeuvre.
Swervedriver imbrique des mélodies imparables souvent décuplées au maximum, à une dynamique speedée, le tout noyé sous des couches électriques, hypnotiques, aliénantes mais surtout galvanisantes. Le chant léger et aérien sur "Sunset" est détonnant par rapport à l'allure à laquelle les choses sont jouées. L'effet captivant de "Lead Me Where You Dare" est magistral. Rien n'est à jeter sur ce sommet de saturations et de puissance, un poème d'amour pour les guitares. Car là où bon nombre de groupes s'appuient sur un riff, le quatuor anglais, vilain petit canard du mouvement shoegaze, en poursuit mille sur ce premier album flamboyant.
Avec ses accords intouchables, sa faculté à transformer sa pop planante en titres roboratifs et frénétiques et sa qualité d'écriture stupéfiante, Swervedriver symbolise toute la fougue et l'incandescence dont un jeune groupe insouciant est capable.
Violent, complètement barré mais aussi trippant, cet essai est une bombe sonique qu'on n'a pas vu arriver et dont les dommages se ressentent encore chez tous ceux qui l'ont écouté.

1 commentaire:

Anonyme a dit…

Etant complétement " addict" au shoegaze/indie/twee ca me fait un bien fou de me retrouver là, je m'en vais lire la suite...
Thanks !
Avalyn