10 juin 2007

Fiche artiste de Medicine


Medicine

Pour une fois un des meilleurs groupes de noisy-pop n’est pas anglais mais américain.
Projet d’un seul homme, le chanteur/guitariste/compositeur/producteur Brad Laner, Medicine fut l’occasion d’enfanter une musique hybride entre expérimentation pop et bidouillage de studio. Ce groupe de Californie qui devint vite culte (avec notamment une apparition dans le film The Crow) permit à ce génie de studio de réaliser ses désirs de musique, toujours plus tempétueuses, toujours plus recherché, équilibre entre tendance douce et avant-gardisme sonore.
Ce goût pour ces travaux de psychopathes sur le son, Brad Laner l’a toujours eu depuis l’enfance, collectionnant au lycée des concerts pirates de Can, Beach Boys ou Stockhausen comme on collectionne les cartes de base-ball. Medicine ne fut que la résultante de ces nombreux projets et expérimentations faites maison.
Au sein de l’art-rock californien de la fin des années 80, Brad Laner était déjà connu (il fut un temps batteur des Savage Republic, dont on connaît le rôle et l’influence sur le post-rock et le shoegaze à venir), et c’est en participant aux projets Debt of Nature et Severed Head in a Bag, inspirés de la noise de John Cage, que Brad Laner fait la connaissance du batteur Jim Godall. Obsédé par My Bloody Valentine, Brad Laner affine le style de Medicine qui commence alors à prendre forme.
C’est l’arrivée de la chanteuse Beth Thompson en 1991 qui achève de poser la dernière pièce à l’édifice. Avec elle, Brad Laner trouve la touche féminine qu’il manquait à sa musique.
Le groupe sort l’année suivante un premier single : Aruca, sur le label Creation Records, celui de My Bloody Valentine également. Puis survient un premier album, paru sur le label de Rick Rubin, American Records, choix étonnant, la structure ayant l’habitude de regrouper des groupes de thrash metal, comme Slayer.
Mais c’est surtout avec « The Buried Life » que Medicine côtoie les charts, l’album sorti en 1993 ayant été très remarqué, tout en conservant un traitement du son toujours aussi ardu.
Plus tard, Medicine se fait plus lisse avec « Her Highness » mais qui sort dans l’indifférence générale, la formation américaine payant le détournement de l’intérêt du public et les nombreux projets parallèles du boulimique Brad Laner, avec Amnesia ou Electric Company. Cette tendance à l’éparpillement sonnera le glas du groupe.
Brad Laner revint pourtant en 2003 avec une nouvelle chanteuse, Sarah Lee (la fille de qui vous savez), et un nouvel album, qui fut malheureusement de piètre qualité et bien éloigné de ce qui faisait le charme de ce groupe particulièrement talentueux.


Discographie :

- Shot Forth Self Living

- The Buried Life

- The Sounds of Medicine EP

-
Her Highness

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