4 mai 2007

The Verve : A storm in heaven



A storm in heaven de The Verve

Sortie : 1993
Produit par John Leckie
Label : Hut

Des titres à rallonge, une voix éperdue et éthérée, une ambiance planante, un ton qui rappelle que le groupe à l'époque ne se fixait aucune limite, surtout pas au niveau des drogues, des guitares crissantes et voyageuses, une utilisation réfléchie des cuivres et violons : une recette incongrue mais miraculeuse.
A l'origine du rock psychédélique il y a les drogues, source d'inspiration pour des effets planants et abrasifs, et en ce qui concerne la bande à Richard Ashcroft, autant dire qu'on va retrouver de la fumée directement exhalée sur les bandes d'enregistrements.
Ce premier opus, rempli d'évanescentes chansons, est un fragile ajout équilibriste de feedback rugueux, langoureux, monotone et de vagues de sons ou d'arrangement qui viennent et reviennent pour envahir l'espace sonore et en disparaître, pour revenir encore, de près ou de loin. Les longues chansons sont des plages tranquilles, lentes, hyper cool, où l'on se laisse enivrer par un relâchement, une détente hypnotique, presque cosmique. A force d'écoute (on n'écoute pas une telle musique n'importe quand et n'importe comment), on se laisse gagner par un charme indéniable et on finit par planer très haut.
Seulement, comment Richard Ashcroft et ses acolytes pouvaient-ils espérer connaître le succés avec un premier opus aussi peu conventionnel et psychédélique ?
Il aura fallu attendre le son poli et élégiaque de Urban Hymms pour que The Verve connaisse enfin le succés, à la hauteur de son talent.
Mais avec le recul, A Storm In Heaven se révèle sans doute bien plus magique et envoûtant.

1 commentaire:

Francky 01 a dit…

Et dire que je suis passé des dizaines de fois devant cet album à la médiathèque de ma ville mais je n'ai jamais eu l'idée de l'emprunter !

De The Verve, j'avais l'image du groupe pop légèrement symphonique mais gentillet de la période britpop (blur/Oasis, on connait la chanson), avec cet hymne pompier sur-entendu.
Jamais ô grand jamais je ne me serais douté qu'ils avaient eu un passé shoegaze, qu'il y avait une première période, d'après ce que tu décris, beaucoup plus obscure, innovante et torturée. Comme quoi ! Pourtant, le cover de l'album m'avait intriguée, moi qui suis amateur de pochette de disques.

Demain, je sais quel cd je ne vais ne pas louper !!!

A + + +