11 mai 2007

Pale Saints : Slow Buildings


Slow Buildings de Pale Saints

Sortie : 1994
Produit par Hugh Jones
Label : 4AD

Coup dur pour Pale Saints : Ian Masters parti vers d'autres horizons, on se demandait ce qu'allait devenir une des figures de proue du label 4AD.

Malgré tout, ce troisième et dernier opus est de très haute facture. Le ton se fait encore plus étrange et plus expérimental, comme au niveau des arrangements (percussions, trompettes... ) sur "King Fade". Bien-sûr, l'absence de ce compositeur/parolier de génie se fait ressentir mais cela n'empêche pas Slow Buildings d'être intéressant et de rester dans le ton d'un shoegazing très accessible. Des titres comme "Angel" ou "Under your noise" sont de purs délices simples et efficaces.

Toujours finnement racé et vaporeux, le chant de Meriel Barham brille froidement tout du long. Le son est plus lourd et plus électrique ("Song of Salomon"), sans pour autant enlever toute majesté aux compositions. Les mélodies prennent l'habitude de se dissoudre dans un brouhara sonore littéralement envoûtant. Quelques chansons plus acoustiques ("One Blue Hill", absolument magnifique et poignant d'authenticité délicate ou "Gesture of a fear"), rares dans le genre, ajoutent une touche de douceur, presque féminine. Bien souvent les chansons posent un décors aérien avant de se perdre dans un prolongement évasif, qui se réitère et se multiplie à l'infini. Certaines dépassent largement les sept minutes. A l'instar de l'envoutant "Suggestion".

Cette démarche paresseuse et contemplative pourrait même s'accomoder de la tristesse qui en est le moteur. Les guitares sont écrasantes et le tempo plutôt lent, voire recouvrant. Et le caractère délié de "Henri" (et ses hoquets aussi bien exotiques que ténébreux) prend alors un tour fascinant sur plus de dix minutes de rêverie inquiétante. Par la suite c'est tout l'album qui se pare alors d'un aspect plus sombre et plus reposé.

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